C’est depuis Chamonix, où elle se trouve en compagnie de son ami, que Sarah Höfflin a appris la nouvelle vendredi dernier. Pour la deuxième fois après la saison 2016/2017, elle remporte le Globe de cristal de slopestyle après l’annulation des finales de Coupe du monde à Silvaplana, coronavirus oblige. A 29 ans, et alors qu’elle a intégré les structures de Swiss Ski il y a seulement 5 ans, la Genevoise ajoute une nouvelle ligne à un palmarès déjà monstrueux. Le tout au terme d’un hiver pourtant fait de hauts et de bas.

“Déjà, ça fait super plaisir de gagner ce Globe, avoue-t-elle, tout en regrettant de ne pas l’avoir fait sur la neige. Il se passe actuellement des choses plus importantes et on doit faire avec. Avec le coronavirus, ce n’est pas pareil…Ce qui est sûr, c’est que dans ces circonstances, c’est difficile de célébrer. Mais je reste satisfaite car je le voulais vraiment ce Globe.” Avant cette inéluctable décision, Sarah Höfflin avait prévu d’aller défendre sa place de leader de la Coupe du monde lors des finales de Silvaplana. Alors qu’elle s’est fracturé un bras à l’entraînement du Dew Tour à Copper Mountain début février, elle espérait être remise à temps pour les compétitions qui devaient avoir lieu ce week-end.

Pas revivre la mauvaise expérience de 2019

“C’était prévu que j’essaie en effet, assure la championne olympique. Cette année, je savais exactement ce que je devais faire pour m’imposer.” Pas question en effet pour elle de revivre le cauchemar de l’hiver dernier, lorsque le Globe lui avait échappé pour un petit point. Et ce n’est donc pas une fracture à un bras qui l’aurait freiné. “Je suis en forme, confirme-t-elle. Je ne ressens presque plus rien. Normalement, il faut compter six semaines pour se remettre et là, j’ai dépassé les cinq, je n’ai plus besoin de plâtre.” Même si ce Globe lui est donc offert sur un plateau, cette annulation reste décevante. “C’est frustrant, d’autant plus qu’on ne peut plus aller skier, rappelle celle qui a encore pu profiter d’une dernière journée à Leysin avant le confinement. Mais ce n’est pas la fin du monde. On pratique un sport dans lequel il y a des annulations, ce n’est ni la première, ni la dernière.”

Malgré tout, cette victoire au classement du slopestyle récompense une nouvelle fois sa régularité, au terme de ce qu’elle décrit comme “une saison assez spéciale”. Après un début d’hiver très compliqué, notamment en Big Air (7e à Modène, 9e à Pékin et blessée à Atlanta), Sarah Höfflin a su se relever après les Fêtes. “Mais jusqu’à Noël, je n’en menais pas large, concède-t-elle. A Atlanta, j’ai vraiment cru que je m’étais fait mal et je n’ai pas pu rider pendant un moment. Je n’ai repris qu’en janvier.”

Deux semaines de rêve

Troisième pour son retour à Font Romeu en slopestyle, la rideuse qui a notamment grandi sur La Côte a enchaîné avec une 8e place à Seiser Alm, également en slopestyle, avant de s’envoler pour les Etats-Unis. C’est aux X Games, à Aspen, qu’elle a eu un vrai déclic. En repartant du Colorado avec deux médailles, la Genevoise avait déjà réussi sa saison. Elle en a profité pour enchaîner avec une victoire déterminante à Mammoth Mountain en slopestyle. “J’étais moi-même surprise de mon niveau durant ces deux semaines, rigole-t-elle. Je skiais vraiment bien alors que je ne m’y attendais pas.” Et son forfait lors de l’étape de Calgary à la suite de sa blessure ne lui aura finalement pas coûté cher. “Toutes les skieuses ou presque on manqué une étape de Coupe du monde cet hiver, explique-t-elle. Au final, on est quasiment sur un pied d’égalité.”

Désormais, Sarah Höfflin va prendre son mal en patience pour célébrer cette nouvelle récompense. Surtout qu’elle ne sait pas encore quand lui sera remis ce fameux Globe de cristal…

Laurent Morel

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