Vainqueur de l’Xtreme de Verbier pour la première fois à 26 ans, le Fribourgeois était particulièrement ému. Si le titre mondial lui a finalement échappé de peu, sa joie était tout de même à la hauteur de son exploit. Réaction.
Deux fois deuxième ces deux dernières années, Liam Rivera n’avait qu’une idée en tête samedi: monter sur la plus haute marche du podium au pied du Bec des Rosses. Pour son troisième Xtreme de Verbier, le rider fribourgeois a mis toutes les chances de son côté. Grâce à un run de folie, il a mis tout le monde d’accord et d’ailleurs obtenu un score de 96 points, un exploit encore jamais réussi par un snowboardeur à Verbier.
Médaillé d’or lors des premiers Championnats du monde FIS en Andorre début février, celui qui avait commencé sa carrière sous les couleurs mexicaines est passé tout près de remporter également le classement général du Freeride World Tour. Il n’a finalement été devancé que par le Français Victor De Le Rue, double tenant du titre. Les deux athlètes étaient à égalité de points, mais le quatrième résultat cette saison, pourtant barré au classement, a finalement fait la différence. De quoi laisser encore des objectifs à celui qui a fêté avec ses proches son exploit sur le Bec.
Liam Rivera, gagner l’Xtreme de Vebier, ça fait quoi?
C’est difficile de mettre en mots. En vrai, c’est juste incroyable! J’ai grandi en regardant cette compétition alors… Déjà, être ici et y participer, c’est un plaisir… alors gagner, c’est fou. Je suis surtout content d’avoir plaqué mon run. Le reste, je m’en rendrai compte plus tard.
Le niveau aujourd’hui était particulièrement élevé. Comment vous sentiez-vous en arrivant en bas du Bec des Rosses?
Comme souvent, il y avait beaucoup d’émotions à l’arrivée. Je savais que c’était un bon run. Je ne pensais cependant pas qu’il valait 96 points, mais tant mieux. Apparemment, c’est un record! Je n’étais pas au courant, mais j’en suis évidemment très content. Au final, je retiens cette satisfaction quand ton plan fonctionne exactement comme prévu. Ça, c’est très rare.
Existe-t-il une petite déception de ne pas être champion du monde malgré tout?
Honnêtement, oui, quand même. Il y a une petite déception, surtout parce que ça ne se joue à rien. On était à égalité de points totaux, et c’est le backup score qui a fait la différence. C’est un peu dommage. Mais ça montre aussi qu’on a tous les deux fait une très grosse saison. Donc je reste content, et ça donne un objectif pour la suite.
Cette saison justement, avec le titre mondial FIS, deux victoires dont l’Xtreme, vous en tirez quel bilan?
Clairement, c’est fou. Avoir trois victoires sur une saison, dont les Championnats du monde, c’est dingue. Je n’ai jamais connu autant de succès. Je suis vraiment content de pouvoir montrer le snowboard que je veux faire, et que ça paie.
Ce week-end à Verbier, on a beaucoup parlé de l’intégration du freeride au programme olympique pour 2030. Ça fait rêver? Oui, bien sûr. Ce n’était pas forcément un rêve au départ, parce que ce n’était pas dans nos perspectives. Mais les Jeux olympiques, c’est énorme, avec une audience gigantesque. Pouvoir montrer notre sport à autant de monde, ce serait incroyable.
Vous prévoyez donc de rester encore un petit moment sur le circuit…
En tout cas, je vais essayer! On ne sait jamais avec les imprévus, mais j’aimerais bien continuer jusqu’aux Jeux, c’est clair!
Laurent Morel, Verbier
