La championne olympique de ski-alpinisme Marianne Fatton et les deux skieurs de Coupe du monde Mélanie Meillard et Arnaud Boisset ont mis un point final à la saison 3 de l’Après-Ski, l’émission TV du Nouvelliste et de SkiActu.
L’Après-Ski a bouclé sa saison 3 comme il l’avait commencée. En accueillant des médaillées ou médaillés d’or. Alors que Wendy Holdener et Alexis Pinturault avaient lancé les festivités à Sölden sur un plateau déplacé en Autriche, que Loïc Meillard avait enchaîné au studio d’enregistrement de Sion, la championne olympique de sprint de ski-alpinisme à Milan-Cortina Marianne Fatton a conclu la 23e et dernière émission tournée au restaurant de la luge aux Collons. «Je viens volontiers mais je ne sais pas si je suis le bienvenu dans le fief des Meillard», a plaisanté le skieur martignerain Arnaud Boisset, également invité de cette ultime Après-Ski aux côtés de Mélanie Meillard et de Didier Bonvin, l’ancien entraîneur de Coupe du monde. Les quatre invités sont revenus sur la saison, ont évoqué les JO, sont revenus sur la folle densité de l’équipe masculine suisse de vitesse, avant de parler de retour de blessure, mais aussi de la difficulté d’être performant le jour J, quand ça compte vraiment.
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Marianne Fatton, l’art de se transcender
Dans ce domaine, Marianne Fatton, championne olympique, triple championne d’Europe et double championne du monde, sait de quoi elle parle. C’est d’ailleurs la Neuchâteloise, qui disputera les finales de Coupe du monde cette semaine à Villars, puis la mythique Patrouille des glaciers mi-avril, qui a ouvert la soirée. Un peu plus d’un mois après avoir été sacrée championne olympique en sprint et vice-championne en relais mixte, Marianne Fatton a eu le temps de réaliser. «Gentiment, oui», sourit-elle. «C’était une expérience incroyable à vivre. Je suis fière de ces médailles. Évoluer dans un stade plein, avec le public qui crie, ça donne des frissons», confie-t-elle.
«J’avais vibré devant la télé. Je savais que les Suisses allaient performer. C’est souvent le cas sur les nouvelles disciplines olympiques» , a ajouté Didier Bonvin. Le ski-alpinisme a en effet vécu une grande première. Et pour ce baptême du feu, ce sont le sprint et le relais mixte qui avaient été choisis par le CIO au détriment de la verticale ou de l’individuelle, souvent décrite comme l’essence de la discipline. «J’ai trouvé le format intéressant et dynamique», apprécie Didier Bonvin. «Maintenant, les gens connaissent notre sport, avant je devais expliquer ce que je faisais. C’est un bon pas pour que notre sport continue d’évoluer», note Marianne Fatton, qui comprend la déception des spécialistes de l’individuelle qui n’ont pas pu se présenter sur la scène olympique. Mais cela pourrait changer dès 2030. «Ce serait un nouveau pas en avant pour notre sport», estime Marianne Fatton qui, après avoir performé aux JO, a remis ça quelques jours plus tard en devenant championne d’Europe pour la troisième fois.
Ou comment garnir encore un peu plus le palmarès de celle qui est également double championne du monde. Mais quelle est donc la recette pour être présente à chaque fois que ça compte vraiment? «C’est vrai que j’ai toujours une forme incroyable et j’arrive à me transcender. Mais je ne sais pas ce que je fais de différent des autres», témoigne la Neuchâteloise. Avant que Didier Bonvin ne rappelle. «Il ne faut pas oublier que pour performer sur ces grands évènements, les athlètes doivent déjà être en forme avant, lors des qualifications en Coupe du monde. Ils sont donc constants avant tout.»
Mélanie Meillard, le contraste olympique
En parlant de grands évènements, Mélanie Meillard a vécu ses premiers Jeux en février dernier. La locale de cette dernière étape de l’Après-Ski a même réalisé sa meilleure prestation de l’hiver sur le slalom olympique en terminant 7e. «Ce diplôme olympique, c’est comme une médaille. Je ne voulais pas me contenter d’une 15e place, juste parce que j’étais aux JO», assure l’Hérensarde. «La saison a été difficile. J’ai été sélectionnée de justesse. J’aurais très bien pu rester à la maison car je n’avais pas rempli tous les critères.»
Brillante 8e de la saison 2024-2025 du classement de slalom, la skieuse d’Hérémence n’a pas connu la même réussite cet hiver. Elle avoue s’être mise un peu trop de pression. «Dans la tête, c’était compliqué, j’ai beaucoup pensé à 2018», explique-t-elle en faisant référence à sa première grave blessure au genou intervenue à la veille des Jeux de PyeongChang, alors qu’elle faisait partie des outsiders à la médaille. Mélanie Meillard espère naturellement se relancer l’hiver prochain. «Le bilan cet hiver n’est pas fou, mais j’ai envie de me rapprocher à nouveau des podiums.» Didier Bonvin est conscient des qualités de la skieuse valaisanne. «Mélanie est capable du très bon, comme du pire. Mais avec une bonne préparation, elle a les capacités pour venir tout devant.»
Arnaud Boisset, oublier le traumatisme de Beaver Creek
Rejouer le haut du tableau, tel est le leitmotiv également d’Arnaud Boisset. Le skieur de Martigny a retrouvé des couleurs en cette fin d’hiver en montant sur le podium en Coupe d’Europe à Verbier, avant de confirmer à Courchevel avec une belle 13e place en descente. «Ce résultat prouve que j’ai les capacités pour skier dans le top 15 mondial. Dès janvier, j’ai senti que les choses se mettaient en place. Il me manque encore des kilomètres. Mais chaque jour m’éloigne du traumatisme de Beaver Creek.»
Il y a seize mois, Arnaud Boisset avait été victime d’une grosse commotion cérébrale sur la piste américaine. Un accident qui a laissé des traces chez le Valaisan. «Ce n’est pas comme une blessure au genou, ici, rien n’est visible», explique-t-il. «Même si ça allait bien, sur certains passages, ce n’était plus comme avant. Il a fallu reconstruire la confiance petit à petit. C’est un long processus, qui n’est pas encore totalement terminé, mais je vois gentiment le bout du tunnel.» Didier Bonvin, qui a longuement entraîné au plus haut niveau, appuie dans le même sens. «La confiance, ça se reconstruit avec des kilomètres, avec la prise de risque. Ce n’est pas forcément en compétition qu’on y arrive le mieux, mais plutôt à l’entraînement.»
Avec une bonne préparation, Arnaud Boisset entend à nouveau exprimer son talent au sein de la Coupe du monde où les skieurs suisses ont encore brillé cet hiver, avec 33 podiums pour 13 victoires. «C’est une nouvelle saison exceptionnelle», apprécie Didier Bonvin. «Swiss-Ski a mis en place des structures très solides, avec du personnel, des entraîneurs et des athlètes de haut niveau qui se tirent vers le haut.» Avec la perspective, de confirmer cette domination dans dix mois lors des Championnats du monde de Crans-Montana. «La Suisse fera une médaille de plus qu’en 1987.» Didier Bonvin parie donc sur 15 médailles. Le rendez-vous est pris.
Comme pour l’Après-Ski qui reviendra cet automne, pour une quatrième saison qui s’annonce une nouvelle fois fantastique!
Gregory Cassaz/Le Nouvelliste & Johan Tachet
Les émission de la saison 3:
22 – Victor et Nicolas Hale-Woods
21 – Philippe May
20 – Daniel Yule et Matteo Joris
19 – Loïc Chable et Hugues Ansermoz
18 – Maximilien Drion
17 – Ramon Zenhäusern
16 – Greg Tuscher
15 – Justin Mursier et Didier Défago
14 – Armand Marchant et Sébastien Travelletti
13 – Fanny Smith
12 – Frédéric Favre
11 – pas d’émission
10 – William Besse et Dédé Marty
9 – Liam Rivera et Émilien Badoux
8 – Clément Noël et Gauthier de Tessières
7 – Mélanie Meillard et Gaëtan Constantin
6 – Amélie Klopfenstein & Laurent Donato
5 – Delphine Darbellay et Laura Herr
4 – Thomas Bussard et Jean-Philippe Fartaria
3 – Malorie Blanc, Patrice Morisod, Loane Dubuis et Julien Dubosson
2 – Loïc Meillard
1 – Wendy Holdener et Alexis Pinturault
