Sofia Goggia n’a pas la même perception de la douleur que le commun des mortels. Elle l’avait déjà prouvé en se parant d’argent à Pékin malgré qu’elle était diminuée par une entorse au genou gauche contractée à Cortina d’Ampezzo. Elle l’a démontré une nouvelle fois en remportant la seconde descente de Saint-Moritz avec une main gauche fracturée et opérée la veille. « Je comprends vraiment que c’était un peu risqué, mais je me suis dit qu’après Pékin, je pouvais tout endurer et c’est exactement ce que j’ai fait », se marre la skieuse de Bergame qui se plaît à défier les lois de la physique.
« Je suis vraiment heureuse, je suis vraiment reconnaissante car il n’était pas du tout garanti que je puisse être dans le portillon de départ aujourd’hui. » L’Italienne avait précipitamment quitté l’Engadine après sa course vendredi, où elle avait pris la 2e place, pour se rendre à Milan, à trois heures de route, et se faire opérer du deuxième et troisième métacarpiens. « On s’est regardé hier avec mon médecin et on s’est dit, on le fait, car on veut gagner demain. »
There are not many words to describe @goggiasofia ‘s feat today…
— FIS Alpine (@fisalpine) December 17, 2022
A podium, a broken hand, a surgery, 9 screws, a victory… all in 24 hours! 🎩#fisalpine pic.twitter.com/yEn7eSam3Q
« Aucune fille n’était plus heureuse que moi de skier »
Dans un post sur les réseaux sociaux, elle laissait déjà entendre qu’elle souhaitait être au départ de la seconde épreuve grisonne. Ce n’est que ce matin, avant la course, lors du ski libre, que Sofia Goggia a pris la décision de prendre le départ. « J’ai vu que je pouvais me mettre en position de vitesse, je me suis dit qu’il n’y aurait aucune fille sur la piste aujourd’hui qui serait plus heureuse que moi de concourir », lançait-elle au micro de la Rai. « Je savais que si je skiais comme je savais le faire, je pouvais le faire. »
C’est-à-dire aller chercher un vingtième succès en carrière, un troisième cette saison en descente, en repoussant toute adversité à près d’une demi-seconde. « Je n’ai pas pu pousser au départ », assure celle qui avait posé un gros scotch autour de sa main blessée pour la maintenir sur ses bâtons. « C’est la raison pour laquelle je n’ai pas un plus grand écart. Mais une demi-seconde est suffisante. » Sofia Goggia est un phénomène qui n’a pas sa langue dans la poche.
Et lorsqu’elle se trouve dans un portillon de départ, ce n’est jamais pour faire de la figuration. Et soyons prêts à parier qu’elle jouera une nouvelle fois la victoire dimanche lors du super-G.
JT