Robin Cuche entame ses quatrièmes Jeux paralympiques avec de légitimes ambitions. Deuxième du général de la Coupe du monde, le Neuchâtelois sera notamment le grand favori dans la discipline reine samedi sur la mythique Olimpia delle Tofane. Interview.
C’est en candidat aux médailles que se présente Robin Cuche à ses quatrièmes Jeux paralympiques à Cortina d’Ampezzo. Le Neuchâtelois de 27 ans sera l’une des têtes d’affiche de l’équipe de Suisse après avoir brillé sur le front de la Coupe du monde de para-ski cet hiver. Pour la quatrième saison de suite, il a dû s’incliner dans sa quête du général face au Français Arthur Bauchet, mais le skieur de Saules, qui a remporté 6 succès cet hiver et un quatrième Globe de cristal de suite en descente, n’a jamais été aussi proche du skieur tricolore. Seulement 73 points séparaient les deux hommes. L’heure de la revanche a sonné pour le neveu de Didier Cuche, qui attend toujours de ramener une médaille d’or dans un grand rendez-vous, après avoir collectionné cinq médailles d’argent aux Championnats du monde. Interview.
Robin Cuche, c’est déjà votre quatrième participation paralympique. On a l’impression que c’est peut-être cette fois-ci, à Cortina d’Ampezzo, que vous avez le plus de chances de vous illustrer?
Oui, c’est clair. Après, il faut toujours être bon le jour J. La médaille est totalement l’objectif lors de la descente. Après, on a vu que j’ai un peu galéré lors du premier entraînement (ndlr: il a réalisé le meilleur temps, mais a manqué trois portes). Le deuxième était un peu mieux, mais sur la fin de la course, il y a un ou deux passages qui ne me plaisent pas trop. Donc on va essayer d’améliorer ça.
Et il n’y a pas que la descente, puisque vous avez également vos chances en super-G, en géant, en combiné, voire même en slalom.
C’est vrai que la priorité est sur la descente, mais pour les autres disciplines, on verra le jour J. Je suis déjà monté sur des podiums, mais pas autant qu’en descente. Après la reconnaissance, il faudra respecter le plan donné par le coach et on verra ce que ça donne.
Avec un adversaire de choix, Arthur Bauchet, qui domine le para-ski depuis huit saisons. Se dirige-t-on vers un duel entre le Français et vous?
Non, il y a plein d’autres concurrents. Il y a des Canadiens, il y a Théo (Gmür), il y a d’autres Suisses et d’autres Français aussi qui arrivent derrière. Ce ne sera pas seulement un duel à deux. Après c’est vrai que je me suis battu toute la saison pour remporter le général et je finis à quelques dizaines de points derrière Arthur. Ça fait mal, surtout après avoir été devant pendant une grande partie de la saison. Mais c’est le jeu. J’ai joué, j’ai perdu. Maintenant on va essayer de se rattraper sur ces Jeux.
Qu’est-ce qui vous a permis, cet hiver, de vous rapprocher d’Arthur Bauchet et d’augmenter encore le curseur?
Plein de choses. Physiquement, je vais aussi mieux. Je me suis bien entraîné cet été. J’ai réduit mon taux de travail pour pouvoir m’entraîner davantage, ce qui m’a beaucoup aidé. Ensuite, on a fait un très bon camp d’entraînement au Chili en septembre et octobre. Quand tout ça se met ensemble, sur les skis ça va mieux.
Et désormais, il ne manque plus qu’une médaille d’or dans un grand événement…
C’est vrai qu’aux Mondiaux, ce n’est pas passé loin à chaque fois…
Vous en avez un peu marre de l’argent, non?
Non, je ne dirais pas ça. Une médaille dans un grand rendez-vous reste toujours quelque chose de bien, même si c’est de l’argent. Mais c’est vrai que si c’était autre chose, ce serait sympa.
Justement, est-ce qu’il y a un brin de pression compte tenu des résultats acquis cette saison ?
Non, pour l’instant, je gère plutôt bien. On verra peut-être dans les prochains jours si ça augmente un peu. Mais j’ai l’habitude d’être devant en Coupe du monde, donc je pense que je peux aussi amener ça aux Jeux.
Douze ans après vos premiers Jeux paralympiques, quel est votre meilleur souvenir?
Justement, ma première participation. Rentrer dans le stade de Sotchi, lors de la cérémonie d’ouverture, devant 60’000 personnes, ça reste un grand souvenir pour un jeune garçon de 15 ans.
Johan Tachet, Cortina d’Ampezzo
