Quand on reçoit l’un des meilleurs spécialistes de Suisse et de la planète de slalom et son entraîneur, il est naturellement question de virages courts. Marc Rochat et Matteo Joris ont évoqué le magnifique slalom d’Adelboden, la dynamique du groupe helvétique, le Globe de cristal, et surtout l’avènement au plus au niveau du skieur Vaudois de Crans-Montana à passer 30 ans. C’était l’occasion de revenir sur le parcours semé d’embûches de Marc Rochat et d’analyser pourquoi bon nombre de skieurs percent sur le tard. On a également parlé de la performance de Camille Rast à Kranjska Gora et on a pris des nouvelles de Delphine Darbellay en Coupe d’Europe.

La perf

«Pouvoir performer dans la Mecque du ski suisse à Adelboden, c’est fantastique.» Quelques heures après sa 5e place lors du slalom dans la station oberlandaise, Marc Rochat était un homme heureux. «J’ai mis du temps à apprivoiser cette piste, j’ai dû grandir un peu, gagner en maturité.» Devant les Autrichiens et Manuel Feller ont, une nouvelle fois, assuré le show. «Quand tu réalises un triplé lors de la première courses, tu rentres dans un flow», analyse Matteo Joris. «Aujourd’hui, ils ont moins de pression et cela te permet de gagner quelques petits centièmes.»

L’équipe

«L’équipe skie mieux que l’année dernière, mais les centièmes et les détails ne sont pas de notre côté. Mais je suis convaincu que l’équipe est très forte», assure Matteo Joris lorsqu’il évoque son groupe de slalomeurs. Ils étaient cinq à terminer dans les quinze dimanche sans parvenir à accrocher encore le podium cet hiver. «C’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin, mais la chance ça se provoque», reprend Marc Rochat qui se plaît dans ce groupe helvétique «soudé» et «déterminé»

La phrase

«Le jour où j’ai accepté de perdre ma carrière, j’ai gagné une nouvelle vie.»

À 31 ans, le monde du ski découvre le vrai Marc Rochat. Plus fort que jamais, le Vaudois de Crans-Montana reconnaît que son parcours a été semé d’embûches. Mais jamais il n’a baissé les bras. «J’ai démontré à plusieurs personnes que si on s’accroche à ses rêves, cela paie. J’ai toujours su au fond de moi que j’avais ce potentiel pour y arriver. Et l’espoir que j’avais en moi m’a permis de tenir le coup.» Marc Rochat se définit encore «comme un jeunot». «Mais désormais avec de l’expérience.»

Le film

Marc Rochat est le personnage principal d’un documentaire qui retrace son arrivée au sommet lors de la dernière saison de Coupe du monde. Le court-métrage intitulé «La Roche», d’après son surnom, évoque les moments d’adversité auxquels a dû faire face Marc Rochat. Actuellement en diffusion dans différents festivals, de Soleure à Vancouver notamment, il sera bientôt proposé au grand public. «Voir ce film émotionnel donne une énergie incroyable. J’avais les batteries rechargées après l’avoir vu», sourit Matteo Joris.

La suite

Pas de repos pour les guerriers. La classique de Wengen se profile déjà. Au lendemain de la descente du Lauberhorn, les slalomeurs seront en action dimanche. «Si je me fie aux températures et comment va être la piste, cette course peut être pour nous», lance Matteo Joris. Marc Rochat rappelle que «le niveau est très dense» dans la discipline. Mais il lance son pari: «Sur cette piste technique, il faut de l’expérience et je verrais bien Daniel Yule sur la première marche.»

Johan Tachet