Privé du Globe de géant après avoir y avoir pourtant cru jusqu’au bout, le Valaisan a terminé en trombe après un début de saison très compliqué. Pas suffisant donc, mais le skieur de 29 ans s’en rapproche. Réaction.
Tendu comme jamais ou presque, Loïc Meillard a les yeux rivés sur le grand écran de l’aire d’arrivée de l’Olympia-loype. En tête du géant des finales de Coupe du monde, le Valaisan sait que le dernier candidat à s’élancer, Lucas Pinheiro Braathen, doit terminer sur la boîte pour remporter le Globe de cristal de la discipline, sans quoi c’est lui qui sera sacré. Mais l’Hérensard comprend vite que le Brésilien, qui évolue quasiment à domicile alors qu’il a concouru quasiment l’ensemble de sa carrière en tant que Norvégien, était intouchable ce mardi.
Lucas Braathen n’a pas craqué
Si proche, si loin. Ces dernières saison, en Coupe du monde, Loïc Meillard nous a souvent habitué à jouer les premiers rôles et à rêver de Globe. S’il s’en est fallu de 52 points l’hiver dernier en slalom, il a cette fois manqué 61 unités au skieur d’Hérémence pour s’emparer du cristal tant convoité en géant. Pourtant largement décroché avant la dernière course de l’hiver dans la discipline, il s’était mis à rêver après la sortie de piste de son compatriote Marco Odermatt lors de la première manche. Intouchable depuis cinq ans, le Nidwaldien a cette fois failli, laissant la voix libre à son rival Lucas Pinheiro Braathen, déjà sacré aux Jeux olympiques à Bormio.
Dans une ambiance de feu, devant un public entièrement acquis à sa cause, le Brésilien a donc relevé le défi avec succès. Impérial en première manche, il a confirmé sur le second tracé, repoussant Loïc Meillard à la deuxième place sur l’une de ses pistes fétiches, non sans avoir commis une erreur sur le premier tracé. Ce n’est pas encore cette fois qu’il ramènera la statuette de verre pour rejoindre celle qu’il a remportée en 2020 en parallèle, et dont la valeur est logiquement moindre.
« J’ai tout donné »
« Il aurait vraiment que les planètes s’alignent », rappelle l’Hérensard. « De mon côté, je savais ce que j’avais à faire. Je devais viser la victoire, c’était la seule option et j’ai tout donné. Sans ma faute, j’aurais peut-être pu gagner mais Lucas (ndlr: Pinheiro Braathen) était trop fort et ça n’aurait rien changé. Il a été meilleur sur l’ensemble de la saison, c’est ce qu’il faut retenir. » Il est vrai que Loïc Meillard a probablement perdu ses chances en début d’hiver, lorsqu’il manquait encore de kilomètres à l’entraînement après avoir souffert de douleurs au dos dans sa préparation. Ses 14e, 18e et 9e place lors des trois premiers géants de l’hiver en attestent et le retard, malgré l’enchaînement des podiums (quatre lors des quatre dernières courses) était trop grand à combler.
Champion du monde de slalom la saison dernière et olympique cet hiver, Loïc Meillard veut tout faire pour arriver en forme dès le début de l’hiver prochain. « Cette fois, le début de saison ne s’est pas passé comme prévu », rappelle-t-il. « On veut toujours croire qu’on est prêt, même si on sait qu’on l’est un peu moins. Il m’a fallu un peu de temps pour me remettre dedans, retrouver le rythme et pouvoir me libérer en course. » Pour cela, il faut que son dos le laisse tranquille au maximum. « C’est surtout une question de gestion: comprendre les signaux, éviter certaines erreurs. Cette saison, depuis Levi, je n’ai eu aucun souci, ce qui est très positif. Ça montre qu’on a bien travaillé physiquement et dans la récupération. »
« Je sais sur quoi je dois encore travailler »
D’ailleurs, le bilan est positif. « Si je dois donner une note à ma saison en géant, je dirais 5 », rigole le skieur aux origines neuchâteloises, surpris par la question. « Pour avoir 5,5, il aurait fallu terminer encore plus proche du Globe et si je l’avais eu, là seulement j’aurais pu avoir un 6. Mais il y a beaucoup de positif à retenir malgré tout. » Le ski de très haut niveau qu’il démontre depuis plusieurs semaines et notamment en Norvège prouve qu’il pourra encore regarder vers le haut dès la saison prochaine. « Je sais que c’est possible et aller tout devant reste un objectif, un rêve. Mais je sais sur quoi je dois encore travailler. »
Une situation encourageante pour la suite, aussi en slalom, où il visera la victoire ce mercredi, afin de conclure en beauté une saison assez folle, avec notamment ses trois médailles olympiques. « En slalom, je sais que je dois moins sortir pour être tout devant au classement à la fin de l’hiver, je dois travailler là-dessus. »
Déterminé, le skieur de 29 ans va devenir papa cet été et s’en réjouit, même si sa vie risque d’être quelque peu bouleversée. « Forcément, ça va changer certaines choses, que ce soit dans la préparation ou dans le rythme. Il faudra s’adapter mais je ne me fais pas trop de soucis. On trouvera la bonne manière de fonctionner. C’est quelque chose dont je me réjouis énormément. »
Laurent Morel, Hafjell
