Très solide 13e de la descente de Courchevel, le Valaisan est enfin parvenu à montrer son niveau en course. Un résultat qui va lui faire énormément de bien pour la suite et notamment la préparation pour la saison prochaine. Réaction.

Enfin! Quasiment deux ans après son incroyable podium en super-G lors des finales de Saalbach, Arnaud Boisset a retrouvé des couleurs et le top 15 en Coupe du monde. Ce vendredi lors de la descente de Courchevel, le Martignerain est parvenu à tailler de superbes courbes, à montrer sa technique hors pair pour prendre la 13e place de l’épreuve, malgré son dossard 36. Un résultat qui vient prouver que le skieur de 27 ans est capable de jouer les premiers rôles et ce, même après plusieurs chutes qui ont freiné son ascension ces derniers mois.

« Aujourd’hui, je n’aurais pas pu rêver mieux », s’est réjoui le Valaisan au sourire retrouvé. Dans des conditions pas simples, avec une piste qui a quelque peu évolué au fil des passages, Arnaud Boisset a su élever son niveau pour ne terminer qu’à une seconde et demie du vainqueur et entrer dans le top 15 pour la 7e fois en Coupe du monde, la 2e seulement en descente. « C’est la première fois que je marque à nouveau des points depuis ma chute », rappelle également celui qui porte un casque rose, évoquant son crash de Beaver Creek en 2024. « Ce n’est donc que du très, très positif. »

Une éclaircie pour une place au départ des prochaines courses

Grâce à ce résultat, Arnaud Boisset devrait avoir plus facilement sa chance au cours des prochains mois, et notamment en début de saison prochaine. « Si en tant que Suisse on ne termine pas dans le 20 en Coupe du monde, on est remplacé lors de la prochaine descente. Je n’avais donc pas trop le choix. J’ai livré la marchandise et j’en suis très content. » Avec la retraite de Niels Hintermann et les qualifications possibles de Sandro Manser, Gaël Zulauf et Lenz Hächler via la Coupe d’Europe pour les descentes de Coupe du monde la saison prochaine, l’horizon se dégage quelque peu pour le Valaisan.

Ce vendredi, il est parvenu à skier libérer. « J’ai l’impression que c’est le cas depuis le début de l’année », décrit le Valaisan. « Je n’ai simplement pas vraiment eu les opportunités de le montrer. Ce n’est que mon deuxième départ en descente cette saison. Et la première fois, à Garmisch-Partenkirchen, j’ai fait une faute sur le haut où j’ai perdu beaucoup de temps. Par la suite, c’était très bien (ndlr: il a terminé 31e). Le ski est là depuis un petit moment, mais j’étais sur le banc des remplaçants. »

Une situation évidemment frustrante pour le skieur du SAS Lausanne. « Évidemment, c’est difficile à vivre et hyper frustrant car je sais que ça reste compliqué alors que mon niveau de ski est très bon. » Arnaud Boisset compare sa situation à celle d’un footballeur. « C’est comme si j’étais sur le banc, sauf que dans le foot, on peut changer de club. Et puis, même si on est remplaçant, on touche toujours son salaire. » Pour autant, le Valaisan n’en veut pas à ses compatriotes et néanmoins concurrents. « Ils méritent tout à fait leur place. Je ne veux pas prendre la leur, je veux juste avoir la mienne. »

La préparation facilitée

Logiquement retenu pour le super-G de samedi sur l’Éclipse, Arnaud Boisset n’a pas eu l’occasion de montrer ses progrès puisque l’épreuve a logiquement été annulée en raison de la météo maussade en France. Reste qu’il va pouvoir entreprendre les prochaines semaines avec sourire et ambitions. « Mon résultat fait du bien car il prouve, sur papier, que mon niveau est bien là. Ça fait longtemps que je le savais, mais c’est bien que ce soit écrit. » Et la confiance engrangée va aussi lui permettre d’aborder la préparation pour la saison prochaine la tête plus libérée. « C’est clair car les mois de mai, juin et juillet ne sont pas les plus rigolos pour moi avec beaucoup de travail physique et de souffrance sans avoir de résultat instantané. Finir la saison sur une bonne note donne énormément d’énergie mental pour l’été. »

Laurent Morel, Courchevel