Troisième de la descente de Courchevel, sur une piste qui l’a souvent consacré, le Nidwaldien a validé le gain du Globe de cristal de la discipline et de celui du général. Des récompenses pour une saison extraordinaire encore une fois. Réaction.

Comme souvent, les superlatifs manquent pour décrire les prestations de Marco Odermatt. Ce vendredi pourtant, le skieur de Buochs n’a pas été parfait. Il a même été battu sur l’Éclipse de Courchevel, prenant la troisième place de la descente derrière Vincent Kriechmayr et Giovanni Franzoni. En montant sur son 102 podium en 194 départs de Coupe du monde, devenant ainsi seul Suisse détenteur du record devant Vreni Schneider et Lara Gut-Behrami (101), « Odi » a continué d’écrire son histoire. Surtout, il s’est assuré du gain de son troisième Globe de cristal de descente et de son cinquième du classement général.

« C’est vraiment trop beau! Enfant, je n’aurais jamais imaginé de tels résultats », a avoué le Nidwaldien. « Les choses se sont alignées au fil des années pour rendre ce rêve possible. » Marco Odermatt se réjouit notamment d’avoir réussi à briller tout au long de l’hiver en descente, la discipline sur laquelle il met l’accent. « Cela récompense mon incroyable saison dans la spécialité. C’est la plus importante des disciplines, la plus grande du ski alpin. Parvenir à avoir cette constance, c’est une grande fierté. » Il n’a plus quitté le top 7 en descente depuis trois ans, et n’a raté le podium qu’une fois cet hiver (4e à Crans-Montana, mais aussi aux Jeux olympiques). « Mais aujourd’hui, ce n’était pas simple car la neige était très différente entre le haut et le bas du parcours », décrit-il. « Tout n’a pas été parfait, mais je suis pleinement satisfait avec mon résultat. »

La fatigue se fait sentir

Réussir ce nouvel exploit à Courchevel, sous les yeux de ses parents, vient aussi ajouter une nouvelle ligne à l’histoire qui lie Marco Odermatt à la station savoyarde. « Cet endroit est très important et très spécial pour moi », confirme-t-il. « J’y ai connu énormément d’émotions. C’est ici que j’ai gagné mes premiers Globes (ndlr: de géant et du général, en 2022). C’est aussi ici que j’ai gagné ma première médaille d’or dans un grand événement, en descente. Ajouter deux nouveaux Globes ici, c’est vraiment beau. »

Et la piste de la Tarentaise est d’ores et déjà inscrite au programme de la prochaine saison de Coupe du monde. « C’est une excellente nouvelle, je me réjouis et j’espère que ce sera régulièrement le cas », sourit le meilleur skieur du monde, qui ne veut pas encore trop parler des Jeux olympiques dans quatre ans, dont il est prévu que les épreuves de vitesse se déroulent sur l’Éclipse. « C’est encore loin », temporise-t-il. On verra si c’est ici ou à Val d’Isère, ce n’est pas encore tout à fait sûr. Mais c’est clair que c’est un endroit super sympa, une super descente, très difficile, très technique. »

En attendant, Marco Odermatt a encore quelques résultats à aller chercher d’ici la fin de la saison. Il doit valider le Globe du super-G, ce qui est quasiment fait après l’annulation de l’épreuve de samedi, et celui du géant. « Je vais devoir attaquer et monter sur le podium aux finales », rappelle-t-il, tout en admettant que la fatigue commence à se faire sentir. « Je n’ai plus beaucoup d’énergie en stock. Lors de cette descente, j’étais très fatigué à l’arrivée et je pense que je n’étais pas le seul dans ce cas. Mais ça fait partie du jeu. »

Laurent Morel, Courchevel