Le hockey se découvre depuis le début de ces Jeux olympiques de la jeunesse une nouvelle discipline: le 3 contre 3. Un sport qui se joue sur une demi-patinoire, mais qui offre de l’intensité et du spectacle puisque les rencontres se terminent sur des scores très élevés. Une discipline qui ravit non seulement le public, mais également les dirigeants de l’IIHF et notamment son Président le Suisse René Fasel. Interview.

René Fasel, comment jugez-vous les débuts olympiques du hockey 3 vs 3?

L’expérience est très positive. Nous souhaitions déjà que la discipline soit au programme des derniers JOJ, mais cela ne s’était pas fait. Je trouve que les personnes à la Fédération ont très bien travaillé depuis deux ans pour amener ce sport ici et surtout je tiens à remercier l’organisation qui nous permet de mettre en vitrine ce sport. Tout le monde s’amuse.

La spécificité de cette compétition est qu’elle ne de dispute pas par pays, mais que les équipes sont cosmopolites et mélangent les nationalités.

Effectivement. Les JOJ ce ne sont pas seulement des compétitions sportives, mais aussi un événement pour rassembler les gens de différentes cultures sur une place de sport et qu’ils puissent partager les valeurs olympiques et transmettre un beau message.

Si c’est une première olympique, l’IIHF organise déjà des compétitions et des camps de 3 vs 3 pour les jeunes hockeyeurs depuis plusieurs années.

Nous avons en effet l’expérience des équipes mixtes depuis une vingtaine d’années. Lorsque l’on organise nos camps estivaux, on mélange déjà les teams. Ici à Lausanne, nous pouvons compter sur 43 pays représentés et pas forcément des pays d’hiver traditionnels. Et quand on voit l’énergie et le plaisir de ces jeunes, c’est une véritable réussite.

Deux rencontres se disputent simultanément sur la glace de la Vaudoise Arena.
Les équipes comprennent 13 joueurs, tous de nationalités différentes. (Maeva Pellet/SkiActu)

On retrouve ici des hockeyeurs de Taipei, du Mexique, de Singapour, d’Argentine, de Turquie ou encore de Hong Kong. Et ils prouvent qu’ils savent jouer au hockey.

Tout a fait, ces jeunes sont bons et parfois on ne voit la différence entre un Finlandais et un Qatari. Ils s’entraînent beaucoup et sont talentueux. C’est aussi le message que l’on veut transmettre.

Pour ces jeunes d’origine de pays dits exotiques, en terme de hockey, ces JOJ représentent une belle vitrine?

C’est clair, même si je n’ai pas encore vu de scouts de NHL. Peut-être ont-ils minimisé la compétition? Toujours est-il que ces jeunes sont talentueux et qu’il est possible de les voir intégrer des équipes juniors U18 en hockey traditionnel et de se faire drafter un jour.

Comment se déroule le processus de recrutement pour trouver de bons hockeyeurs dans ces nations?

Lors de chaque camp annuel pour les jeunes que nous organisons, chaque pays affilié à l’obligation d’amener un ou deux joueurs, un entraîneur, des equipement managers et des arbitres. Nous profitons de ces camps pour offrir une éducation du hockey sur glace. Les meilleurs ont ainsi été retenus pour ces JOJ et je ne suis donc pas surpris du niveau ici à Lausanne. Tous patinent très bien, savent manier la canne et tirer.

La participation aux JOJ d’hockeyeurs venus du monde entier a aussi pour but de développer le hockey dans des pays qui ne connaissent que trop peu ce sport?

Absolument. Imaginez ces jeunes qui viennent du Qatar ou de Taipei et qui ont pu participer à ces Jeux deviennent des ambassadeurs dans leur pays. Pas uniquement pour le hockey, mais également pour partager l’esprit olympique. Après, il est vrai que l’on essaie de développer notre sport en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Asie et notamment en Chine, au Japon et en Corée. Les autres pays restent « exotiques », il est évident que Singapour ne jouera jamais dans le groupe mondial A en hockey.

A terme, imagine-t-on le 3 vs 3 devenir un vrai sport olympique?

On en a un peu parlé entre nous. C’est un sport qui convient bien aux jeunes de cette tranche d’âge. Mais du moment que l’on vient chez les seniors, il faudra voir. Nous allons déjà faire une évaluation après les JOJ.

Le basket 3 vs 3 a fait le pas et sera aux Jeux de Tokyo cet été. Pourquoi pas la version hockey?

Mais le hockey est différent. Il ne faut pas oublier que le basket 3 vs 3 est urbain, mondial et compte plus de 200 fédérations, alors que nous en comptons 81. Ensuite, nous jouons sur deux buts, sans mise en échec. On privilégie les skills, le patinage, la technique. L’objectif premier est de donner du plaisir aux jeunes.

Johan Tachet, Lausanne