« Franchement, ça va vraiment bien! » À la voir courir, sauter les escaliers deux par deux et enchaîner les exercices de coordination et d’explosivité, aucun n’indice semble indiquer que Malorie Blanc ait été victime d’une déchirure du ligament croisé antérieur, ainsi que d’une déchirure du ménisque externe et une distension du ligament latéral interne lors de la seconde descente de Coupe d’Europe de Crans-Montana. Tout juste, une cicatrice, à peine voyante, rappelle son accident du 11 février dernier sur la piste du Mont Lachaux.
« Quand je regarde en arrière, il y a plein d’étapes qui ont été passées », sourit la skieuse d’Anzère. « Depuis L’opération, les béquilles sont parties, l’attelle aussi. Je peux tout faire comme un sportif normal et cela fait plaisir. » Que ce soit en salle de force, sur la piste d’athlétisme ou sur les marches du stade du Littoral de Colombier, la Valaisanne poursuit assidûment son travail de rééducation. « On adapte encore l’intensité des séances, mais au niveau des fondamentaux, le travail de Malorie est déjà le même que pour les athlètes en pleine forme », assure son préparateur physique Florian Lorimier qui avoue devoir freiner les ardeurs de sa nouvelle protégée, « pour ne pas brûler les étapes ».
A 80% de ses capacités
En choisissant de s’installer cet été sur les bords du lac de Neuchâtel pour parfaire sa rééducation et sa préparation physique, Malorie Blanc profite de l’émulation de tout un groupe en côtoyant au quotidien Léo Monnier, Amélie Klopfenstein, Rémi Cuche, qui a également été victime d’une blessure similaire l’hiver dernier, et surtout Camille Rast, qui pousse toute la troupe en avant. « Quand on voit les valides courir devant nous, on a juste envie de les rattraper », se marre-t-elle, contente de découvrir un nouvel environnement. « C’est ce qui me retenait de partir dans le privé, car je n’aime pas être seule. Je me plais en équipe, à rigoler, à discuter. Là c’est un bon compromis d’être avec quatre autres athlètes. Cela tire vers le haut. »
À ce jour, la championne du monde juniors en titre de super-G estime être à 80% de ses capacités. « Mais je n’aime pas trop les chiffres. Blessure ou pas, j’estime devoir m’améliorer chaque année. » La talentueuse skieuse de 20 ans est naturellement ambitieuse au vue de sa magnifique progression sur les skis ces deux dernières années avant son accident.
Sur la neige en septembre avec le groupe de Coupe du monde
Ses entraîneurs l’ont bien compris puisque même si elle n’a pas encore eu l’opportunité de skier sur le Cirque blanc, elle été promue dans le second groupe d’entraînement de vitesse de Coupe du monde, coaché par Marcello Tavola, où elle retrouvera Delia Durrer, Stephanie Jenal, Noémie Kolly et Jasmina Suter. « L’idée était d’avoir un staff plus présent et de pouvoir travailler en petit groupe avec l’opportunité de revenir à 100% », poursuit Malorie Blanc qui ne se met pas de pression. « C’est davantage de l’excitation, je me sens épaulée. »

Cet été, Malorie Blanc s’entraîne sous les ordres de Florian Lorimier avec notamment Camille Rast et Rémi Cuche, comme partenaires. (JT/SkiActu)
Une équipe qu’elle devrait retrouver sur la neige à Saas-Fee en septembre si la rééducation se poursuit comme elle a commencé, c’est-à-dire sans encombre. Un test d’aptitudes physiques fin août lui permettra de savoir si elle peut rechausser les lattes ou non. L’Ayentôte a le temps. Le premier week-end de courses de vitesse cet hiver est agendé les 14 et 15 décembre prochains sur la mythique piste de la Birds of Prey à Beaver Creek. « Ça paraît fou quand j’y réfléchis, mais y être présente est davantage un rêve », certifie Malorie Blanc qui n’avait pas encore jeté un regard au programme. « J’ai appris à vivre au jour le jour et je ne veux pas perdre cette spontanéité. »
Toutefois, la skieuse aux trois podiums en Coupe d’Europe entend « reprendre le fil de sa carrière là où il a été coupé la saison dernière », à savoir une semaine avant le moment où elle devait faire ses débuts en Coupe du monde lors du super-G de Crans-Montana. « Je laisse les portes ouvertes et je fais confiance aux gens qui m’entourent. »
Johan Tachet, de retour de Colombier