Dans les coulisses de la Coupe du monde, on le dit très affuté. A la veille de la première course de la saison, Loïc Meillard est en forme. C’est un fait et il ne s’en cache pas. “Physiquement tout va bien. Je suis en bonne santé. Sur les skis, il y a eu du travail de qualité. Et tout pointe dans la bonne direction.”

En progression saison après saison, jusqu’à terminer au pied du podium du classement général en 2021, le Valaisan a reculé pour la première fois dans la hiérarchie l’hiver dernier (11e). Cette saison, le skieur d’Hérémence entend jouer le haut du tableau. Interview.

Loïc Meillard, la saison débute enfin. On imagine votre impatience.

C’est le moment que ça commence. On se réjouit d’attaquer, pour voir où on se situe. On s’est assez entraîné. C’est le moment de faire des courses.

Dans quel état d’esprit abordez-vous ce géant de Sölden sur une piste qui vous ne a jamais réellement convenu, si l’on excepte une 5e place il y a deux ans?

Ma 5e place était un petit exploit par rapport aux autres fois. On va essayer de réaliser un nouvel exploit du coup. Ce n’est pas forcément une piste que je n’aime pas, de loin pas. Mais je n’ai pas encore trouvé la clé jusqu’à maintenant.

Qu’a-t-elle de spécial cette piste sur le glacier du Rettenbach?

Tout. C’est la première. On est dans l’inconnu. C’est une course qui n’est pas évidente à gérer. Sur le haut, il faut pousser, dans le mur, skier tactiquement juste sans trop freiner, et à la fin du mur, c’est le passage clé où il est important de prendre de la vitesse pour le plat final. Mais c’est toujours magnifique de retrouver le public et l’ambiance de la Coupe du monde.

Quel sera votre programme cet hiver?

Comme toujours, je serai présent en slalom, en géant, mais aussi en super-G. Je serai au départ du parallèle de Lech/Zurs dans trois semaines. Et on verra aux Mondiaux, s’il y aura un combiné ou non.

Toujours pas de descente?

Peut-être lors de certains entraînements pour préparer des super-G. Mais en course, ce n’est pas le plan. Ce serait exagéré un peu, même si j’apprécie en faire. Pour être performant dans les autres disciplines, je ne peux pas tout faire pour garder de la qualité et aussi pouvoir récupérer. On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.

L’an dernier, vous terminez 11e du général, c’est la première fois que vous n’avez pas progressé au classement général. Qu’avez-vous donc essayé de modifier durant l’entre-saison pour revenir vers les sommets?

C’est vrai que ce n’était pas forcément optimal en géant (8e). Par contre, en slalom (7e), j’ai connu une bonne saison, j’étais vraiment constant. C’était la première fois où je suis parvenu à tirer du début à la fin dans cette discipline. Il y a donc les pour et les contre, mais dans les grandes lignes, pas grand-chose à changer. Des petits détails. Sur les skis, j’ai essayé de retrouver les bases, de me recentrer. Et en physique, on a poursuivi sur la lancée des années précédentes car nous étions sur le bon chemin.

Vous avez changé de groupe d’entraînement en rejoignant celui de slalom cet été. En quoi ce choix vous a aidé?

C’était un choix pour gagner en qualité en slalom, qui est une discipline importante pour moi. Dans le groupe de géant où tout le monde s’oriente sur la vitesse, il était difficile d’avoir de bonnes journées en slalom. Avec ce changement, j’ai vraiment eu de la qualité à l’entraînement en technique, notamment à Ushuaïa (ARG). Je peux compter également sur un entraîneur (ndlr: son préparateur physique Patrick Flaction) qui me suit pour gérer mes trois groupes d’entraînements. Il organise vraiment tout, et cela m’a déchargé pour ne pas partir dans tous les sens en fonction de mes besoins.

Votre coéquipier Marco Odermatt, vous cite parmi les prétendants au grand Globe de cristal…

Je lui retourne le compliment (rires).

Mais cet objectif trotte dans un coin de votre tête?

Oui, mais davantage dans l’idée que c’est un objectif que je souhaiterais réaliser dans ma carrière. Je sais que pour y arriver, il faut réaliser la saison parfaite, être sur le podium tous les week-ends. Du coup, je ne me concentre de loin pas là-dessus cette saison. Le but, c’est de skier devant lors de toutes les courses. Et en fin de compte, un Globe, celui du général ou un autre, vient de lui-même si les résultats suivent.

Johan Tachet/LMO, Sölden