La piste raide et glacée de la Kirchenkar a eu raison des slalomeurs suisses dimanche, ainsi que de nombreux autres champions. Réaction.
Une piste comme une patinoire et bien raide, un tracé très rapide en deuxième manche, et peut-être trop peu d’entraînement dans ce genre de conditions: les slalomeurs suisses s’accordaient dans les grandes lignes sur ce qui n’avait pas marché à Gurgl dimanche. Sans vouloir chercher d’excuses et en essayant d’en tirer tout de même du positif.
Déjà en première manche, on a vu de nombreux champions sortir. Et ceux qui ont réussi à finir la course ont dû lutter. « La piste est vraiment très difficile, c’est quand même assez raide. Sous les pieds, on a vraiment de la glace, on n’a pas beaucoup d’accroche et du coup il faut vraiment être très juste et c’est difficile de laisser aller », a résumé Luca Aerni, qui a terminé 24e après ce qu’il a décrit comme une bataille.
« Ça se paie assez cher »
Refrain similaire de la part de Tanguy Nef. Solide 9e après la première manche, il est retombé au 22e rang sur un second parcours dessiné par un entraîneur français. « C’était un tracé où il fallait un peu plus oser et je crois que je n’avais pas encore les kilomètres pour vraiment oser mettre de la vitesse. » La première manche, tracée par l’entraîneur suisse Thierry Meynet, avait été plus lente et plus à son goût. « En deuxième manche, j’étais pas très serein, du coup j’ai un peu petonné comme disent nos amis français. Ça se paie assez cher. »
Un des seuls Suisses à se plaire sur cette piste de la Kirchenkar était Daniel Yule, deuxième meilleur Suisse derrière Loïc Meillard dimanche et déjà 5e l’an dernier. Mais lui aussi a admis: « Il n’y a pas de repos et les organisateurs ont fait un super boulot pour préparer un vrai billard. »
Un manque d’entraînement sur des murs glacés
Pour Ramon Zenhäusern, qui n’a pas réussi à améliorer sa 30e place entre les deux manches, la déception était grande. « Je ne me suis pas senti à l’aise dans ce mur. Ce n’est pas le ski que j’ai en tête. » Pour le Haut-Valaisan, le manque d’entraînement dans des conditions similaires était à l’origine des maux des Suisses à Gurgl. « On ne s’est pas entraînés dans un mur aussi haut et glacé. On a skié à Kåbdalis et Levi, mais c’est plutôt plat. À Diavolezza, c’était bien, mais il y a quatre portes raides. La confiance me manque », a avoué le skieur, qui avait demandé à pouvoir s’entraîner à Gurgl avant la course, sans succès.
« C’est clair que si on pouvait s’entraîner là, on travaillerait d’autres choses », a aussi reconnu Tanguy Nef. « Mais la course, c’est la course. On est des pilotes, il ne faut pas chercher des excuses. » Et de tempérer: « On est encore tôt dans la saison, il y a encore deux bonnes semaines de préparation jusqu’à Val d’Isère, on va voir ce qu’on va pouvoir aller chercher en plus. »
« Passer à la vitesse supérieure »
Au final, chacun avait tout de même du bon à tirer de la journée sur les hauteurs de l’Ötztal. « La deuxième manche, c’était un pas dans la bonne direction, j’ai fait des bons virages, c’est quelque chose que je peux construire pour les courses à venir », s’est réjoui Daniel Yule. « Maintenant, il va vraiment falloir essayer de passer à la vitesse supérieure pour aller chercher encore plus devant. »
Tanguy Nef a préféré les sensations de sa première manche. « J’étais à six dixièmes du podium, peut-être que j’aurais pas dû trop réfléchir à ça, c’est peut-être ça qui m’a un peu trop crispé. À voir. Aujourd’hui, l’air de rien, je fais quand même des points, même si on aurait attendu mieux. »
Ramon Zenhäusern espère pouvoir s’entraîner sur des murs glacés les prochaines semaines. « Après, je suis positif que je vais revenir. » Luca Aerni, quant à lui, pourrait disputer quelques géants de Coupe d’Europe à Zinal avant de partir à Val d’Isère, « pour me changer les idées ». Il repart de Gurgl positif : « J’ai un résultat dans la poche déjà. Pour la suite, j’ai eu de bons virages et c’est ce que je vais prendre avec moi. »
Sim Sim Wissgott, Gurgl