Huit ans après PyeongChang, Jeremy Finello retrouve la scène olympique avec une sérénité nouvelle. Remis d’un début de saison compliqué, le biathlète genevois veut avant tout livrer des courses pleines. Il sera engagé mardi après-midi sur l’individuel.
Jeremy Finello va faire son entrée olympique. Le Genevois, qui n’a pas été retenu pour le relais mixte, sera aligné sur l’individuel ce mardi après-midi. «Je me sens bien, je suis prêt. La forme va de mieux en mieux», souriait l’athlète en faisant référence à un virus contracté en début de saison qui ne lui a pas permis de performer immédiatement. «J’ai raté plusieurs courses car j’étais malade. Cela influence naturellement sur la confiance. Mais depuis quelques semaines, tout va beaucoup mieux.»
Une solide 5e place en sprint à Arber en Continental Cup, le second échelon continental, et une bonne prestation avec le relais suisse en Coupe du monde à Ruhpolding (7e) ont confirmé sa forme ascendante et motivé les coaches à offrir à l’athlète de 33 ans une seconde sélection olympique. «Je n’ai jamais craint de ne pas aller aux Jeux. Je suis Genevois, mon rêve, c’était plus d’aller au Tour de France», se marre l’athlète du bout du lac qui avoue évidemment «être heureux» d’être en Italie.
Les beaux souvenirs de PyeongChang
Il y a huit ans, à PyeongChang, il avait déjà eu l’opportunité de skier sur la plus belle des scènes des sports d’hiver. «Le temps passe vite», se remémore-t-il avec plein de nostalgie. «Benjamin Weger avait réalisé des gros résultats. J’avais participé au relais avec les gars. C’était une course que l’on avait visée. Il y avait une superbe ambiance entre nous et on est toujours en contact.» En Corée du Sud, Jeremy Finello avait ainsi été aligné en sprint, en individuel et en relais, sans une ambiance très particulière. «Il faisait très froid, il y avait beaucoup de vent et les compétitions étaient très tard le soir. Je me rappelle que l’individuel était programmée à 20h30, ce n’était pas évident. On vivait en décalé au village olympique et on voyait ainsi peu d’athlètes.»
Ce n’est pas en Italie qu’il pourra vivre l’esprit du village olympique. Les biathlètes, qui concourent dans la Mecque de leur discipline à Antholz, logent dans la cité du Trentin. Le village de Cortina d’Ampezzo, à deux heures de route, est trop éloigné. «C’est dommage, car on est davantage dans une configuration de Coupe du monde, même si tout ce qui entoure la compétition est plus grand.»
« Il faut rester réaliste »
Le Genevois s’élance dans ses Jeux avec des ambitions certaines, « À mon niveau », rappelle-t-il. « Il est vrai qu’aux Jeux olympiques, seules les médailles comptent, mais je me dois d’être réaliste et je le suis, ce sera compliqué pour moi. » Une 19e place sur le sprint de Hochfilzen fait office de meilleur résultat sur le front de la Coupe du monde ces deux dernières saisons. « J’aimerais faire de belles courses, bien gérer mon effort, être capable de bien tirer. Après cela reste du biathlon, un top 15 ou 20 peut vite arriver. Mais même si je fais 40e en ayant mis ce que je souhaitais en place, je serai content. »
Johan Tachet
