Ils étaient 15’000. Quinze mille spectateurs pour applaudir leurs héros, après avoir participé à la traditionnelle “procession” au coeur du village de Bischofshofen avant de rejoindre le tremplin autrichien sur les hauts de la station. Si le plus en vue, le Japonais Ryoyu Kobayashi a été tout simplement énorme en complétant son Grand Chelem, Killian Peier a pris un solide 8e rang, confirmant qu’il fait désormais partie de la crème de la discipline. Ce nouveau statut, le Vaudois l’accepte, même s’il ne se prend pas la tête. Modeste, il garde les pieds sur terre.

Il y a deux jours, vous n’imaginiez pas forcément être capable de confirmer directement votre top 10 d’Innsbruck et là, c’est fait. C’est fou!

Oui, c’est incroyable, vraiment génial, d’autant plus que ça a lieu sur la fin de la Tournée. Ce sont des sensations magiques. J’étais 9e de la première manche cette fois et j’ai pu gagner un rang. Je ne m’y attendais pas. J’espérais simplement reproduire un saut correct. Ça a bien fonctionné, j’ai eu de bonnes sensations.

Vous n’étiez allé au bout que d’une Tournée et là, vous finissez 10e. Quel pas de franchi!

Oui, je m’étais fixé comme objectif d’entrer dans les points à chaque concours. Ça n’a pas été simple au début mais finalement, je suis très content du résultat. Je vais essayer d’analyser ces sensations positives pour essayer de conserver ce niveau.

Ça vous donne envie de faire encore mieux?

Oui, ça peut donner envie mais je reste toutefois réaliste. Chaque tremplin est différent et je travaille pas à pas. J’essaie de ne pas me prendre la tête avec des classements, mais plutôt de me concentrer sur la technique.

Cet hiver, il y a eu quelques concours où vous aviez de la peine à confirmer en manche finale. C’est désormais derrière vous?

C’est vrai, j’ai connu quelques soucis à ce niveau. Bon, quelquefois j’ai aussi été malchanceux avec le vent, mais ça n’excuse pas tout. J’ai pu apprendre de ces expériences. Désormais, j’arrive à être beaucoup plus relâché, ce qui me permet de faire un très bon 2e saut.

En première manche, vous avez dû quitter de la plateforme de départ puis patienter avant de vous élancer à cause des conditions. C’est quelque chose de compliqué?

C’est clair que chaque seconde en haut du tremplin n’est pas simple. Il y a de l’impatience. Aujourd’hui, j’ai essayé de me concentrer sur mon saut, j’ai rejoué dans ma tête les deux ou trois points que j’avais à travailler et ça a bien fonctionné.

Des proches ont-ils pu venir ici à Bischofshofen?

Malheureusement pas. Mes parents étaient présents lors des deux premières étapes mais ils n’ont pas pu me suivre jusqu’au bout. Mais je pense qu’ils étaient très nerveux devant la télévision et qu’ils sont au champagne ce soir…

Quel est votre programme pour ces prochains jours?

Déjà, on va aller fêter un petit peu ce résultat à l’hôtel avant de retourner s’entraîner dès demain. Mardi, il y aura une pause puis un nouvel entraînement le lendemain avant le départ pour Predazzo jeudi.

La vie de sauteur à ski n’est pas simple…

Non, mais on s’habitue, on sait comment ça marche et on apprend à gérer ça.

Cette saison, grâce à vos qualifications, vous sautez plus qu’auparavant. C’est compliqué?

(Rires) En fait, c’est plutôt agréable car je peux manger plus le soir. On brûle pas mal de calories lors d’un saut. Ça fait du bien!

Laurent Morel, Bischofshofen