Johan Eliasch n’a pas résisté au front qui lui faisait face. Le Britannico-Suédois-Géorgien cède la présidence de la FIS au Liechtensteinois Alexander Ospelt qui a été élu ce jeudi matin à Belgrade au terme d’un scrutin serré.
Johan Eliasch a été renversé. Le Britannico-Suédois-Géorgien de 64 ans n’aura pas survécu aux derniers mois tumultueux. Il sera remplacé par Alexander Ospelt à la tête de la FIS. Le Liechtensteinois a été élu ce jeudi matin lors du Congrès de la FIS à Belgrade avec une seule voix d’avance. L’homme de la Principauté a reçu 65 votes des fédérations membres contre 64 pour le président sortant. Le vote s’est déroulé manuellement et non électroniquement, comme l’a demandé avant le scrutin Swiss-Ski.

Ce n’est pas une surprise de voir Johan Eliasch déchu de son trône. À la tête de la fédération internationale depuis 2021, le controversé président et patron de la marque Head a été au cœur de nombreuses polémiques durant l’ensemble de son mandat, celles-ci devenant toujours plus insistantes au cours des derniers mois. Critiqué par les athlètes, avec Marco Odermatt en tête d’affiche, non-soutenu par les principales fédérations de sports de neige, dont Swiss-Ski, Johan Eliasch n’avait même pas reçu le soutien de sa propre fédération, la Grande-Bretagne, qui lui a préféré Victoria Gosling pour se présenter à cette nouvelle présidentielle. Il a ainsi dû recevoir, en express, la nationalité… géorgienne, pour pouvoir officialiser sa candidature.
Il lui est surtout reproché un manque de transparence dans sa gestion de la fédération et d’avoir creusé un trou de près de 100 millions de francs dans les caisses de la FIS durant sa présidence. Cerise sur le gâteau (empoisonné), son CEO Urs Lehmann a claqué la porte la semaine dernière, après un nouveau différend.
Les athlètes au centre du projet et des idées
C’est donc Alexander Ospelt qui prend les rênes de la FIS, soutenu par les principales fédérations nationales dont la Suisse et l’Autriche. Avocat de 58 ans, le citoyen de la Principauté du Liechtenstein entend remettre les athlètes au centre des préoccupations principales de la fédération internationale des sports de neige. Dans un entretien accordé à Blick il y a quelques semaines, il avait lancé plusieurs idées, comme redéfinir le produit télévisuel du ski pour le rendre plus attractif, avoir des compétitions dans les villes ou organiser des Championnats du monde tous les ans, hors année olympique.
Des pistes que l’homme, qui se définit comme rassembleur, entend étudier en groupe et non pas forcément imposer comme son prédécesseur. « Je serai le président de tout le monde, soyons unis pour le sport », a lancé après son élection celui qui prendra ses fonctions ce soir à minuit. « Faisons un travail pour lequel les prochaines générations soient fières et faisons-le ensemble. » Une nouvelle ère s’ouvre désormais à la FIS et le changement, c’est peut-être pour maintenant.
Johan Tachet/SSW
