Philippe May, l’un des hommes les plus rapides de la planète skis aux pieds qui participe aux Mondiaux de ski de vitesse cette semaine, était l’invité de L’Après-Ski, l’émission 100% ski du Nouvelliste et de SkiActu.  

Comme les athlètes, L’Après-Ski entame la dernière ligne droite de la saison. Et à trois émissions de la fin de l’hiver, on a décidé d’aller vite. Très vite. L’invité? Philippe May, l’un des hommes les plus rapides skis aux pieds, qui va participer cette semaine aux Championnats du monde de ski de vitesse cette semaine à Vars.

Pour voir l’émission, c’est ici:


Repousser les limites à 55 ans

À 55 ans, Philippe May continue de relever des défis. Invité cette semaine aux championnats du monde à Vars, il s’élancera sur une pente dont le départ atteint 98 %. «Je n’y vais plus avec l’objectif absolu de la médaille d’or», reconnaît le triple vice-champion du monde, qui a figuré dix ans dans le top 3 mondial en Coupe du monde et dispute ses douzièmes Mondiaux. «Je veux surtout faire le mieux possible et me faire plaisir. J’ai la chance d’être en forme et j’ai besoin de défis pour avancer. J’aime les challenges.» 

La discipline la plus pure

Le ski de vitesse, ou kilomètre lancé (KL), est une discipline spectaculaire assez simple à comprendre puisqu’il s’agit d’aller le plus vite possible en ligne droite d’un point A à un point B. Pour Philippe May, cette simplicité fait toute la beauté du sport. «C’est la forme de compétition à ski la plus pure au monde.» Derrière cette apparente simplicité se cache pourtant une discipline exigeante, réservée à une élite. Le Valaisan fait d’ailleurs partie des sept hommes de l’histoire à avoir dépassé la barre mythique des 250 km/h. «250,00 exactement», sourit-il.

Un matériel venu d’ailleurs

Les kaélistes sont reconnaissables à leur équipement futuriste: casque très profilé, combinaison aérodynamique et skis impressionnants. «La FIS autorise un maximum de 2,40 mètres. Plus ils sont longs, plus on pourrait aller vite. Les miens font 2,38 mètres», explique Philippe May à sa paire de skis qui pèsent 14 kilos. Le casque, lui, est conçu avant tout pour la pénétration dans l’air. Et la sécurité? «J’ai suivi la controverse sur les casques en ski alpin. Hélas, je ne suis pas certain que les nôtres soient plus sûrs.»

L’avenir olympique?

Philippe May a découvert le KL lors des JO d’Albertville en 1992 où la discipline était sport de démonstration. «Il avait réalisé la deuxième audience télévisuelle derrière le patinage artistique.» Et si ce sport revenait au programme en 2030 aux JO en France? «On en a beaucoup parlé ces derniers mois. Les Alpes du Sud peuvent introduire de nouvelles disciplines. Et comme Vars se trouve dans cette région, que le recordman du monde Simon Billy (255,5 km/h) vient de là-bas, ça peut jouer en faveur du KL. On croise les doigts», note Philippe May. Qui serait au départ? «Il ne faut jamais dire jamais.»

Verbier, ancienne place forte

A l’époque, plusieurs Valaisans comme Ismaël Devènes ou Jonathan Moret évoluaient en Coupe du monde avec May. Les finales se déroulaient à Verbier entre 2003 et 2013. «C’étaient les plus belles années de mon sport en Suisse. Il y avait une vraie dynamique.» Aujourd’hui, la situation a changé. «La pyramide s’est inversée», regrette-t-il. Et une étape à Verbier n’est plus envisageable. «Quand on regarde aujourd’hui la face du Mont-Fort, on ne sait même plus où on passait. Le glacier a fondu. Ceux qui ne croient pas au dérèglement climatique en ont malheureusement une belle preuve.»

L’expérience comme alliée

Dans le ski de vitesse, l’expérience est déterminante. «Même si la nouvelle génération bouscule les codes en descente en alpin, il faut un temps d’adaptation pour performer. C’est encore plus le cas dans le KL. Avoir beaucoup de kilomètres à très haute vitesse donne un avantage.» Sur les compétitions, les vitesses augmentent progressivement. «On commence autour de 180 km/h, puis on monte gentiment sur la piste», explique-t-il. «C’est important pour la sécurité et pour prendre ses repères, parce que la montagne reste un élément naturel.» A plus de 200 km/h, la moindre irrégularité devient un défi. «Une vague qui ne représente rien à 160 km/h devient complètement différente à 220.»

Gregory Cassaz, Le Nouvelliste


Les émission de la saison 3:

20 – Daniel Yule et Matteo Joris
19 – Loïc Chable et Hugues Ansermoz
18 – Maximilien Drion
17 – Ramon Zenhäusern
16 – Greg Tuscher
15 – Justin Mursier et Didier Défago
14 – Armand Marchant et Sébastien Travelletti
13 – Fanny Smith
12 – Frédéric Favre
11 – pas d’émission
10 – William Besse et Dédé Marty
9 – Liam Rivera et Émilien Badoux
8 – Clément Noël et Gauthier de Tessières
7 – Mélanie Meillard et Gaëtan Constantin
6 – Amélie Klopfenstein & Laurent Donato
5 – Delphine Darbellay et Laura Herr
4 – Thomas Bussard et Jean-Philippe Fartaria
3 – Malorie Blanc, Patrice Morisod, Loane Dubuis et Julien Dubosson
2 – Loïc Meillard
1 – Wendy Holdener et Alexis Pinturault