Les Suisses ont peut-être manqué l’occasion de réaliser un gros coup lors du relais par équipes, trop maladroits au tir. Niklas Hartweg, le leader de cette équipe de Suisse, était le premier déçu par sa performance. Le résident de Wollerau revient également sur ses Jeux et sur la formidable ambiance qui règne à Antholz.
Sebastian Stalder, Joscha Burkhalter, Jeremy Finello et Niklas Hartweg se contenteront de la 8e place du relais 4×7,5 km. Mais le quatuor suisse aurait pu prétendre à un meilleur résultat. Si les deux premiers relayeurs se sont montrés adroits face à la cible et ont placé leurs coéquipiers dans le top 5, les deux derniers ont malheureusement péché sur le pas de tir. Niklas Hartweg, qui a commis quatre fautes, en était le premier désolé. L’homme aux deux podiums en Coupe du monde avoue ne pas être parvenu à régler la mire depuis le début de ces Jeux. Interview.
Niklas Hartweg, parvenez-vous à vous satisfaire de cette 8e place ou il y a avait mieux à faire?
Je pense que c’est un bon résultat pour nous. Un diplôme olympique, c’est évidemment quelque chose de très bien et on le prend volontiers. Aujourd’hui, beaucoup de choses auraient été possibles. Nous avions des skis extrêmement rapides, ce qui nous a permis d’accrocher la 8e place. Mais Je suis un peu déçu, parce que sur le dernier tour, je pense que nous avions les meilleurs skis et j’avais aussi les jambes les plus fraîches de mon groupe. Mais tactiquement, je n’ai pas été assez malin. C’est frustrant, car je pense que j’aurais pu aller chercher la 6e place si j’avais été un peu plus intelligent.
Qu’est-ce qui manque encore à cette équipe de Suisse pour assembler toutes les pièces du puzzle et aller chercher un podium dans un grand événement ou même en Coupe du monde?
Être parfait au tir. Avec des tours de pénalité, ce n’est tout simplement pas possible pour nous. Chacun doit être en mesure de réussir un sans-faute . Il nous faut une très bonne journée, de bonnes jambes, et naturellement, lorsque les grandes nations réalisent une course parfaite, nous ne sommes pas encore assez forts. Dans cette situation, il faut aussi espérer que les autres nations commettent des erreurs. Aujourd’hui, nous n’étions pas loin sans ces tours de pénalité. On voit que ça peut aller très vite et qu’on peut alors se retrouver dans le coup.
Personnellement avec une 59e place lors de l’individuel, une 17e en sprint, une 27e en poursuite, avant la mass start de vendredi, comment analysez-vous vos performances dans ces Jeux?
Moyennes. Je crois que je n’ai jamais été aussi mauvais au tir que durant toute ma carrière. Et lorsque ça ne rentre pas, c’est difficile d’être performant. Pourtant, physiquement, la forme est bonne. J’ai du bon matériel, je skie bien, mais je tire mal. Cela démontre encore une fois qu’aux Jeux olympiques, tous les quatre ans, tout se joue sur deux semaines. En biathlon,énormément d’éléments doivent s’aligner pour obtenir de bons résultats. Jusqu’ici, ce n’est malheureusement pas le cas, mais ce n’est pas encore terminé.
Vous avez la chance d’évoluer dans ces Jeux dans le chaudron d’Antholz. Peu de sites olympiques peuvent se targuer d’avoir une telle ambiance. Vous en profitez?
C’est fantastique. C’est tellement beau d’avoir la famille, les amis, les cousines, les sœurs, tous présents ici. Il y a aussi des fans de tellement de pays différents. Habituellement, il y a surtout des Allemands, mais ici, on sent que les supporters viennent vraiment de partout. Ils sont encore un peu plus tendus, plus bruyants, plus euphoriques. On le ressent vraiment. Franchement, c’est vraiment cool.
Le point négatif, si on doit en trouver un, c’est l’éloignement du biathlon par rapport aux autres sports et le fait que l’esprit ressemble davantage à celle d’une Coupe du monde plutôt qu’à celui des Jeux olympiques?
C’est clairement différent. Ce n’est pas comparable aux Jeux olympiques d’été, où tout le monde vit dans un même village. Il y a quatre ans à Pékin, il y avait aussi d’autres sports et c’était sympa de manger avec des amis du freestyle ou d’aller voir d’autres compétitions après nos courses. Ça, c’est aussi l’esprit olympique. Ici, c’est un peu différent. Mais d’un autre côté, c’est une bonne chose, car je pense que c’est l’avenir des Jeux olympiques si l’on veut qu’ils soient durables, sans tout reconstruire à chaque fois. À mes yeux, les avantages sont bien plus grands que les inconvénients de ne pas être tous réunis au même endroit. Et c’est beau comme ça.
Johan Tachet, Antholz
