À moins d’un mois désormais de l’ouverture des Jeux olympiques de Milan-Cortina, petit point sur les différents athlètes helvétiques ayant déjà rempli les critères de qualification demandés par Swiss Olympic. Et ça fait du beau monde en perspective.

Si aucune sélection officielle n’est encore tombée, le nom des premiers Suisses retenus pour les Jeux olympiques 2026 ne devrait pas tarder à être partagé par Swiss Olympic. Mais la saison de sports d’hiver bat son plein et en attendant, petit point sur les différents prétendants dans les sports de neige.

Ski alpin – La hiérarchie se dessine

En tant que discipline reine dans le pays, difficile de ne pas débuter avec le ski alpin, qu’il faut évidemment aborder discipline par discipline. Pour rappel, chaque nation, à condition d’avoir les quotas suffisants (ce qui est le cas pour la Suisse), peut aligner un total de 11 skieuses et de 11 skieurs avec quatre d’entre-eux au départ de chaque épreuve. En Suisse, il a été décidé qu’un top 7 en Coupe du monde ou deux top 15 sont les critères nécessaires à une qualification. Bien sûr, des exceptions (potentiel de médaille ou de diplôme à moyen terme, retour de blessure, etc.) existent.

Ski alpin féminin – Encore du chemin

Côté féminin, après trois descentes seulement, Malorie Blanc (13e à Saint-Moritz) et Jasmine Flury (11e en Engadine) ont rempli la moitié des demandes et il ne fait que peu de doutes de les retrouver au départ sur l’Olimpia delle Tofane de Cortina d’Ampezzo. Cela devrait aussi être le cas de la tenante du titre Corinne Suter, si la Schwytzoise revient de blessure à temps. Jasmina Suter, Janine Schmitt, Delia Durrer, Priska Ming-Nufer et Joana Hählen devraient se disputer la place restante.

En super-G, Malorie Blanc est qualifiée grâce à sa belle 6e place de Saint-Moritz. Jasmina Suter (12e dans les Grisons) a rempli la moitié des critères. Les autres prétendantes sont à priori les mêmes qu’en descente. Il y a fort à parier que même si toutes les skieuses ne remplissent pas l’entier des demandes, Swiss Olympic et Swiss-Ski se montreront cléments, afin d’avoir quatre spécialistes de vitesse au départ de l’épreuve de combiné par équipe.

Camille Rast sera une candidate aux médailles à Cortina d’Ampezzo. (Alexis Boichard/Zoom)

En géant, Lara Gut-Behrami avait évidemment son ticket en poche, mais comme Michelle Gisin, elle doit déclarer forfait sur blessure. La grande leader de l’équipe de Suisse sera logiquement Camille Rast, qui vient de décrocher sa première victoire dans la discipline à Kranjska Gora. La Valaisanne sera probablement accompagnée de Wendy Holdener (15e à Semmering) tandis que Sue Piller pourrait aussi être de la partie, grâce à d’excellents débuts en Coupe du monde et pour engranger de l’expérience, alors qu’elle n’a que 20 ans et du potentiel à revendre. L’ultime place pourrait revenir à Vanessa Kasper, Simone Wild ou Dania Allenbach (18 ans), qui vient de marquer des points pour ses débuts parmi l’élite. À moins que les décideurs choisissent de ne pas remplir les quotas.

La problématique est assez similaire en slalom, discipline dans laquelle Camille Rast vient de battre Mikaela Shiffrin pour la première fois de la saison en Slovénie. Wendy Holdener, sur son premier podium de l’hiver dimanche à Kranjska Gora, sera à coup sûr de la fête. Derrière, difficile de faire des pronostics. Anuk Brändli (22 ans, 14e à Courchevel), Eliane Christen (9e à Semmering) et Mélanie Meillard (12e à Kranjska Gora) ont rempli la moitié des critères. Aline Danioth, Aline Höpli, Nicole Good et Janine Mächler peuvent encore rêver des anneaux olympiques.

Ski alpin masculin – Choix cornélien en vue

Si seules trois skieuses sont pour l’heure qualifiées pour les Jeux, le problème est inverse côté masculin. En descente, trois courses ont eu lieu jusqu’à aujourd’hui (à Beaver Creek et deux à Val Gardena). Deux fois vainqueur et une fois 2e, Marco Odermatt sera évidemment au rendez-vous. Même constat pour le champion du monde Franjo von Allmen, 4e, 2e et vainqueur. Derrière, Alexis Monney (deux fois 9e), Alessio Miggiano (5e de la deuxième descente italienne) et Niels Hintermann (7e de la même course) ont obtenu les résultats demandés. Mais il faudra faire des choix. Les entraîneurs pourraient décider de ne pas emmener tout le monde, ou alors d’effectuer des sélections internes lors des entraînements officiels à Bormio. Surtout que Stefan Rogentin (8e à Beaver Creek), Marco Kohler (11e à Val Gardena) et Justin Murisier (7e descendeur mondial l’hiver dernier et toujours très fort sur la Stelvio) n’ont pas dit leur dernier mot. Lars Rösti et Livio Hiltbrand veulent eux aussi encore y croire.

En super-G, le constat est similaire. Tous trois montés sur le podium. Marco Odermatt (2e à Val Gardena), Alexis Monney (2e à Livigno) et Franjo von Allmen (3e à Livigno) seront à n’en pas douter de la partie. Stefan Rogentin (8e des trois super-G disputés) a largement rempli les critères. C’est aussi le cas de Loïc Meillard (7e à Livigno), tandis que Marco Kohler a pris la 11e place en Lombardie. Et Justin Murisier, Arnaud Boisset voire Lenz Hächler veulent encore y croire. Ils devront briller à Wengen ou Kitzbühel pour décrocher leur ticket olympique. Les entraîneurs risquent d’avoir des maux de tête au moment de faire des choix…

Loïc Meillard, prêt à s’envoler vers une première médaille olympique. (Alexis Boichard/Zoom)

En géant, la hiérarchie est plus claire. Grâce notamment à ses succès à Sölden et Beaver Creek, Marco Odermatt défendra son titre sur la Stelvio en février. Vainqueur à Val d’Isère, Loïc Meillard sera lui aussi un des grands favoris en Italie, tandis que Luca Aerni devrait en être, grâce à son podium (3e à Val d’Isère). Derrière, Thomas Tumler a lui aussi rempli les critères. Lenz Hächler, qui représente peut-être le futur, n’a pas encore réussi les résultats qui lui permettraient de rêver aux Jeux.

Enfin, en slalom, la donne est assez claire pour le moment. Sur le podium à Val d’Isère et Alta Badia, le champion du monde Loïc Meillard sera le leader helvétique. Il sera accompagné à coup sûr par Tanguy Nef, deuxième Suisse le plus régulier et notamment 5e à Gurgl. Daniel Yule (11e à Gurgl) et Matthias Iten (10e à Val d’Isère) ont rempli la moitié du contrat. Mais les Classiques de janvier pourraient rebattre les cartes car Marc Rochat, Ramon Zenhäusern et Luca Aerni continuent d’y croire, notamment après leurs résultats des dernières saison. Surtout, le champion du monde de combiné part avec un vrai avantage, puisqu’il peut disputer deux disciplines et n’ajouterai pas un des 11 skieurs autorisés au total, en sachant que 10 Suisses ont déjà rempli l’entier des critères pour disputer au moins une épreuve olympique. À coup sûr, les quatre places du slalom seront toutefois utilisées car ces différents athlètes participeront également à l’épreuve de combiné par équipes. Il reste encore trois slaloms pour réussir les minima: Adelboden, Wengen et Kitzbühel. Celui de Schladming est hors délai.

Skicross – Il faudra faire des choix

Pour le skicross, Swiss Olympic a décidé de prendre en compte la saison dernière et la saison actuelle, peu d’épreuves ayant eu lieu jusqu’à maintenant. Dans ce cadre, est requis un podium lors des derniers Championnats du monde et un top 8 en Coupe du monde 2025-2026, un podium au classement général de la dernière Coupe du monde et un top huit en Coupe du monde la saison dernière ou deux podiums cette saison. Il existe également des minimas B.

Pour y voir plus clair, Fanny Smith sera évidemment retenue. Elle est la seule Suissesse à avoir rempli les critères A. Avec elle, on devrait logiquement retrouver Talina Gantenbein, Saskja Lack, Sixtine Cousin, Nathalie Schär ou Isabelle Zippert. Il faudra choisir trois des quatre athlètes ayant réussi les critères B.

Ryan Regez et Alex Fiva avaient signé un magnifique doublé en Chine. (Christophe Pallot/Zoom)

Côté masculin, difficile d’imaginer un doublé comme il y a quatre ans. Grâce à son titre mondial en Engadine en mars dernier, le tenant du titre Ryan Regez est toutefois qualifié. Le médaillé d’argent de Pékin Alex Fiva et Tobias Baur ont rempli les critères B et il y a fort à parier qu’ils seront au départ à Livigno en février. Enfin, la dernière place pourrait revenir à Romain Détraz, Gil Martin ou Sandro Lohner qui ont eux aussi réussi les demandes B de Swiss Olympic. À moins que le vétéran Jonas Lenherr (36 ans), de retour de blessure, soit priorisé.

Ski acrobatique – Deux garçons, une fille

Sans la moindre surprise, les leaders helvétiques Noé Roth et Pirmin Werner vont être sélectionnés. Les deux hommes avaient terminé sur le podium (respectivement 1er et 3e) de l’épreuve pré-olympique en mars 2025 à Livigno. La question réside dans la sélection ou non de Lina Kozomara. Après les retraites de Carol Bouvard, Alexandra Bär et Ursina Platz ces dernières années, c’est sur ses épaules que repose l’espoir d’une médaille par équipe pour la Suisse, quatre ans après la déception de la 4e place de Pékin. Cette saison, pour ses débuts en Coupe du monde, la Zurichoise compte deux 20es places. Pas suffisant en terme de critères pour Swiss Olympic… Mais elle a été médaillée de bronze par équipes lors des derniers Championnats du monde en Engadine, alors l’espoir est permis. Surtout que la Zurichoise n’a que 20 ans et est en pleine progression.

Bosses – Un mince espoir

Si les Suisses ne sont pas forcément attendus dans cette discipline traditionnelle du ski, il reste une petite chance aux spécialistes rouges à croix blanche de se qualifier. Il n’y a en effet eu qu’un week-end de compétition, à Ruka, jusqu’à maintenant. Enea Buzzi (21 ans) et Martino Conedera (23 ans) veulent y croire mais auront besoin d’un gros résultat pour rêver à un ticket olympique. Paolo Pascarella n’a lui pas encore fait son retour à la compétition après sa blessure subie en fin de saison dernière. Si les Tessinois vont aux Jeux, ce sera probablement grâce à une dérogation car on les imagine mal réussir les critères, même B (deux top 20). D’ailleurs, en l’état actuel, la Suisse ne dispose pas de quota. Côté féminin, c’est le néant.

Freeski – Des places à prendre

Comment ne pas commencer par le slopestyle et le Big Air, qui devrait être disputé par les mêmes athlètes, contingents limités obligent. La championne olympique et championne du monde en titre Mathilde Gremaud sera bien évidemment de la partie, tout comme Sarah Höfflin, médaillée d’argent en Big Air à Saint-Moritz en fin de saison dernière. De retour de blessure, Giulia Tanno a prouvé qu’elle se rapprochait de son meilleur niveau grâce notamment à sa 5e place à Secret Garden et sa 6e à Steamboat, toujours en Big Air, synonymes de critères B. Elle sera à n’en pas douter au rendez-vous en février à Livigno. Septième à Pékin, Anouk Andraska a également rempli les critères B. Si l’Appenzelloise fait partie des 30 meilleures mondiales, ce qui est actuellement le cas, elle en sera.

Mathilde Gremaud avait conquis l’or olympique en slopestyle à Pékin. (Christophe Pallot/Zoom)

Côté masculin, la meilleure chance de médaille helvétique se nomme Andri Ragettli. Pourtant, le Grison n’a pas encore officiellement validé son ticket pour Livigno, puisqu’il n’a pas disputé la moindre compétition cet hiver. Il faut dire que la saison de slopestyle n’a pas encore été lancée, après l’annulation de Stubai. S’il est en bonne santé, sa présence ne fait toutefois pas vraiment de doute. Derrière lui, Kim Gubser et Fabian Bösch devraient se qualifier. Ils ont rempli les critères B et font surtout partie du top 30 mondial. Colin Wili également, mais de peu. Et derrière, Valentin Morel (de retour de blessure), Thierry Wili, Fadri Rhyner, Gian Andri Bolinger et Viktor Aleksander Maksyagin poussent. Pourront-ils arracher une place à la dernière minute? Réponse d’ici quelques jours, après les épreuves de Laax notamment.

En halfpipe, il n’y aura pas de Suissesse après la grave blessure au genou droit de Zoe van Essen. Dommage. En revanche, Robin Briguet est tout proche des critères B et fait tout juste partie du top 30 mondial. Souvent blessé ces dernières années, le Valaisan pourrait participer à ses troisièmes Jeux olympiques si les dirigeants décident de lui accorder leur confiance. Rafael Kreienbühl a lui mis un terme à sa carrière. Deux athlètes suisses pourront participer, alors que le Grison fait partie du top 30 mondial (34e officiellement). Ainsi, la bonne surprise pourrait venir d’Alan Bornet. Le Valaisan avait décroché le bronze aux Jeux olympiques de la Jeunesse de Gangwon il y a deux ans. Retenu pour les derniers Championnats du monde, il avait pris une honorable 22e place. Cette saison, le rider de 18 ans a fait ses débuts en Coupe du monde (32e à Secret Garden, 29e à Copper Mountain). Désormais 49e dans la hiérarchie « olympique », il pourrait être retenu sur son potentiel. Il fait en tout cas partie du top 30 si l’on enlève les très nombreux athlètes qui n’iront pas aux Jeux devant lui car étant plus que quatre de leur pays.

Snowboard alpin – Les vétérans veulent y croire

Julie Zogg et Ladina Caviezel arrêteront à la fin de la saison mais espèrent briller une dernière fois en géant parallèle, unique discipline au programme à Livigno. Elles ont rempli les critères B et seront à n’en pas douter au rendez-vous. Flurina Neva Bätschi (22 ans) est dans la même situation. Derrière, Jessica Keiser et Xenia von Siebenthal sont en ballotage. Côté masculin, Dario Caviezel (qui a rempli les critères B) sera retenu. Gian Casanova doit lui réussir au moins un top 16 cette saison pour avoir cette chance. Au total, la Suisse pourra envoyer 4 snowboardeuses et 2 snowboardeurs.

Snowboardcross – La jeunesse au pouvoir

Même constat pour le snowboardcross que pour le snowboard alpin, puisque la Suisse sera potentiellement représentée par quatre dames et deux messieurs. Difficile de se faire toutefois une idée après seulement une (!) épreuve cette saison. Pour autant, Sina Siegenthaler et Noémie Wiedmer devraient être retenues puisqu’elles ont largement rempli les critères B. Aline Albrecht sort d’une saison solide et sera à n’en pas douter également au départ. Y aura-t-il une quatrième athlète sélectionnée (Luana Bianchi?)? Rien n’est moins sûr. Chez les messieurs, Kalle Koblet a rempli les critères B et Valerio Jud reste sur une saison honorable, ponctuée d’une médaille de bronze par équipes lors des Championnats du monde aux côtés de Sina Siegenthaler. Les deux hommes représenteront la Suisse, à priori.

Snowboard freestyle – La jeunesse et des retours de blessure

Commençons par le slopestyle et le Big Air. Pour l’instant, la Suisse ne dispose que d’une seule place chez les snowboardeuses et aucune chez les snowboardeurs. Côté féminin, Arianne Burri a déjà quasiment validé son ticket, à la faveur notamment de sa 4e place en Big Air à Pékin début décembre. Seuls les critères B sont remplis, mais ils devraient largement suffire. Pour Andrina Salis, ce sera moins évident. La Grisonne pourrait toutefois bénéficier de la chance donnée aux espoirs puisqu’elle n’a que 20 ans si un quota se libère. Côté masculin, c’est plus compliqué. Jonas Hasler, on y reviendra, pourrait éventuellement participer au slopestyle et/ou au Big Air en plus du halfpipe. Nicolas Huber a recommencé à snowboarder après sa blessure au dos subie en début de saison. Le trublion zurichois n’est toutefois pas sûr d’être dans le top 30 mondial…

C’est du côté du halfpipe qu’il faudra se tourner pour retrouver un contingent helvétique plus étoffé. En l’absence de Berenice Wicki, blessée, Isabelle Lötscher sera la leader helvétique. Même sans limite A, son podium à Calgary lui assure évidemment sa place. Soha Janett (18 ans) et Lura Wick (17 ans) n’auront à priori ni les critères, ni les quotas. Mais la jeunesse pourrait là-aussi jouer en leur faveur. Surtout qu’elles sont à la limite du top 30 mondial, si on n’en garde que quatre athlètes par nation.

Côté masculin, une solide équipe sera présente à Livigno. Grâce à sa deuxième place à Calgary devant Pat Burgener (désormais Brésilien), David Hablützel devrait en être. Le Zurichois a dû faire face à de nombreuses blessures ces dernières années mais revient en forme au meilleur des moments. Médaillé de bronze à Pékin mais souvent blessé ces derniers mois, Jan Scherrer devrait pouvoir bénéficier de son statut pour obtenir un ticket. Il a quasiment réussi les minimas B. Excellent 4e à Calgary, Jonas Hasler a passé les critères B. L’espoir sera à coup sûr au rendez-vous italien. Cela semble également possible, mais pas assuré, pour Mischa Zürcher (17 ans). Pour rappel, Iouri Podladtchikov espérait faire un retour en fanfare mais une blessure à un genou la saison dernière et une autre en début de saison ne lui laissent que peu d’espoir de se qualifier.

Ski de fond – Les sprinteurs privilégiés

Six fondeuses et cinq fondeurs suisses devraient avoir la chance de participer aux Jeux olympiques sur les pistes du Val di Fiemme. Et dans ce cas, il va falloir se montrer tactique, puisque Swiss-Ski va très certainement privilégier des athlètes performants dans les disciplines de sprint, là où les chances de médailles sont les plus grandes, au détriment de la distance et, donc, des relais.

Ei si Nadine Fähndrich et Anja Weber nous refaisaient le coup des Mondiaux de Trondheim après leur médaille de bronze en sprint par équipes. (Christophe Pallot/Zoom)

Après leur médaille la saison dernière lors des Championnats du monde de Trondheim, Nadine Fähndrich et Anja Weber avaient déjà rempli les critères et seront des candidates pour du métal en Italie. Nadja Kälin, qui a réalisé plusieurs résultats dans le top 15 en Coupe du monde, sera la leader suisse en distance. Lea Fischer, avec deux top 25 en Coupe du monde, a également rempli les critères de sélection. Deux places sont encore à pourvoir dans le clan helvétique féminin. Celles-ci se disputeront entre Alina Meier, Marina Kälin et Giuliana Werro, avec un avantage aux points pour les deux premières citées.

Chez les messieurs, Valerio Grond et Janik Riebli seront également de sérieux outsiders, notamment en sprint par équipes. Les deux jeunes sprinteurs grisons Isai Näff, grâce à sa médaille aux Mondiaux juniors à Schilpario l’hiver dernier et sa 15e place en sprint à Ruka en Coupe du monde, et Roman Alder, qui compte deux top 25 en Coupe du monde, ont également réussi les minima olympiques. En distance, Beda Klee a validé son pass avec une 14e place lors du 20 km mass start de Ruka en début de saison.

Attention toutefois, la période de sélection n’est pas terminée. Les compétitions d’Oberhof et de Conches, dans le Haut-Valais, pourront également permettre à d’autres athlètes suisses de réaliser les critères de sélection proposés par Swiss-Ski. On pense notamment à Jason Rüesch qui a un demi-ticket après sa 16e place sur le 20 km mass start de Ruka.

Saut à ski – Cinq sauteurs pour 3 places

Ils sont déjà cinq sauteurs à avoir rempli les critères de sélection. Swiss-Ski ne pensait certainement pas devoir départager certains athlètes, au contraire, plutôt devoir en repêcher l’un ou l’autre. Ce qui est certain c’est que seuls trois sauteurs seront sélectionnés, car l’équipe de Suisse n’a pas réussi à remplir les obligations de la FIS pour pouvoir participer au concours par équipes messieurs.

Dans cette configuration, Gregor Deschwanden et Sandro Hauswirth, qui accumulent les bons résultats ces dernières semaines en se classant régulièrement dans le top 20, sont pratiquement certains de voler sur les tremplins de Predazzo. Ensuite il restera une place à pourvoir entre Simon Ammann, Juri Kesseli et Felix Trunz. Les trois hommes ont rempli les minima en se classant une fois dans le top 15 d’une épreuve du Grand Prix d’été et confirmant avec un top 25 en Coupe du monde. C’était pour tous les trois à Engelberg. Reste à savoir si les décideurs vont offrir à la légende Simon Ammann une huitième participation olympique, ce qui représenterait un record pour des Jeux d’hiver, ou vont privilégier la jeunesse et le futur en permettant à l’un des deux jeunes sauteurs de 20 et 19 ans d’acquérir de l’expérience.

Gregor Deschwanden sera le leader de l’équipe de Suisse de saut à ski. (Mateo Sgambato/Zoom)

Killian Peier n’est pas encore non plus totalement écarté. Grâce à son 15e rang dans le Val di Fiemme au Grand Prix d’été, le Vaudois peut encore réussir les minima, à condition qu’il accroche une place dans le top 25 à Zakopane dans dix jours en Coupe du monde ou lors des Championnats du monde de vol à ski à Oberstdorf dans deux semaines.

Chez les dames, Sina Arnet a largement rempli les critères en se classant notamment dans le top 15 à Falun (13e). Une seconde sauteuse devrait également être de la partie afin de compléter l’équipe de Suisse pour le concours par équipes mixte. À ce petit jeu, c’est Rea Kindlimann qui est la mieux placée. La Zurichoise avait participé à l’épreuve de Coupe du monde mixte à Lillehammer en ce début d’hiver. Simone Buff, l’autre sauteuse potentielle qui écume le circuit intercontinental, part de trop loin.

Combiné nordique – Seul Pascal Müller au rendez-vous

En combiné nordique, la Suisse pourrait aligner deux athlètes masculins selon les quotas accordés par la FIS. Mais il est fort à parier que seul Pascal Müller sera du voyage dans le Nord de l’Italie. Le Glaronais de 24 ans est bien loin d’avoir rempli les critères de sélection qui demandent deux top 25 en Coupe du monde cet hiver, mais il est le seul véritable spécialiste de la discipline. Il est aussi possible que Swiss Olympic sélectionne le jeune Finn Kempf (19 ans), 8e aux Jeux olympiques de la Jeunesse à Gangwon il y a deux ans et qui fait ses armes actuellement en Coupe d’Europe.

Biathlon – Plusieurs athlètes repêchés

Selon les classements par nations, la Suisse va bénéficier de 10 places, soit pour cinq messieurs et cinq dames. En montant sur le podium en Coupe du monde l’hiver dernier et en confirmant avec des résultats probants cette saison, Amy Baserga a logiquement et facilement rempli les critères de sélection. Lea Meier a également réussi les minima en se classant 14e de la poursuite d’Hochfilzen. Pour compléter le groupe, Lena Häcki-Gross, qui connaît un début de saison très difficile, devrait être du voyage à Antholz, grâce à ses résultats solides de l’hiver dernier. Aita Gasparin devrait être la quatrième biathlète suisse. Reste à savoir si Swiss Olympic va retenir une cinquième spécialiste, peut-être en tant que remplaçante, sachant qu’aucune autre n’a réussi à marquer des points cette saison.

Amy Baserga est peut-être la seule biathlète suisse à pouvoir jouer une médaille en Italie. (Kevin Voigt/Zoom)

Chez les messieurs, Joscha Burkhalter et Sebastian Stalder sont entrés à plusieurs reprises dans le top 25 cet hiver et ont donc leur billet pour les Jeux en poche. Niklas Hartweg devrait en être aussi, pour autant que le Schwytzois revienne à temps pour les Jeux. Le résident de Wollerau, qui avait été victime d’un accident de wakeboard cet été, n’a plus concouru en Coupe du monde depuis le week-end d’ouverture de l’hiver à Östersund après avoir contracté un méchant virus. Il reste à savoir qui accompagnera les trois hommes. Très certainement que Swiss Olympic va retenir deux biathlètes dans le cas où Niklas Hartweg serait dans l’incapacité de concourir. Ainsi, le Genevois Jeremy Finello, le Fribourgeois James Pacal, Matthias Riebli et Dajan Danuser sont en concurrence. James Pacal semble peut-être avoir une petite avance sur ses concurrents après sa médaille aux Mondiaux juniors l’hiver passé.

Ski-alpinisme – Une bataille acharnée

Pour les grands débuts olympiques de la discipline, les quatre Suisses retenus seront évidemment parmi les favoris à surveiller. Oui, mais qui? Côté féminin, la donne est assez claire. Marianne Fatton fait partie des meilleures sprinteuses de la planète et il n’y a aucune raison de ne pas la retrouver au départ en février à Bormio. Sauf énorme surprise, Caroline Ulrich accompagnera la Neuchâteloise puisqu’elle a également prouvé sa capacité à briller en sprint et en relais mixte. Thibe Deseyn devrait malheureusement rester sur le carreau.

Chez les messieurs, c’est plus compliqué même si Jon Kistler et Arno Lietha partent avec un petit avantage. Mais les jumeaux Robin et Thomas Bussard y croient encore, eux qui ne sont pas très loin dans la hiérarchie mondiale. Le premier nommé avait décroché le bronze en relais mixte lors des Championnats du monde en mars à Morgins. Ses trois « concurrents » avaient terminé dans un mouchoir de poche aux 3e, 4e et 5e rangs respectifs de l’épreuve de sprint…

Johan Tachet & Laurent Morel