L’Italo-Albanaise a fait un tabac dès la première course de la saison, avec de nouvelles spatules et un visage bien connu à ses côtés. En plus de viser une première victoire en Coupe du monde, elle pourrait aussi se mettre à la vitesse. Réaction.
Un seul centième a manqué pour que Lara Colturi remporte sa première victoire en Coupe du monde à Sölden samedi. La jeune Italienne qui représente l’Albanie avait beau avoir de nouveaux skis aux pieds et un nouveau coach à ses côtés, on aurait dit une course de routine lorsqu’elle s’est élancée sur le glacier du Rettenbach.
Peu avant l’ouverture de la saison, l’annonce que la skieuse de 19 ans avait recruté l’ancien champion français Johan Clarey dans son équipe avait étonné. Elle avait aussi quitté son équipementier de longue date Blizzard cet été pour rejoindre la prestigieuse marque Head. Deux changements qui demanderaient normalement un temps d’adaptation. Mais comme pour Paula Moltzan, qui s’est offert une première victoire en Coupe du monde à Sölden avec ses nouveaux skis Van Deer, toutes les pièces du puzzle semblent parfaitement s’emboîter en ce moment pour Lara Colturi.
Des sensations fraîches
« C’était mon idée », a expliqué la technicienne, parfaitement à l’aise en français, à propos de sa décision de faire appel à Johan Clarey, le médaillé d’argent de descente de Pékin 2022. Entourée depuis toujours par ses parents – sa mère est l’ancienne championne olympique Daniela Ceccarelli – elle a voulu insuffler un nouveau souffle à son entraînement, surtout en vitesse. « Je leur ai dit que j’ai besoin de quelqu’un qui arrive du dehors, qui a des sensations fraîches et qui sait ce qu’il faut me dire quand je suis au départ ou quand on fait de la reco. Quelqu’un qui me donne de la confiance surtout. » C’est donc elle qui a contacté le skieur de Tignes, retraité du Cirque blanc depuis trois ans et qui était partant. Les deux n’ont commencé à travailler ensemble que deux semaines avant Sölden, mais la collaboration porte déjà ses fruits. «Il me donne aussi des bons conseils en géant comme on a vu aujourd’hui, et ça marche », s’est enthousiasmée celle qui a fini 2e du jour.
Pas de tests
Ce qui marche également c’est son nouveau matériel. « C’est la première fois que je change de skis, mais je me suis adaptée tout de suite. Dès le premier jour, je me suis vraiment sentie bien. » Lara Colturi n’est pas une skieuse compliquée. « J’ai dit : je veux un setup et ce sera le setup de la saison. Je ne veux pas tester, je ne veux que me concentrer sur mon ski. » L’approche semble être la bonne. À l’entraînement à Sölden, une semaine avant la course et même sans chrono, elle était clairement déjà très rapide. Samedi en compétition : « C’est parti tout seul », a-t-elle noté, amusée.
Une 3e discipline?
Son seul départ en super-G en Coupe du monde date de 2022 à Saint-Moritz, mais celle qui compte désormais huit podiums en géant et en slalom pourrait bien se lancer plus régulièrement dans une troisième discipline, en commençant dans la station grisonne en décembre. « Je ne sais pas trop quelle course je vais faire. C’est sûr que je ne vais pas faire tous les super-G. Ça dépend comment je vais me sentir », a noté la native de Turin, qui s’est justement entraînée en super-G à la fin de la saison passée.
Au final, cela dépendra du calendrier. « Si je ne me sens pas prête, avec pas assez d’énergie, je ne veux pas prendre de risques. Mais avec Johan, c’est sûr que ça me donne un peu plus de confiance pour ouvrir le chrono. » Déjà pressentie comme une championne lors de son premier départ en Coupe du monde il y a quatre ans, Lara Colturi va certainement faire retentir l’hymne de l’Albanie pour la première fois sur le Cirque blanc d’ici peu. La seule question est: dans quelle discipline?
Sim Sim Wissgott, de retour de Sölden
