Des problèmes financiers et le départ soudain de plusieurs collaborateurs de longue date occupent la FIS en ce début de saison. Le nouveau duo à sa tête, composé d’Alexander Ospelt et d’Urs Lehmann, a de gros projets pour se sortir d’un trou laissé par l’ancien président.
Un gros trou dans la crousille et des départs très remarqués: alors que la saison n’a pas encore commencé, la FIS a déjà pas mal de ménage à faire. L’arrivée d’un nouveau président, le Liechtensteinois Alexander Ospelt, élu en juin, a entraîné de grands changements au sein de la fédération internationale de ski.
Sous son précédent président, Johan Eliasch, la FIS a vu ses fonds littéralement fondre – de 81 à 43 millions de francs suisses, comme l’a révélé la fédération au début du mois. « Nous avons un déficit structurel d’environ 18 millions par année. Nous devons économiser au moins 10-12% rien que pour finir à zéro financièrement », a expliqué son secrétaire général ad intérim Urs Lehmann vendredi à Sölden, en mettant cela sur le dos de son ancient chef.
Quelques mauvaises décisions
« La FIS a lancé la plus grande transformation de son existence » et l’idée de Johan Eliasch – d’adapter les sports de neige pour le 21e siècle — était bonne à la base, « mais il y a eu quelques mauvaises décisions, des décisions qui nous ont fait mal financièrement, et maintenant nous en subissons les conséquences », a noté l’ancien patron de Swiss-Ski, en décrivant la situation actuelle comme « la plus difficile, financièrement, que la FIS ait jamais connue de toute son histoire ».
Réduire les dépenses, trouver de nouvelles sources de revenus et arriver à de nouveaux partenariats: la FIS gratte de tous les côtés. « Nous avons déjà reçu des offres très intéressantes », a assuré Alexander Ospelt lors de la même conférence de presse, sans entrer dans les détails.
Plusieurs départs remarqués
Le départ de plusieurs collaborateurs de longue date a toutefois déjà suscité des rumeurs de différends au sein de la FIS. Sous Johan Eliasch, les coûts de personnel ont explosé. « Lorsque j’ai commencé, il y avait 10 personnes dans le bureau du président. J’ai réduit cela très vite. C’était difficile, mais nécessaire », a expliqué son successeur. Parmi ces personnes figurait, selon le Blick, Giulia Candiago, longtemps responsable de la communication pour le ski alpin et pour qui un nouveau poste a été créé en 2025 en charge des relations externes de la FIS. Celle-ci a en effet annoncé son départ sur ses réseaux sociaux la semaine dernière, mais sans en donner les raisons.
Un autre départ, moins lié aux problèmes financiers peut-être, mais plus problématique pour la FIS, est celui de Markus Waldner, directeur des courses et un personnage bien connu des fans, qui a annoncé qu’il quitterait ses fonctions à la fin de la saison.
La « transformation » continue
« Nous sommes très tristes que cela arrive maintenant et cela m’a un peu surpris, mais Markus a déjà dit au printemps qu’il n’était pas sûr qu’il pourrait continuer ce job très longtemps », a noté Urs Lehmann. Outre la pression d’assurer la bonne tenue des courses et les longues heures passées sur la montagne par tous les temps, de nouvelles procédures et façons de travailler liées à la « transformation » de la FIS ont contribué à la décision de l’Italien, a quand même avoué l’Argovien. Des discussions sont en cours pour trouver un remplaçant – « nous y sommes presque », selon Alexander Ospelt – et pour garder Markus Waldner à la FIS dans une autre capacité.
Mais selon le quotidien autrichien Kronen Zeitung, le directeur des épreuves de vitesse Hannes Trinkl songerait aussi maintenant à quitter ses fonctions. Les Championnats du monde à Narvik en 2029, un autre grand projet de la FIS, ont subi un revers cette semaine lorsque la station norvégienne a annoncé qu’elle ne pourrait finalement pas accueillir la Coupe du monde féminine en mars, vu que le site n’est pas encore prêt. Et Alexander Ospelt doit encore convaincre de nombreux athlètes que son idée d’organiser des Championnats du monde tous les ans, hors année olympique, a du bon. La FIS et son nouveau patron ont du pain sur la planche.
Sim Sim Wissgott, Sölden
