Sur un piste qui ne lui a jamais convenu, Loïc Meillard est parvenu à monter sur le podium pour lancer parfaitement son hiver. Derrière le Valaisan, Marco Odermatt a également réussi ses débuts, mais le Nidwaldien sait qu’il possède encore une marge de progression. Réactions.
Dans l’aire d’arrivée de Sölden résonnent les cris de joie de tous les membres de l’équipe de Suisse qui portent Loïc Meillard et Marco Odermatt sur leurs épaules, pour une photo, promesse de futurs succès pour les skieurs helvètes cette saison. Alors certes, le Brésilien Lucas Pinheiro Braathen a remporté le géant d’ouverture sur le glacier du Rettenbach, mais les deux têtes d’affiche du ski suisse, deuxième et troisième, ont démontré qu’ils étaient déjà en pleine bourre lors de ce traditionnel amuse-bouche de la saison, en attendant le véritable coup d’envoi de l’hiver dans trois semaines à Levi.
Pour un petit centième, Loïc Meillard a pris le meilleur sur son compatriote, brisant enfin le signe indien dans la station tyrolienne. Le Valaisan n’y avait jamais fait mieux que 5e, pour deux top 10 au total. « Ça fait plaisir d’avoir enfin trouvé les clés sur cette piste et de pouvoir fêter un podium », savoure le skieur d’Hérémence, qui décroche justement sur son 38e podium en carrière. Et ce n’est pas un hasard s’il y est parvenu dès la première course de l’hiver. La semaine dernière, il s’était déjà entraîné sur le glacier du Rettenbach. « Cette semaine, on a mis en place les choses à l’entraînement, en travaillant sur les éléments que l’on voulait corriger », souligne son entraîneur Julien Vuignier. « J’étais notamment super content de la première manche, Loïc a su, techniquement, skier davantage dans la pente. Et il a confirmé lors de la seconde. »
Sur le podium final du classement du géant lors des trois derniers hivers, le champion olympique et du monde de slalom assure que « l’expérience » est importante pour performer à Sölden. « On prend des repères chaque année. En plus, je suis arrivé en confiance par rapport à mon ski et à mon corps. C’est plus facile de lâcher les skis ainsi », reprend Loïc Meillard, qui a performé sous les yeux de toute sa famille et notamment de sa petite fille. Un résultat qui permet à celui qui va fêter ses 30 ans jeudi prochain de d’entrer parfaitement dans ce nouvel hiver. « Je peux construire là-dessus. Je me réjouis des batailles qui vont venir. »
Marco Odermatt entre prudence et attaque totale
Dans le sillage du Valaisan, Marco Odermatt se contente volontiers de la 3e place, synonyme d’un cinquième podium pour le Nidwaldien sur les hauteurs de Sölden. « Je ne suis pas arrivé ici en me disant que j’allais dominer la course. C’est la raison pour laquelle je suis déjà très content de ma 3e place », assure l’homme aux désormais 103 podiums en Coupe du monde et qui avoue ne pas avoir été à 100% la semaine dernière. Prudent et posé sur ses spatules, sans en rajouter, lors de la première manche, « Odi » est revenu sur le second parcours en mode attaque totale. « Je n’avais pas pris assez de risque, j’étais peut-être trop propre. J’ai pu changer cela ensuite. Je constate que désormais, on ne peut plus skier sans attaquer, car le niveau est très élevé. »
Une exigence illustrée par la performance du tenant du Globe de la discipline, Lucas Pinheiro Braathen, qui a lancé un message fort à la concurrence. D’ailleurs, le Brésilien a fait du classement général son grand objectif de la saison. « Pour le battre en géant, il faut réaliser deux manches de très haut niveau et skier à la limite », analyse Marco Odermatt, qui n’oublie pas non plus Loïc Meillard. « Je pense que ce sont probablement les trois candidats au général qui sont sur le podium de ce géant. »
Johan Tachet/LMO, Sölden
