Deuxième de l’ultime descente de l’hiver, le Bernois est monté sur son septième podium de l’hiver. De quoi confirmer sa deuxième place au classement de la discipline derrière Marco Odermatt et prétendre à encore mieux dans le futur. Réaction.
Champion du monde, champion olympique et bientôt vainqueur du Globe de cristal? La question se pose logiquement lorsque l’on parle de Franjo von Allmen, meilleur descendeur du monde avec Marco Odermatt. Si le Nidwaldien règne sans partage sur la Coupe du monde de la spécialité depuis trois ans, son compatriote compte bien venir lui mettre des bâtons dans les roues pour le futur. Car si on enlève à sa saison sa sortie de piste à Courchevel et sa grosse erreur dans la Traverse de Kitzbühel, le triple champion olympique bernois aurait probablement pu rivaliser avec le héros de Buochs.
Franjo von Allmen, un podium pour terminer la saison de descente, c’est plutôt pas mal, non?
Oui, je suis vraiment très content de cette performance, surtout après deux entraînements compliqués qui ne m’avaient pas réussi. Avec cette neige printanière, ce n’était pas évident. Mais il ne faut pas seulement se plaindre, il faut aussi savoir s’adapter. Aujourd’hui, la neige était un peu plus compacte, on a ajusté certaines choses et ça a payé.
Justement, qu’avez-vous adapté dans ces conditions?
Des petits détails, surtout au niveau du matériel et des sensations sur cette neige chaude. Honnêtement, il fait presque trop chaud pour skier et c’est très difficile de ressentir la tension habituelle dans ces conditions.
Vous êtes fatigué après une saison éreintante?
Pas tant que ça. Physiquement, je me sens très bien. Mais avec la chaleur et l’ambiance des finales, c’est particulier. Cela dit, j’aime bien cette atmosphère de fin de saison.
Pour vous, ces courses de fin de saison ont-elles vraiment encore de l’enjeu?
Oui, clairement, il y avait encore des choses à défendre, notamment au classement. Toutes ces courses sont importantes, et tout le monde était encore très motivé. C’est aussi pour ça que c’est satisfaisant de terminer sur une bonne note. Je serai content quand la saison sera terminée, mais j’ai encore de l’énergie pour finir correctement.
Pour la deuxième année consécutive, vous terminez deuxième du classement de la Coupe du monde de descente. Quelle valeur ça a pour vous?
C’est important, parce que ça confirme les saisons précédentes. Ce n’est pas juste une bonne année isolée. La constance compte beaucoup pour moi. Après, j’aurais aimé mettre un peu plus de pression sur Marco (ndlr: Odermatt), mais il a été impressionnant de régularité toute la saison, donc son Globe est mérité.
Votre constance est malgré tout aussi impressionnante, non?
Pas totalement. Bien sûr, une deuxième place au classement, c’est très positif. Mais il y a encore des courses où j’ai fait des erreurs, comme à Wengen ou Kitzbühel. Ce n’est pas parfait, mais dans l’ensemble, je suis très satisfait.
L’objectif pour la suite, c’est d’aller chercher le Globe de cristal?
J’en ai été proche deux fois, donc évidemment que c’est dans un coin de ma tête. Ce serait bien d’aller le chercher une fois. Mais comme toujours, le meilleur gagne, et cette saison Marco le mérite entièrement.
Qu’est-ce qui vous manque pour franchir ce dernier cap?
Si j’avais la réponse, je l’aurais déjà fait (rires). Il faut continuer à bien se préparer, travailler physiquement et rester constant sur toute la saison. C’est la clé.
Laurent Morel, Kvitfjell
