Une remarque concernant un autocollant sur le casque de la championne olympique chinoise en saut acrobatique Xu Mengtao a fait réagir le CIO. Pour l’épreuve par équipe de samedi, plusieurs affichages ont été cachés. Explications.
Aux Jeux olympiques, on ne rigole pas avec les sponsors. Dans le public, de nombreux spectateurs ont dû abandonner ou découper leur drapeau si celui-ci contenait le nom d’un partenaire non-autorisé, leur bonnet au nom d’une marque de bonbons suisses ou tout autre produit qui n’entre pas dans la charte du CIO. Un collègue a même dû mettre du ruban adhésif sur la pomme de son ordinateur, pour éviter que la marque californienne de celui-ci passe à l’écran lors de la diffusion d’un épreuve olympique. Pour les athlètes, les règles sont extrêmement claires et sévères. Ils doivent faire très attention à ne pas afficher sur eux ou sur les réseaux sociaux le nom d’un partenaire interdit.
Pourtant, il semblerait qu’une situation ait échappé à la vigilance de l’organisation, et ce depuis longtemps. Nous avons été surpris de voir sur le casque de la championne olympique de saut acrobatique Xu Mengtao un grand autocollant à l’effigie de la plateforme médiatique de la fédération des sports d’hiver chinois (China Winter Sports). Elle portait déjà le même casque avec le même affichage lors des Jeux olympiques 2022 sur ses terres, à Zangjiakou lorsqu’elle avait déjà remporté l’or. Nous avons donc décidé d’écrire au CIO. Voici la réponse d’un porte-parole. « Nous avons abordé la situation avec le Comité national olympique et l’athlète concerné. »
L’autocollant a été retiré
Impossible d’obtenir plus de détails, malgré nos demandes. Pourtant, il semble bien qu’il y ait une faille puisque ce samedi, pour la compétition par équipe, Xu Mengtao avait retiré l’autocollant en question, qui faisait donc référence à la fédération des sports d’hiver et non au comité olympique chinois, ce qui aurait peut-être été accepté. D’ailleurs, plusieurs athlètes avaient probablement été prévenus puisque certains autocollants neutres recouvraient tous les signes particuliers à l’image de ceux sur le casque de l’Ukrainienne Anhelina Brykina. Lors du concours individuel, son casque affichait en grand « Ukraine » de chaque côté. Ce n’était plus le cas pour l’épreuve par équipe. Pour rappel, le lugeur Vladislav Heraskevych a été disqualifié des Jeux olympiques à Cortina d’Ampezzo car il souhaitait s’élancer avec un casque honorant des athlètes tués lors de la guerre dans son pays. Le CIO ne tolère aucun signe politique.

Concrètement, la charte olympique régit ce genre de situation. Dans le cas précis de Xu Mengtao, il semblerait que l’erreur soit plus maladroite qu’autre chose. D’ailleurs, ce genre de problème doit être décelé par les organisateurs (le CIO et la FIS) lorsqu’ils valident l’utilisation d’un casque ou de tout autre matériel. Reste que la Chinoise a dû intervenir à la suite de notre question et ce, alors qu’elle porte le même casque depuis de longues années. À priori, elle n’a souffert d’aucun sanction de la part de l’organisation.
Plateforme officielle chinoise
À noter encore que le nom qui était affiché sur le casque de Xu Mengtao correspond bien à la plateforme officielle du centre de gestion des sports d’hiver de l’administration générale des sports de Chine. « Sa mission est d’initier 300 millions de personnes aux sports de glace et de neige, de promouvoir la stratégie d’expansion vers le sud, l’ouest et l’est du pays, de développer activement ces sports et de combler les lacunes de leur développement en Chine. Parallèlement, elle s’engage à promouvoir la culture des sports de glace et de neige et à dynamiser l’industrie, contribuant ainsi au développement global et qualitatif du secteur sportif chinois », est-il précisé sur son site. Si on cherche un équivalent à cette plateforme en Suisse, on pourrait penser à une plateforme médiatique de Swiss-Ski, à l’image par exemple de sa publication « Snowactive ».
Laurent Morel, Livigno
