Robine Deseyn a été élue mercredi soir deuxième meilleur espoir romand féminin 2025. Une belle récompense pour la jeune Vaudoise qui va vivre samedi sa toute première Coupe du monde à Villars. Rencontre.

Robyn Deseyn fait partie des plus sûrs talents du ski-alpinisme suisse. Mercredi soir, la Vaudoise de 20 ans, aux origines belges, a été élue 2e meilleur espoir romand féminin 2025 derrière la judoka, championne du monde juniors, April Fohouo. L’athlète de Leysin avait brillé l’an dernier en devenant vice-championne du monde du sprint à Morgins et était montée à plusieurs reprises sur le podium en Coupe du monde juniors. Samedi, elle vivra sa première sur la Coupe du monde « des grands », puisqu’elle sera alignée sur le sprint des finales de Villars. Mais avant de se frotter à l’élite de son sport, et notamment à sa soeur Thibe, elle se confie.

Robine Deseyn, était-ce une surprise de vous retrouver nommée parmi les meilleurs espoirs romands?

En vrai, je ne m’y attendais pas trop, ça c’est sûr. Après, j’ai quand même fait de bons résultats, donc je comprends pourquoi. Mais les autres filles, aussi nominées, ont également fait de très bons résultats, du coup je n’osais pas vraiment espérer gagner. C’était quand même plus sérieux que ce que je pensais.

Robine Deseyn en compagnie des autres nominés pour les meilleurs espoirs roamnds. (Aide Sportive Suisse/Keystone/Gabriel Monnet)

Vous continuez à faire vos armes sur le circuit juniors. Où êtes-vous dans votre processus de progression?

On vient de revenir des Championnats du monde juniors 2026, avec une bonne 5e place sur le relais mixte (ndlr: avec Malik Uldry). Après, je n’ai pas fait mes meilleures courses et le niveau a vraiment beaucoup augmenté en une année, ça se voit. Sur l’ensemble de la saison, j’ai quand même fait de beaux résultats (ndlr: avec notamment un podium à Surnadal en Coupe du monde juniors de sprint). Et ce n’est pas fini, parce que ce samedi, je vais disputer ma toute première course en élite, aux côtés de Marianne Fatton. Et ensuite, il y aura la Patrouille des Glaciers, ma première également, en fin de saison. Rien à voir avec les sprints, mais je me réjouis énormément.

Concrètement, qu’est-ce que ça change de franchir ce cap, de concourir parmi l’élite?

Là, tout change. On court pour passer les qualifications, plus vraiment pour une médaille. C’est un changement radical.

Dans quel état d’esprit êtes-vous avant ce baptême?

Franchement, je ne suis pas stressée. Pas encore en tout cas, peut-être que ça viendra. Mais pour l’instant, je me dis que je peux courir ces qualifications à fond, comme si ma vie en dépendait. Il n’y a pas de gestion à faire. Si je passe, tant mieux. Je ne veux pas me faire trop d’espoirs, donc ça me permet de rester détendue.

Votre soeur Thibe, qui est déjà établie sur le circuit mondial, vous donne des conseils? Il y a une petite rivalité entre vous ?

Elle doit faire attention! (rires) Non, je rigole. C’est vrai qu’en sprint, j’ai de meilleurs résultats pour l’instant, alors qu’elle est plus forte dans les disciplines d’endurance, surtout en verticale où elle est très puissante. Moi, j’ai beaucoup travaillé les manipulations, les transitions, enlever les peaux, mettre les skis sur le sac… Et quand on s’entraîne ensemble, il faut qu’on reste concentrées. J’essaie de lui mettre un peu de pression (rires).

Quels seront vos objectifs pour le prochain hiver?

Ce serait beau de pouvoir participer aux Championnats du monde (ndlr: ils se dérouleront à Shadag en Azerbaïdjan). Mais surtout, l’objectif sera de passer les qualifications en Coupe du monde. En junior, on peut encore gérer un peu, mais en élite, tout le monde est très fort, donc il faudra tout donner.

Allez-vous intégrer l’équipe de Suisse?

Normalement oui pour le sprint, mais rien n’est encore officiel. Et à côté, j’aimerais continuer à faire des Coupes suisses en verticale et en individuel. Je ne me vois pas faire uniquement du sprint. J’ai envie de continuer dans les autres disciplines, pas seulement le sprint. Rester polyvalente, c’est important pour moi.

En parallèle, vous poursuivez des études.

Oui, je suis à l’Université de Lausanne en sciences du sport, en deuxième année de Bachelor. Ce n’est pas toujours facile à concilier, même avec des allègements. En Suisse, contrairement à d’autres pays, on n’est pas encore professionnels à cet âge en ski-alpinisme, donc il faut gérer les deux. Mais pour l’instant, ça me convient. Après, mes études m’apportent aussi beaucoup, même si je touche à des sports que je ne pratique pas habituellement.»

Avez-vous les Jeux olympiques 2030 dans un coin de la tête?

J’aimerais bien, oui. Peut-être avec ma sœur! Avant, je n’osais pas trop y penser. Mais quand je suis allée voir Marianne Fatton gagner à Bormio, ça a réveillé quelque chose en moi. Ça donne envie.

Johan Tachet