La Valaisanne n’a pas réussi à se libérer lors de sa toute première course olympique. Sur la descente, la skieuse d’Ayent, fatiguée après son succès à Crans-Montana, est restée en retrait de ses attentes. Mais ce n’est que partie remise. Réaction.
La première expérience de Malorie Blanc ne restera pas un souvenir impérissable dans sa mémoire. « Je vais juste garder ce dossard numéro 1 que je portais. C’est un petit clin d’oeil car j’avais aussi le 1 lors du combiné des Championnats du monde à Saalbach », sourit la Valaisanne qui est restée toutefois en retrait de ses attentes avec une 22e place finale, bien loin du podium. « Sportivement, ça ne s’est pas passé comme je l’aurais souhaité. J’essaie vraiment de profiter au maximum, mais je ne suis pas là non plus pour prendre 2 secondes 66 », poursuit-elle, avouant avoir été un peu touchée dans sa fierté.
Sur l’Olimpia delle Tofane – « Une piste que j’adore, mais qui ne m’aime pas encore » – la skieuse d’Ayent n’a pas réussi à se libérer, comme si elle était restée scotchée sur la neige. « J’ai peut-être trop sous-estimé ce qu’il s’est passé la semaine dernière ». La victoire lors du super-G de Crans-Montana a laissé des traces émotionnelles, mais également physiques. « J’ai senti ces deux derniers jours qu’il y avait un peu de fatigue. J’ai essayé d’aller de l’avant, de mettre les choses en place aujourd’hui, de me mettre dans ma bulle, mais je suis restée bloquée au départ et ça n’a pas fonctionné. » Sous le pied, le ski ne répondait pas comme elle le souhaitait. « J’ai senti que ce n’était pas un ski très engagé, pas très foufou. Voilà, c’est comme ça. »

Entre impatience et apprentissage
C’est un mélange de sentiments qui anime naturellement la jeune championne qui aimerait être capable de répéter les performances de haut vol. « Je jongle en ce moment entre l’impatience de vouloir bien faire, d’aller vite, parce que je sais que j’en suis capable, et le fait de devoir garder les pieds sur terre. » C’est ce que l’on appelle l’apprentissage du haut niveau et Malorie Blanc en est parfaitement consciente. « Je sais que ce que je vis maintenant va me servir pour le futur, pour dans quatre ans », analyse la skieuse qui, rappelle-t-on, n’a que 22 ans. Dans le top 20 du classement du jour, on ne retrouve trace d’aucune autre athlète plus jeune que la Valaisanne.
Mais Malorie Blanc aura encore deux chances de prouver tout son potentiel, avec le combiné par équipes mardi, puis, dans sa discipline de prédilection, le super-G jeudi. En attendant, elle va profiter pour récupérer et passer un peu de temps avec ses parents, sa sœur et ses deux grands-mamans présents dans les Dolomites. « Ça me touche énormément qu’ils soient avec moi ici. Et je sais que, quoi qu’il arrive, ils boiront un petit verre. Donc ça me console. » Avec l’espoir de pouvoir trinquer avec eux la semaine prochaine, une médaille autour du cou.
Johan Tachet, Cortina d’Ampezzo
