Favori de la descente, Robin Cuche a livré la marchandise à Cortina d’Ampezzo pour remporter sa toute première médaille d’or dans un grand rendez-vous. Réaction du nouveau champion paralympique.

Robin Cuche a vaincu le signe indien. Cinq fois médaillé d’argent aux Championnats du monde, le Neuchâtelois se pare pour la première fois d’or, en remportant la plus belle des courses, la descente paralympique, dans la catégorie debout. Annoncé comme le grand favori, le skieur de Saules a tenu son rang. Malgré la pression, le quadruple vainqueur du Globe de cristal a réalisé une grosse performance sur la mythique Olimpia delle Tofane.

« Franchement, c’est énorme. J’en avais un peu marre de faire de l’argent », concède le skieur du Val-de-Ruz, les yeux rougis par l’émotion. « Je suis assez impressionné d’arriver à parler aussi bien maintenant. J’ai déjà pleuré trois fois, je crois », poursuit-il avec un large sourire qui se mêle au soulagement d’avoir réussi son pari, celui de remporter un bout de métal paralympique pour sa quatrième participation aux Jeux. « Je savais que c’était ma meilleure chance pour une médaille, voire pour remporter l’or. »

Un dossard 13 qui porte chance

Sur la ligne, il devance son grand rival, le Français Arthur Bauchet, qui était venu à Cortina d’Ampezzo pour réaliser le grand Chelem et empocher cinq médailles d’or en jeu. Mais ce sont bien 61 centièmes en faveur du Suisse qui séparent les deux hommes. Mais Robin Cuche a dû patienter avant de célébrer. Il était le deuxième skieur de sa catégorie à s’élancer, mais, signe du destin peut-être, avec le dossard 13. « Je ne suis pas très superstitieux, mais je voyais plutôt ce dossard comme une chance », explique-t-il en faisant référence à son manque de réussite au tirage ces dernières semaines. « Toute la saison, j’ai eu pas mal de malchance avec les dossards. J’ai souvent tiré le 6 ou le 7, soit les deux moins bons quand on est dans le top 7. Là, j’ai pu m’élancer en deuxième, mais par contre à l’arrivée, tu ne peux pas crier victoire trop tôt. »

D’autant plus qu’il n’était pas certain d’être parvenu à réaliser sa meilleure performance sur une neige italienne qui commençait à tourner sous le soleil des Dolomites. « Je n’avais pas l’impression d’avoir fait une manche parfaite. J’avais le sentiment d’avoir été meilleur lors du deuxième entraînement. Je n’ai pas du tout effectué le plan que j’avais imaginé. » Qu’importe, personne n’est parvenu à s’approcher de son chrono, pas même le vainqueur du grand Globe de cristal Arthur Bauchet ou le Russe Aleksei Bugaev, qui l’accompagnent sur le podium. Pour Robin Cuche, hémiplégique du côté droit, c’est la consécration de tous les efforts consentis depuis de nombreuses saisons, pour progresser pas à pas dans la hiérarchie mondiale. L’athlète de 27 ans avait planifié cette descente, comme son grand objectif de la saison. « Maintenant, je sais que mes Jeux sont déjà réussis. Mais on va essayer de ne pas en rester là. »

Théo Gmür se rassure malgré une blessure au ménisque

Dans le clan suisse, Théo Gmür prend une très bonne 6e place. Cela faisait trois ans que le triple champion paralympique de PyeongChang n’avait plus été aussi bien classé en descente. « Je suis content d’être arrivé en bas pour moi et ma maman qui a dû stresser en voyant toutes les chutes », rigole le skieur de Nendaz, qui en plus s’était blessé au ménisque droit un mois avant ces Jeux. « Il y a eu un gros travail pour être là aujourd’hui. Et c’est de bon augure avant le super-G et le géant où j’aurais mes chances. » Pour sa première participation paralympique, le jeune Emerick Sierro a pris la 16e place. Dans la catégorie assis, Pascal Christen et Christophe Damas ont connu l’élimination.

Johan Tachet, Cortina d’Ampezzo