Extrêmement déçu, en larmes, le Grison a une nouvelle manqué l’occasion de monter sur un podium olympique. Fier malgré tout de sa prestation, il ne veut pas abandonner et promet de continuer à se battre. Réaction.

C’est un Andri Ragettli les yeux rougis qui s’est présenté devant les quelques journalistes présents à Livigno après quelques longues minutes à digérer la nouvelle 4e place, la deuxième d’affilée, lors de l’épreuve olympique de slopestyle. Il faut dire que les conditions n’étaient pas simples du tout dans la station lombarde, avec une lumière « plate », un « jour blanc ». Beaucoup n’ont d’ailleurs pas réussi à plaquer de run propre. Malheureux, le rider de Flims était lui certes fataliste mais ne veut toujours pas baisser les bras.

Andri Ragettli, on imagine votre désarroi. Quel est votre sentiment en ce moment?

J’ai dû me ressaisir rapidement, très honnêtement… Comment je vais? Au final, je vais bien, je suis en bonne santé. Ma famille et mes amis qui sont ici. Sur le plan sportif, je suis fier de moi. J’ai réalisé une bonne performance. J’ai obtenu un bon classement. Bien sûr, le résultat final n’est pas celui que je m’étais fixé. Et c’est bien sûr extrêmement difficile. C’est la deuxième fois que j’échoue à la quatrième place aux Jeux olympiques. Cependant, je peux quand même être fier de tout le travail que j’ai investi. Je peux quand même être fier de la personne que je suis, de continuer à me battre, d’y croire et de persévérer, même maintenant. Reste que c’est extrêmement difficile. Mon monde s’écroule.

Mais vous n’allez pas abandonner.

Les personnes que j’admire, celles qui m’inspirent ne sont pas toujours celles qui ont une vie parfaite. Ce sont celles qui… continuent simplement à se battre, et c’est ce que je me suis promis. Ne jamais abandonner, continuer à se battre, quoi qu’il arrive.

Comment vous sentiez-vous avant votre dernier run?

Je ne pense pas que le fait de voir Luca Harrington me dépasser m’ait particulièrement affecté. Mais je dois dire très honnêtement que nous skions à un niveau où l’on est à la limite. Nous essayons toujours d’aller plus loin, de repousser les limites. Les erreurs arrivent, c’est normal. L’erreur que j’ai commise m’était déjà arrivée une ou deux fois à l’entraînement. Il faut simplement s’y attendre.

Mais vous être malgré tout content de votre prestation?

Oui, je suis satisfait d’avoir réussi un run solide du début à la fin, car le niveau de difficulté ici est vraiment très élevé. Et le résultat final reste positif. J’ai bien sûr essayé d’influencer autant que possible les choses sur lesquelles j’avais une influence. Je l’ai fait, et tout le reste ne dépend malheureusement pas de moi. Oui, on dit qu’il ne faut pas trop s’énerver pour des choses qui ne dépendent pas de soi.

De quoi avez-vous besoin en ce moment pour digérer?

Je n’ai pas vraiment besoin de beaucoup de temps, je me sens déjà mieux. Il me faut maintenant du temps pour moi-même. Par ailleurs, ma famille me soutient beaucoup. Et j’ai pu compter sur le soutien de beaucoup de proches aujourd’hui, c’était super sympa. Réussir à les inspirer et les inciter à venir ici pour me soutenir, c’est extraordinaire. C’était mon rêve depuis que je suis tout petit.

Aurez-vous assez de temps pour vous remettre avant le Big Air?

Pour être honnête, c’est la dernière chose qui me préoccupe en ce moment. Je suis un peu habitué à ces hauts et ces bas. Je sens aussi mon corps, je dois dire. Cette compétition était extrêmement difficile, à un niveau assez élevé. Mais je vais dormir tranquillement ce soir, et lorsque je me réveillerai demain matin, je pourrais regarder vers la suite.

Laurent Morel, Livigno