Le Fribourgeois a enfin gommé les petites erreurs qui l’ont écarté du podium cet hiver et a même menacé de ravir la victoire à Marco Odermatt avec une prestation de force à Garmisch-Partenkirchen samedi. Les deux Suisses, à la tête d’un superbe triplé avec Stefan Rogentin, ont retrouvé le plaisir de skier et l’énergie pour attaquer la fin de la saison. Réactions.

Battu pour quatre centièmes par son propre coéquipier, Alexis Monney avait tout de même un énorme sourire samedi après sa 2e place en descente à Garmisch-Partenkirchen, son premier podium dans la discipline depuis plus d’un an. Et pour cause: jusqu’à la ligne d’arrivée, le Fribourgeois était dans le vert, mettant même 0″47 à Marco Odermatt en milieu de parcours, avant de malheureusement perdre sur la fin. Un exploit de taille quand on se mesure à l’extra-terrestre nidwaldien.

« Depuis le début de la saison, j’étais toujours si proche, je savais que je pouvais finir sur le podium, mais j’ai toujours fait des fautes. Alors aujourd’hui, de finir 2e, je suis super content: je ne finis pas très loin d’Odi, j’ai bien skié et surtout, j’ai eu du plaisir », s’est réjoui le skieur de Châtel-Saint-Denis au micro de l’ORF. Alexis Monney avait quelque chose à prouver samedi. On l’avait déjà vu aux entraînements cette semaine, où il a toujours signé le meilleur temps chez les Suisses, se classant déjà 2e vendredi, aussi à 4 centièmes du leader. Oubliée la déception des Jeux olympiques, où il a fini 5e en descente alors qu’il visait une médaille.

Même la petite faute qui lui a coûté une deuxième victoire tant attendue en Coupe du monde ne pouvait lui gâcher l’humeur. « J’ai fait cette petite faute juste avant le dernier intermédiaire et cela m’a coûté de la vitesse. Après cela, c’est quand même long jusqu’à l’arrivée. Odi l’a mieux géré, mais c’est quand même magnifique. » Faire partie d’un nouveau triplé helvétique en descente, tout comme à Crans-Montana l’hiver dernier, avait toutefois quelque chose de bizarre. « C’est spécial de finir à trois sur le podium, parce qu’il n’y a que trois places là. C’est quand même un peu étrange », a-t-il noté en rigolant.

La revanche d' »Odi »

Sous un soleil de printemps dans la station bavaroise, Marco Odermatt rayonnait aussi comme on ne l’avait pas vu depuis quelques temps. À peine plus d’un mois s’est écoulé depuis sa dernière victoire en descente, à Wengen en janvier, mais entre-temps le champion de 28 ans, tant habitué au succès, a essuyé quelques petites défaites, notamment en finissant « seulement » 2e à Kitzbühel ainsi qu’aux Jeux olympiques. « C’était un peu une revanche aujourd’hui, c’est sûr. J’ai de nouveau eu énormément de plaisir à skier, la semaine à la maison a fait beaucoup de bien, je suis de nouveau plus décontracté et j’étais heureux de venir ici. »

Le fait qu’il n’a pas réussi à ajouter une nouvelle médaille d’or à sa collection à Milan-Cortina est déjà oublié. « Je crois que si on repart avec trois médailles olympiques (ndlr: l’argent en géant et en combiné par équipe, et le bronze en super-G), et qu’on mène quatre classements de Coupe du monde, ce n’est pas une si mauvaise saison », a-t-il noté, un sourire en coin.

L’égal de Hermann Maier

Le Nidwaldien est bien parti pour décrocher le gros Globe et les trois globes de la descente, du super-G et du géant, pour la 3e année de suite. À Garmisch-Partenkirchen, il a aussi signé sa 54e victoire en Coupe du monde pour égaler le bilan de l’Autrichien Hermann Maier. Seuls Ingemar Stenmark (86) et Marcel Hirscher (67) en ont plus chez les messieurs.

Mais surtout, il a retrouvé l’enthousiasme et l’énergie qui lui ont peut-être manqué ces dernières semaines. « Je suis arrivé à Garmisch super motivé, pas fatigué. Ça, c’était plutôt avant les Jeux, quand j’en ai peut-être trop fait avec le programme de janvier. Je suis de nouveau détendu et plein d’énergie, et je me réjouis des prochaines semaines, », a-t-il assuré. Nous aussi.

Sim Sim Wissgott