Giuliano Fux va fêter dimanche à Sölden son second départ en Coupe du monde, le premier en géant. À 21 ans, le talent du fougueux Haut-Valaisan, champion du monde juniors de slalom, est déjà reconnu.

« Ça fait plaisir d’avoir un jeune qui débarque et qui va se battre dans deux disciplines techniques. Il a déjà montré l’année passée en slalom qu’il était bien posé sur ses skis, qu’il pouvait skier très vite, que c’était un bon technicien. » Le compliment émane de Loïc Meillard lorsqu’il évoque l’arrivée sur le circuit de son jeune compatriote Giuliano Fux. À 21 ans, le Haut-Valaisan va vivre dimanche son baptême en géant, après avoir goûté une première fois à l’élite lors du slalom des finales de Hafjell en mars dernier. « C’est incroyable, jamais je n’aurais jamais pensé un jour pouvoir skier aussi rapidement à Sölden. » Un brin timide, le champion du monde juniors de slalom est presque gêné de se retrouver aux côtés de Marco Odermatt, Loïc Meillard et Luca Aerni, trois champions du monde. « C’est la première fois que j’ai l’occasion de m’entraîner avec eux, c’est fou. »

Dans la station tyrolienne, le skieur de Grächen est plutôt bien entouré. Il partage sa chambre avec Luca Aerni, qui à l’avantage de skier sur la même marque de skis. « Il m’aide, il me donne des conseils. » Un appui précieux pour le jeune athlète qui découvre le haut niveau. « Je me sens un peu plus vieux, mais il fait du bien », sourit le skieur de Crans-Montana lorsqu’il évoque son jeune coéquipier. « Il apporte une nouvelle énergie. À l’entraînement, il a montré qu’il était là, qu’il est solide. Il skie bien, maintenant il doit faire ses preuves. »

S’installer en Coupe d’Europe avant la Coupe du monde

Dans l’entourage de l’équipe de Suisse, tout le monde s’accorde sur le potentiel de Giuliano Fux, qui s’occupe de ses chèvres sur les hauteurs haut-valaisannes, lorsqu’il ne chausse pas les lattes pour dévaler les pistes. Mais la vingtaine tout juste entamée, ses entraîneurs entendent lui laisser le temps. Il devrait être ammené à jongler entre la Coupe du monde et la Coupe d’Europe. « L’objectif est déjà de m’établir dans les trente en Coupe d’Europe », concède-t-il modestement. Même si son talent peut déjà lui permettre de viser plus haut, il est conscient qu’il doit encore travailler pour progresser. « Je peux m’améliorer dans tous les domaines, que ce soit en force, en endurance, en technique, mais aussi gagner en régularité. » Car Giuliano Fux possède un ski à risque, emprunt de la fougue de la jeunesse. « C’est pour cela que j’observe notamment beaucoup ce que fait Loïc Meillard pour sa technique. »

Dans la vie, comme sur les skis, tout va très vite pour le skieur de Grächen. Sur les réseaux sociaux, il a publié des photos de lui, enfant, sur les skis, soulignant qu’il vit un rêve éveillé. « Je ne pensais pas pouvoir skier aussi rapidement en Coupe du monde, notamment en géant. » Sa place pour Sölden, il l’a acquise grâce à des résultats probants dans la discipline cet été en Argentine, se classant deux fois 2e lors des épreuves de la Coupe sud-américaine à Cerro Castor. D’ailleurs, entre le géant et le slalom, son coeur balance. « Je n’ai pas de préférence. C’est un avantage d’avoir deux disciplines. Lorsque cela ne va pas dans l’une, tu peux te reposer sur l’autre. »

Dimanche sur le glacier du Rettenbach, le Valaisan n’entend pas se fixer un objectif précis. « L’objectif est de skier comme je sais le faire à l’entraînement, de montrer mon meilleur ski et ensuite on aviser. » Mais fidèle à ses habitudes, Giuliano Fux ne vas pas renier son tempérament offensif. Une belle occasion de lâcher les chevaux ou plutôt les chèvres, pour le skieur de Grächen.

Johan Tachet/LMO, Sölden