La médaille n’était de loin pas un réel objectif pour les slalomeuses suisses lors du combiné par équipes. L’essentiel était de prendre leurs marques sur une piste au profil très particulier. Plaisant pour Wendy Holdener, trop plat pour Camille Rast.
Il est vrai que les skieuses suisses n’étaient pas forcément attendues sur le podium du combiné par équipes. Les dames ne possèdent pas la même homogénéité entre spécialistes de vitesse et de techniques, que chez leurs homologues masculins. L’écart trop important concédé par les quatre descendeuses helvétiques n’a pas aidé les slalomeuses à pouvoir réellement prétendre jouer les médailles à Cortina d’Ampezzo.
Pourtant, Wendy Holdener et Camille Rast ont tenté leur va-tout. La Schwytzoise, en duo avec Jasmine Flury, et la Valaisanne, en équipe avec Corinne Suter, ont signé les 2e et 3e chronos dans les virages courts.
Wendy Holdener conquise par l’Olimpia delle Tofane
Mais l’important était peut-être ailleurs pour les deux plus grandes chances de médailles suisses dans les épreuves féminines. Elles ont pu prendre la mesure de la piste de l’Olimpia delle Tofane, avant les épreuves techniques. « C’est court et ce n’est vraiment pas très raide », souligne la skieuse de Vétroz, qui n’apprécie pas forcément le profil plat du tracé des Dolomites. « Quand on monte en cabine, on voit la piste de slalom utilisée lors des Championnats du monde 2021, on se dit qu’elle vend du rêve. » Mais c’est bien sur le bas de la piste de descente que vont évoluer les techniciennes. « Plus la piste est facile, plus il est difficile d’aller vite. »
En revanche, ce profil convient parfaitement à Wendy Holdener. La skieuse d’Unteriberg, qui rentrera déjà en Suisse avec un diplôme cher à Swiss Olympic après sa 6e place du jour avec Jasmine Flury, sera à surveiller de très près lors du slalom dans une semaine. « Je l’aime beaucoup cette piste », s’exclame-t-elle. « Je trouve génial de pouvoir varier, ça nous change des pistes que l’on a l’habitude de skier en Coupe du monde. » D’ailleurs, l’équipe de Suisse s’est entraînée sur des déclivités similaires. « Il faut pousser pour prendre de la vitesse, accélérer. J’apprécie et je me sens en bonne forme. »
Les douleurs de retour Camille Rast
Camille Rast aura aussi l’occasion de se mettre en évidence lors du géant dimanche. C’est peut-être même dans cette discipline, où elle s’est imposée pour la première fois cet hiver à Kranjska Gora, qu’elle compte ses meilleures chances lors de ces Jeux. « J’ai montré que je pouvais en tout cas être rapide, tant en slalom qu’en géant », souffle la Valaisanne, pour qui ces Jeux olympiques sont « un bonus ». « Si ça marche tant mieux, sinon ce n’est pas grave. La Coupe du monde continue. »
La Vétrozaine évite de se mettre trop de pression, d’autant plus que sa hanche l’a fait souffrir à nouveau. « J’ai peut-être un petit contre-coup de janvier, après avoir été malade, la fatigue et les voyages. J’ai des douleurs dans la jambe gauche, mais qui sont plus faciles à gérer en géant qu’en slalom. »
Mélanie Meillard: « La bonne attitude, mais ça fait chier »
Seconde valaisanne en lice, Mélanie Meillard ne gardera pas un grand souvenir de sa toute première olympique, après avoir connu l’élimination lors du slalom. « J’aurais préféré arriver au bas de la piste », sourit malgré tout l’Hérensarde, qui s’est fait consoler par sa binôme Janine Schmitt dans l’aire d’arrivée. Malgré sa sortie prématurée, Mélanie Meillard a montré du bon ski. Au moment de son abandon, elle avait le 5e temps provisoire du slalom, avec deux dixièmes d’avance sur l’Allemande Emma Aicher, qui a finalement été la plus rapide dans les virages courts. « C’était la bonne attitude à avoir, mais ça fait chier quand même. » La revanche, c’est dans huit jours, sur cette même piste, plate, de l’Olimpia delle Tofane.
Johan Tachet, Cortina d’Ampezzo
