Dans leur bungalow, au restaurant, dans leur buanderie ou dans leur salle de gym, quelque 1400 athlètes ont pris possession de leur lieu de résidence pour les deux prochaines semaines dans des logements provisoires. Allez, on vous emmène en visite guidée à l’intérieur du village olympique de Cortina d’Ampezzo.
Le soleil perce doucement le ciel encore brumeux qui s’accroche aux montagnes des Dolomites. Cortina d’Ampezzo a revêtu son plus beau manteau blanc. On ne pouvait rêver plus beau décor à la veille de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver. De la neige en abondance, il n’en fallait pas moins pour que s’activent quelques bénévoles pour fabriquer un bonhomme de neige. Avec son accréditation autour du cou, le « Duke of the Dolomites » trône fièrement en face des salles de sport du village olympique. Enfin, plutôt du camping olympique.
C’est à quatre bornes du centre de la station, que le village olympique provisoire a été installé, plus exactement sur le petit aérodrome de Fiames, où on été construits 377 mobile homes en bois. Au total, ce sont 1’400 lits qui accueilleront athlètes et membres de staff des sélections olympiques du monde entier lors de la prochaine quinzaine dans ces logements.

Trinidad & Tobago fait face aux Canadiens. (JT)
Une ambiance de proximité
Entre les fortes délégations allemandes et canadiennes, deux bungalows sont la propriété des athlètes de Trinidad & Tobago, la petite île des Caraïbes. Ici, toutes les nationalités se mélangent. « C’est un camping, mais c’est hyper cool », sourit le spécialiste de curling genevois Peter Da Cruz. Le médaillé de bronze de PyeongChang est aujourd’hui coach, notamment de la paire des époux Schwaller, engagés dans la compétition mixte. « Franchement, il y a une vraie ambiance de vacances d’hiver. Dans d’autres villages, souvent en ville, chaque nation a son immeuble. Du coup, on restait surtout avec les membres de notre comité olympique et de notre propre équipe. Ici, c’est différent, on est beaucoup plus mélangés. On a les Américains juste à côté, les Japonais, les Allemands. On passe aussi du temps avec eux. Et avec ce paysage, tout le monde est plus relax. Il y a vraiment une ambiance vacances et ça favorise clairement les rencontres. »

L’ancien curleur genevois, aujourd’hui coach, Peter Da Cruz apprécie l’ambiance du village olympique. (JT)
Des salles de jeux, un bar sans alcool, un restaurant et une buanderie
Chaque bungalow, composé de deux chambres, mesure18 mètres carrés, avec pour chaque chambre une salle de bain et deux lits. Au centre du complexe, on retrouve toutes les commodités nécessaires pour pouvoir vivre durant deux semaines. Plusieurs salles de gym permettent aux athlètes de s’entretenir entre les compétitions et les entraînements. Une immense tente fait office de restaurant où on peut goûter aux pizzas ou à la pasta italienne, ou à des plats asiatiques. « Il y a du choix, mais c’est vrai que la qualité n’est pas toujours excellente », se marre la skieuse française Romane Miradoli, croisée à l’intersection d’une rue du complexe.
Les athlètes peuvent aussi se détendre dans un lounge avec des jeux et des écrans pour suivre les compétitions, ou encore au bar, sponsorisé par une marque de bière mexicaine. Attention, la vente d’alcool est toutefois interdite dans le village et seuls des breuvages certifiés 0% y sont servis. Enfin, une salle, remplie de machines à laver, permet aux locataires temporaires de pouvoir faire leur lessive. Et pour rejoindre les sites des compétitions, les sportifs disposent d’un parking de bus-taxis, qui leur est dédié 24 heures sur 24, depuis une gare intérieure.

Un bar, des bières… mais sans alcool. (JT)
Les skieuses à l’hôtel en station
Durant les deux semaines, ce sont 33 athlètes suisses qui logent dans le « camping ». Curleurs, bobeurs et lugeurs s’y côtoient, alors que Malorie Blanc, Camille Rast et les autres skieuses ont posés leur valises dans un hôtel au centre de la station de Cortina d’Ampezzo. « Ils connaissent très bien l’endroit, tout comme la famille des propriétaires, qui est habituée au ski alpin et aux besoins des athlètes, notamment en matière d’alimentation », explique Alexander Wäfler, le responsable médias pour Swiss Olympic. « Nous pensons que c’est une bonne solution. L’équipe alpine viendra tout de même visiter le village olympique, peut-être partager un repas avec d’autres athlètes, afin de vivre aussi cet esprit olympique. »
C’est notamment ce que fait Romane Miradoli. L’équipe française de ski alpin habite également en station. « Être à l’hôtel, un peu plus au calme, c’est peut-être un avantage en termes de performance », souligne l’athlète tricolore. « Notre priorité reste le ski, être bien, reposés et en forme pour les courses. Ainsi, l’hôtel est bien plus adapté. »

L’agencement des bungalows au village olympique. (JT)
Le village olympique sera encore ouvert jusqu’au 15 mars, date de la fermeture des Jeux paralympiques. Puis, les installations seront totalement démontées et seront réutilisées dans d’autres lieux selon les besoins. Et tel Cendrillon, le camping olympique se transformera à nouveau en aérodrome. Loin de l’esprit des Jeux qui l’habite aujourd’hui.
Johan Tachet, Cortina d’Ampezzo
