Malorie Blanc a confirmé son énorme potentiel avec sa première victoire en Coupe du monde samedi à Crans-Montana, une victoire qui soulage aussi une équipe féminine de vitesse en difficulté cet hiver. Il faudra faire attention toutefois de ne pas mettre trop de pression sur la jeune Valaisanne, surtout avant les Jeux olympiques, ont averti plusieurs anciens champions. Réactions.

Une prestation impressionnante, une skieuse extrêmement sympathique et un énorme soulagement pour l’équipe de Suisse féminine de vitesse: d’anciens champions étaient tous d’accord sur la brillance de la victoire de Malorie Blanc lors du super-G de Crans-Montana samedi.

« Fantastique, fantastique », s’est enthousiasmé Marco Büchel, ancien champion du Liechtenstein désormais consultant à la télévision allemande. « Elle vient d’ici, c’était un spectacle de ski avec de belles émotions – un peu contrastées avec la minute de silence (ndlr: pour les victimes du drame du Nouvel An à Crans-Montana) et puis la victoire à domicile d’une skieuse locale. Ça a tellement de valeur, c’est beau, ça rassemble les gens, c’est vraiment unique. » « Sans parler de la façon excellente dont elle a skié. La manière avec laquelle elle a attaqué le mur avant l’arrivée m’a vraiment plu, elle a montré beaucoup d’attaque. Elle a énormément de potentiel et cette victoire est vraiment méritée », a loué le médaillé mondial de Beaver Creek.

Malorie Blanc n’avait encore jamais disputé de Coupe du monde sur cette piste du Mont Lachaux. Et la dernière fois qu’elle s’était élancée en compétition sur cette piste, en Coupe d’Europe il y a deux ans, elle s’était gravement blessée au genou gauche. « Ce qu’elle a fait aujourd’hui n’en est que plus impressionnant », s’est réjouie Nicole Schmidhofer, championne du monde de super-G en 2017, qui travaille maintenant à l’ORF. « Après une médaille d’or aux Jeux olympiques et en Championnats du monde, je crois qu’une victoire à domicile est la plus belle chose qu’on puisse remporter. Et elle skie si bien! », s’est extasiée l’Autrichienne.

Marco Büchel a été impressionné par Malorie Blanc. (Christophe Pallot/Agence Zoom)

Une libération pour les Suissesses en vitesse

Le fait que Malorie Blanc a offert aux Suissesses leur premier podium en vitesse cette saison n’a rendu ce succès que plus exceptionnel. « Ça me fait tellement plaisir pour l’équipe féminine de Suisse parce qu’elles ont vraiment ramassé ces dernières semaines et ces derniers mois. Rien n’allait. Là maintenant, elle montre ce dont elle est capable. »

Marc Berthod, ancien skieur suisse et commentateur à la SRF, n’a pas mâché ses mots. « Je ne m’attendais pas à grand-chose de la part des Suissesses avant la course. » D’où la joie face à ce résultat. « C’est une libération. Et cela donne de la confiance: on n’est pas si loin du podium, on peut même gagner. Ça va tirer tout le monde vers l’avant. Elle fait vraiment du bien au ski féminin. » Surtout à la veille des Jeux olympiques en Italie, qui seront les premiers pour l’Ayentote. « De pouvoir livrer une telle performance à domicile! Apparemment, cela lui a aussi donné des ailes. Elle a laissé ses actes parler d’eux-mêmes. Franchement, je tire mon chapeau », a encore loué Marco Büchel.

Ne pas mettre trop de pression

Reste toutefois le risque de mettre trop de pression sur la jeune skieuse à la veille du grand rendez-vous sportif l’hiver. « Je crois que les attentes sont grandes pour Malorie et peut-être aussi pour Corinne Suter, si elle revient en forme. Ce sont les deux qui peuvent aller chercher des médailles », a noté Marc Berthod. Pour Nicole Schmidhofer, malgré l’engouement de cette victoire, c’était donc crucial maintenant de calmer le jeu. « J’espère qu’elle peut prendre ça comme un coup de pouce pour les Jeux et ne se met pas maintenant de la pression. »

« L’important c’est qu’on ne mette pas toute la pression sur elle, mais qu’on lui laisse du temps. Que les attentes ne deviennent pas énormes, qu’on se réjouisse aussi de chaque top 10. Et ensuite, les podiums viendront d’eux-mêmes », a ajouté l’Autrichienne en regardant plus loin en avant. « En tout cas, elle est en belle forme. J’espère qu’elle le restera longtemps. »

Sim Sim Wissgott, Crans-Montana