Malgré l’annulation de l’entraînement ce jeudi à Crans-Montana, le directeur général de l’organisation des courses de Coupe du monde de Crans-Montana reste optimiste pour le week-end. Les compétitions se dérouleront dans une ambiance bien particulière. Explications.

Il est 11 heures ce jeudi matin à Crans-Montana et le soleil fait son apparition. Dans la raquette d’arrivée des courses de ski alpin, quelques dizaines de personnes garnissent les immenses tribunes mises en place. Tous n’ont pas été informés de l’annulation de l’entraînement en vue de la descente féminine et risquent d’être déçus. Ils ne verront pas aujourd’hui Lindsey Vonn, Federica Brignone ou encore Malorie Blanc. En effet, après deux reports, les organisateurs ont dû se résoudre à annuler le test chronométré. Comme un symbole, le brouillard a ensuite envahi l’aire d’arrivée, au moment où le directeur de l’organisation Didier Défago venait partager ses impressions devant les (très) nombreux journalistes présents.

« Le sport est un élément qui rassemble »

Tous ou presque sont venus pour écouter l’ancien champion olympique de descente évoquer les hommages qui seront rendus au cours des prochains jours aux victimes du drame du Nouvel An à Crans-Montana. « C’est un événement qui s’est passé et qui va marquer l’histoire de Crans-Montana, comme d’autres événements l’ont marquée. Ça va maintenant être inscrit dans l’histoire pour les années à venir », a relevé le Valaisan. « Pour nous, le rôle cette année, c’est peut-être aussi, par rapport à cette jeunesse et à tout ce qui tourne autour d’un événement comme celui-ci, de montrer qu’on peut faire quelque chose avec respect, avec dignité. »

L’arche noire est en train d’être installée. (Deprez/Dubuis)

Dans l’aire d’arrivée, les sponsors ont décidé de ne quasiment pas apparaître, laissant la place à des messages de soutien. La FIS a elle choisi de mettre en place une arche d’arrivée noire, qui doit encore être installée. Plusieurs moments seront également dédiés au souvenir durant le week-end. Les speakers seront plus sobres. « Le sport est un élément qui rassemble et qui donne des émotions positives. On a donc été assez vite convaincus qu’au niveau des compétitions, on allait les maintenir », a encore ajouté Didier Défago. Pour rappel, l’ensemble des animations au coeur de la station (tirage au sort, fan zone, concerts, etc.) ont été annulées. « Dans l’esprit actuel, le sport est un très bon élément. C’est un élément qui rassemble, qui amène des émotions positives. Ce ne sera pas festif cette année, mais c’est un élément motivant. On le voit avec toutes ces personnes présentes aujourd’hui. Je pense que le concept mis en place est juste. »

Trop de neige sur la piste

Pour revenir à l’aspect sportif donc, ce sont les chutes de neige qui ont contraint les organisateurs à annuler l’entraînement de ce jeudi. Si la ligne de course a pu être déblayée à temps, cela n’a pas été le cas de l’ensemble des abords la piste du Mont Lachaux, rendant la tenue de la manche impossible et quelque peu dangereuse aux yeux du jury. « Depuis le week-end passé, on nous avait annoncé pour aujourd’hui les plus grosses chutes de neige », rappelle Didier Défago. « Malheureusement, pour une fois, c’était juste, j’ai envie de dire. Mais ça permet aussi peut-être aux équipes de bien travailler la piste désormais. »

Les militaires sont sur place. (Deprez/Dubuis)

Certes, les équipes ont œuvré depuis 4 heures du matin, pour les premiers, mais ça n’a pas suffi à évacuer les quelques centimètres de neige tombés depuis mercredi après-midi. Une situation qui tranche avec certaines éditions, lorsque les organisateurs, bien aidés il est vrai par l’armée, avaient fait de véritables miracles, malgré plusieurs dizaines de centimètres d’or blanc recouvrant la piste.

Appel aux lisseurs

Afin d’anticiper ces chutes de nege, les organisateurs avaient lancé un appel sur leurs différents réseaux afin de recruter des renforts au lissage de la piste. « C’est vrai que si on est dans des conditions comme ça, on n’a jamais assez de monde, ça c’est clair », a poursuivi l’ancien descendeur. « Et quand il fait grand beau, on a trop de monde. Donc c’est l’occasion aussi, en vue de 2027, d’utiliser ces Coupes du monde pour faire des appels. De dire: voilà, on a un grand événement dans une année. Ils viennent déjà prendre de l’expérience cette année. Là, on a le monde qu’il faut pour une semaine, mais dans un année, ce sera le double. »

Les lisseurs avaient du travail ce jeudi. (Deprez/Dubuis)

Malgré des prévisions pas forcément très optimistes pour vendredi, Didier Défago reste confiant. « Il reste encore un petit peu de job, mais je suis assez confiant, ils vont pouvoir préparer ça en ordre. » À moins d’un tour de passe-passe, la descente féminine s’élancera depuis le départ du super-G car l’entraînement de mercredi n’a pas eu lieu depuis le sommet du Mont Lachaux. C’est la règle, dans ce cas. Dans la foulée, le premier entraînement en vue de la descente masculine doit auusi être lancé, si la Nationale est prête et que la météo ne vient pas encore perturber l’organisation.

Laurent Morel, Crans-Montana