Théo Gmür a porté vendredi soir le drapeau rouge à croix blanche lors d’une cérémonie d’ouverture officieuse à la Maison suisse de Cortina d’Ampezzo. « Un honneur » pour le triple champion paralympique qui a à cœur de compléter sa collection de médailles en Italie.

Les illustres arènes de Vérone étaient le magnifique théâtre à ciel ouvert de la cérémonie d’ouverture des 14es Jeux paralympiques. Pourtant, aucun athlète de la délégation suisse ne se trouvait dans la cité de Roméo et Juliette ce vendredi soir. Car c’est à Cortina d’Ampezzo que les athlètes helvétiques comptent écrire leur histoire d’amour avec ces Jeux, puisque huit sur les neuf sélectionnés suisses vont concourir dès samedi dans la station des Dolomites. Impossible alors d’entreprendre un long voyage aller-retour à la veille des courses. Pas question cependant de rater l’événement et Swiss Paralympic a décidé d’organiser une mini-cérémonie directement à la Maison suisse de Cortina d’Ampezzo.

Sous les yeux de la Conseillère fédérale Élisabeth Baume-Schneider et de près d’une centaine de convives, les athlètes suisses ont défilé, avec Théo Gmür, drapeau suisse en mains, en tête de cortège. « Un grand honneur que de représenter notre pays alpin » pour le Valaisan qui avait marqué de son empreinte les Jeux paralympiques de PyeongChang en rentrant de Corée du Sud avec trois médailles d’or. « C’est aussi une reconnaissance pour tout ce qu’on essaye d’accomplir et pour montrer que finalement rien n’est impossible », souligne celui qui est hémiplégique du côté droit depuis un AVC alors qu’il n’avait que 15 mois.

Plus fort avec le soutien de la famille et des amis

C’est toujours « avec des étoiles plein les yeux » que le skieur de Nendaz aborde ses troisièmes Jeux paralympiques. « Cela démontre ma longévité. Je deviens gentiment un routinier », rigole-t-il. À bientôt 30 ans, il les fêtera le 8 août prochain – la même date d’anniversaire qu’un certain Roger Federer que le Valaisan a mis au défi d’une rencontre de tennis -, Théo Gmür n’a plus rien à prouver. Ses quatre médailles paralympiques – il avait également remporté le bronze de la descente en 2022 -, auxquelles s’ajoutent six breloques glanées aux Championnats du monde, et son grand Globe de cristal gagné en 2018 en attestent. Mais ces dernières saisons, avec notamment une grosse blessure au genou gauche il y a deux ans, ont freiné son élan. « Je n’ai pas encore trouvé mes marques et je crois qu’il faudra encore du temps pour les trouver », poursuit celui qui n’est monté qu’à deux reprises sur un podium de Coupe du monde depuis son retour sur les skis l’hiver dernier. « Je ne suis pas là où je voudrais être, notamment en vitesse. »

Mais Théo Gmür « rêve de ramener une nouvelle médaille dans le plus beau des cantons », mais il se veut également réaliste. « On peut attendre beaucoup de choses, le meilleur comme le pire. » C’est en super-G et, surtout, en géant que ses chances sont les plus importantes. « J’ai vraiment montré encore la semaine dernière en camp préparatoire que j’étais présent, que je pouvais skier vite. Je me sens bien et il y a un coup à faire. » Et pour la première fois, il bénéficiera d’un large soutien dans l’aire d’arrivée de la mythique Olimpia delle Tofane. « Toute ma famille, mes amis proches, ma copine, sa famille aussi seront sur place. C’est tellement beau et j’espère profiter de ces Jeux et en faire profiter tout le monde. « 

Johan Tachet, Cortina d’Ampezzo