Huit ans après s’être gravement blessée la veille des Jeux de PyeongChang, la Valaisanne va enfin vivre son rêve olympique. Elle sera alignée en combiné par équipes ce mardi et en slalom la semaine prochaine, avec l’ambition de hausser son niveau de ski et, peut-être, de créer la surprise.
Le combiné par équipes aura une saveur particulière pour Mélanie Meillard, qui y participe avec Janine Schmitt. À 27 ans, la skieuse d’Hérémence va enfin vivre ses premiers Jeux. «J’y suis allée en 2018, mais brièvement», se rappelle-t-elle. À PyeongChang, le rêve olympique de la Valaisanne s’était transformé en cauchemar. La veille de la cérémonie d’ouverture, son genou gauche l’a lâchée à l’entraînement, alors qu’elle faisait partie des sérieuses prétendantes aux médailles en slalom. Le verdict est terrible, une rupture du ligament croisé antérieur ainsi qu’une lésion du ménisque externe du genou gauche, pour une blessure dont elle porte encore aujourd’hui les stigmates.
«C’était très certainement le pire moment pour se blesser. Il a fallu l’accepter. Ce sont de mauvais souvenirs liés à cela, mais j’ai grandi, j’ai appris énormément de choses. Dans les moments difficiles, on apprend beaucoup et au final, ça devient aussi du positif », souligne Mélanie Meillard qui n’avait pas non plus vu Pékin il y a quatre ans, faute de résultats. «Être là aujourd’hui, pouvoir enfin courir, c’est une forme de revanche et c’est pour ça que ça me tenait autant à cœur d’être présente. Les Jeux, on n’en a pas beaucoup dans une carrière.»
« J’ai eu peur de manquer aussi ces Jeux »
Pourtant, l’Hérensarde n’est pas passée loin de vivre pareille mésaventure et de manquer sa qualification, puisque Mélanie Meillard fait partie des skieuses suisses retenues qui n’ont pas totalement rempli les critères de sélection. « À un certain moment, j’ai eu peur de ne pas être là, c’est vrai », concède la skieuse dont le meilleur résultat est une 12e place à Kranjska Gora et une collection de places aux portes du top 15. «Ça m’a mis un de pression. Ma saison ne s’est pas passée comme je l’espérais, surtout en début d’hiver. Il a fallu tenir bon, essayer à chaque fois d’améliorer deux ou trois choses, de voir le positif dans chaque course, dans chaque manche.»
C’est donc remontée à bloc que la Valaisanne aborde ces Jeux olympiques. «Je me réjouis de concourir, je veux donner mon meilleur et pouvoir ramener de belles choses avec moi pour la fin de saison.» Naturellement, à Cortina d’Ampezzo, seules les médailles comptent, mais pour Mélanie Meillard, l’important est ailleurs. «Pour moi, ça veut dire faire deux bonnes manches et donner le maximum. C’est une course d’un jour, tout peut arriver.»
Aligner en course
D’ailleurs, elle évoluera sur l’Olimpia delle Tofane, un terrain qui ressemble à la Levi Black, sa piste préférée du circuit. Mais pour performer, il faudra aligner des manches de qualité jusqu’au bas du tracé italien. La constance, c’est l’élément sur lequel elle s’est entraînée ces dernières semaines. «En début de saison, je sortais beaucoup, je faisais trop de fautes. Le but a été de faire des manches solides, pas juste de se laisser descendre et ensuite d’affiner quelques points techniques », poursuit Mélanie Meillard qui certifie que « tout va bien mieux à l’entraînement ». « Il faut maintenant traduire cela en course. » Et qui sait, pouvoir ramener une médaille dans sa valise, histoire de tenir chaud à son doudou porte-bonheur.
Johan Tachet, Cortina d’Ampezzo
