Seize ans après ses débuts en Coupe du monde, Justin Murisier se plaît toujours autant sur le Cirque blanc. Épargné par les soucis physiques et avec de nouvelles spatules aux pieds, celles qui avaient fait les succès de Pirmin Zurbriggen, le Valaisan veut retrouver le devant de la scène.
Comme chaque printemps, le mercato 2026 a été animé dans le Cirque blanc. Head s’est notamment montré très offensif en recrutant Henrik Kristoffersen, Alice Robinson, Lara Colturi ou encore Ester Ledecká. À l’inverse, Justin Murisier a choisi de quitter la marque autrichienne après 6 ans d’une fructueuse collaboration qui a vu le Valaisan remporter sa première course de Coupe du monde à Beaver Creek en 2024 et s’installer parmi les meilleurs spécialistes de vitesse de la planète.
L’opportunité de rejoindre Kästle, se présente comme « un changement de cycle » pour le Bagnard qui va désormais skier sur une marque qui a connu ses heures de gloire avec les succès de Pirmin Zurbriggen dans les années 80. « C’est une marque prestigieuse qui revient sur le devant de la scène. C’est quelque chose de très spécial pour moi. Étant enfant, avoir entendu parler de Pirmin Zurbriggen toute ma jeunesse, je pense que c’est quelque chose qui m’a toujours un peu touché », lance avec fierté Justin Murisier qui sera la nouvelle firme d’affiche de la marque autrichienne, avec Jasmine Flury, la championne du monde 2023 de descente.
Un bon feeling sur les skis
Les premières sensations sur le glacier à Zermatt et à Valle Nevado au Chili « ont été bonnes ». Mais un changement de matériel n’est jamais anodin et entraîne une période d’adaptation. « C’est quelque chose que l’on sous-estime parfois, même en tant qu’athlète, on repart à zéro », acquiesce le Valaisan. « Si tout se passe bien, c’est très facile. Mais il suffit qu’il y ait un détail qui se passe moyennement. On ne sait pas vraiment où chercher. On ne sait pas si ça vient du ski, de la plaque, de la chaussure, de la manière dont le ski est fait. Il y a tellement de facteurs que c’est très difficile de trouver la solution ou le problème. »
Pour le moment, Justin Murisier est content de son choix et peut envisager le prochain hiver sereinement, tout en restant réaliste sur ses objectifs après une dernière saison contrastée, qui avait été entamée après deux opérations, l’une au genou et l’autre au dos . « Je ne dois pas m’inventer des histoires, beaucoup de choses sont possibles, Sans préparation optimale, l’an dernier, j’ai accroché des top 10 et j’ai terminé dans les vingt en descente. Mais je ne me lève pas le matin en me contentant de cela », poursuit-il avec l’ambition de monter au moins une fois sur le podium lors du prochain exercice, plus de 16 ans après ses débuts en Coupe du monde.
Le ski comme apprentissage de l’homme
« Je profite toujours autant », assure l’homme qui est, depuis le retrait de Lara Gut-Behrami cet été, l’athlète suisse en activité le plus ancien sur le front de la Coupe du monde (même si Thomas Tumler, 36 ans, est plus âgé que justin Murisier et ses 34 ans, le Grison a débuté deux ans plus tard que le Bagnard sur le Cirque blanc). « Quand j’ai débarqué sur le circuit à 18 ans, je ne pensais pas avoir une aussi longue carrière. Je profitais au jour le jour, mon but était de devenir le Marcel Hirscher 2.0 et de gagner des courses. Après, mon histoire, on la connaît et ça ne s’est pas passé comme je l’aurais voulu », continue celui qui ne recense plus les pépins physiques rencontrés. « Je pense que je n’en serais pas où je suis aujourd’hui sans tout ce qui m’est arrivé. Dans plein de domaines, j’ai appris des choses que, sincèrement, si j’avais eu du succès tout de suite, je n’aurais peut-être pas apprises. »
Johan Tachet, Dübendorf
