Le Bernois est devenu champion olympique de descente à seulement 24 ans ce samedi à Bormio à la faveur d’une course folle. Fidèle à lui même, il a célébré son succès sans artifice, juste en étant content d’être là. Réaction.

Quel exploit! Un an après son titre de champion du monde dans la discipline reine, Franjo von Allmen a récidivé ce samedi à Bormio, pour remporter la médaille d’or olympique en descente. Grâce à une course proche de la perfection sur la très exigeante Stelvio, le prodige de Boltigen a repoussé toute concurrence aux oubliettes. Il a ensuite jubilé avec une célébration qui pourrait devenir iconique! « Ça vient d’une vache du Simmental », nous a-t-il précisé en mimant l’animal dans une célébration. « On en avait parlé avec un ami éleveur. Je crois que l’origine vient de là. Je ne sais pas encore si ça va devenir un « signature move »…

Franjo von Allmen, quelle performance! Vous attendiez-vous à ça?

Franchement, j’ai moi-même été un peu surpris d’avoir autant d’avance. J’ai vraiment réussi à trouver le bon rythme partout, j’ai pu prendre de la vitesse. La piste était belle, avec peu de bosses. C’était agréable.

Vous sembliez très détendu ces derniers jours, malgré les enjeux.

Oui, j’ai abordé les derniers jours de manière très détendue, j’ai skié avec plaisir. Et je dois dire honnêtement que c’est maintenant, à l’arrivée, que je suis le plus nerveux. J’étais stressé en regardant mes adversaires descendre, et notamment Giovanni Franzoni. Je préfère skier moi-même que devoir regarder les autres…

Vous n’avez que 24 ans mais vous êtes déjà champion du monde et champion olympique. C’est fou, non?

Oui, je suis plus que satisfait. C’est clair que je n’ai pas le droit de me plaindre. Je n’ai pas encore réussi tout ce que j’espère, mais je ne pense que si on gagnait tout depuis le début, ce serait ennuyeux. En ce sens, il faut aussi profiter du chemin qui mène à ces succès. Je prends les choses comme elles se présentent et ça fonctionne. Que j’aie 24 ou 27 ans, j’espère bien sûr pouvoir encore tenir le rythme pendant quelques années avec les meilleurs. Il faut profiter de tout, et pas seulement lorsqu’on est champion du monde ou champion olympique.

Votre victoire juste avant les Jeux olympiques à Crans-Montana vous a-t-elle aidé?

Bien sûr, c’était un vrai avantage. Si tu peux gagner la dernière course avant les Jeux olympiques, c’est la preuve que t’es en forme. On s’est clairement dit qu’il fallait réussir à reproduire la même chose ici. L’avantage, c’est surtout que j’ai pu skier décontracté à l’entraînement et encore aujourd’hui en course.

Quel est votre sentiment en ce moment?

C’est encore bizarre, un peu comme dans un film. Je n’ai pas encore vraiment réalisé. Il faudra encore quelques heures, quelques jours, avant de pouvoir le faire.

Ça fait quoi d’être entouré de deux Italiens sur le podium?

Ça fait du bien d’être au milieu et pas à côté d’eux (rires). Pour eux, c’est aussi très spécial d’être sur un podium olympique à domicile. J’espère qu’ils pourront aussi en profiter.

Votre fan club était présent en nombre aujourd’hui. Ça vous aide?

C’est vraiment spécial, et j’ai la chance de pouvoir en profiter alors que les Jeux olympiques se déroulent près de chez moi. C’est extrêmement cool d’avoir tant d’amis et de membres de ta famille qui viennent t’encourager.

Laurent Morel, Bormio