Deux grosses fautes, une dans chaque manche, auront coûté le podium du géant à la Valaisanne qui devra se remobiliser rapidement en vue du slalom de mercredi. En espérant un parcours un peu plus sélectif que celui de jour.

« La médaille était là, elle était juste là. » Il ne faut pas se fier au classement de Camille Rast, 12e du géant olympique, pour analyser sa performance. Car la Valaisanne échoue à 37 petits centièmes du podium, de la médaille d’argent, que se partagent la Suédoise Sara Hector et la Norvégienne Thea Louise Stjernesund. Par deux fois, en première et deuxième manche, la skieuse de Vétroz a commis une erreur qui lui a ôté toute vitesse au bas du mur de départ qu’elle avait découpé. « Je perds beaucoup de temps, beaucoup de vitesse. J’ai loupé une belle occasion. Mais c’est le sport, j’ai tenté », regrette-t-elle.

La déception est de mise dans un géant qui était plus ouvert que jamais, où les écarts étaient extrêmement serrés, si l’on omet la performance majuscule de la double championne olympique Federica Brignone, encore une fois stratosphérique. Il y a seulement une demi-seconde entre la 2e marche du podium et la 14e place de l’Italienne Asja Zenere. La facilité du tracé, notamment celui de la première manche très direct, n’était pas un avantage pour les meilleures techniciennes. « Il n’y a pas forcément de vrais virages de géant, c’était plutôt des demi-virages. Difficile de faire quelque chose sur cette piste qui est habituellement utilisée pour de la vitesse. Le slalom, ça risque aussi d’être quelque chose. »

Une blessure au pouce droit

Car, il va falloir se remobiliser rapidement pour l’actuelle 2e du classement général avec une dernière épreuve à disputer mercredi, sur une pente qui possède peu de déclivité et qui ne sied pas forcément à ses qualités. « La manche de slalom devrait durer 44 secondes, ça ne fait pas vraiment rêver. Ce sera encore une fois difficile de faire des écarts, en espérant que le traceur puisse inventer une vraie épreuve avec du rythme », poursuit la championne du monde des virages courts qui avoue se réjouir de « retrouver le rythme de la Coupe du monde sur des pistes difficiles ».

D’autant plus qu’après une hanche qui occasionne toujours des problèmes, son pouce de la main droite la fait également souffrir depuis quatre jours, après l’avoir tapé contre la neige en ski libre. « Pour le slalom, ce n’est pas optimal. Je colle la main au bâton, je vais essayer de trouver des solutions pour ne pas le lâcher. Le but sera tout de même que mon corps soit prêt pour la course de mercredi. »

Des douleurs et un manque de confiance pour Sue Piller

Dans le clan suisse, on n’a jamais trouvé le rythme sur ce géant. Vanessa Kasper (23e) et Sue Piller (24e) peuvent également en témoigner. « J’étais en manque de confiance », regrette la Fribourgeoise qui n’était pas non plus à 100% de capacité pour vivre pleinement son baptême olympique. La skieuse de Planfayon s’est bloquée le dos en début de semaine et a reçu coup sur le genou droit samedi à l’entraînement, l’obligeant à prendre des antidouleurs avant la compétition. « Si c’était une course de Coupe d’Europe, voire même de Coupe du monde, je n’aurais pas pris le départ. »

La singinoise de 20 ans va, avant tout, utiliser cette course pour préparer son futur. « J’ai encore énormément de choses à apprendre. Quand tout ne va pas comme on le souhaite, cela donne une motivation supplémentaire pour continuer à travailler. Je suis contente de prendre cette expérience avec moi et d’essayer d’avancer. Quand on y pense: qui aurait pensé que je me serais retrouvée au départ aux Jeux olympiques il y a un an? »

Johan Tachet, Cortina d’Ampezzo