Luca Aerni et son agent Mathieu Rossier sont les invités de l’Après-Ski, le talk 100% ski du Nouvelliste et de SkiActu. On a bien évidemment parlé ski et gros sous.

Luca Aerni est devenu depuis plusieurs saisons un géantiste averti. À 33 ans, le skieur de Crans-Montana fait désormais partie des meilleurs athlètes de la discipline et espère briller aux Championnats du monde sur le Haut-Plateau en février. Il était notre invité de la semaine sur le plateau de l’Après-Ski en compagnie de son agent Mathieu Rossier, directeur de GPS Performance.


Une seconde jeunesse

Luca Aerni a dû patienter huit ans entre ses deux podiums en Coupe du monde. Son second, à Val d’Isère l’hiver dernier, lui a permis de s’installer parmi les meilleurs géantistes du monde. «J’ai travaillé dur ces dernières années pour atteindre ce niveau. Et en ce moment, tout joue. Mon matériel fonctionne, mon corps suit, je peux m’entraîner comme je le souhaite. Finalement, ça paie», sourit le Valaisan, qui s’est installé dans le top 15 en géant, mais qui n’oublie pas non plus son premier amour, le slalom. «Je me suis toujours battu dans cette discipline et j’espère encore avoir une chance de titiller le top 15 là aussi. Ça me motive énormément.»

Des Mondiaux à la maison

Dix ans après avoir conquis l’or du combiné alpin des Mondiaux de Saint-Moritz, Luca Aerni pourrait disputer ses sixièmes Championnats du monde à Crans-Montana, chez lui, dans trois mois. «Cette perspective m’a motivé durant tout l’été», assure l’athlète du Ski-club des Barzettes qui sait qu’il doit faire face à une rude concurrence pour obtenir son sésame pour ce grand rendez-vous. «C’est une de mes forces de ne pas trop réfléchir à la suite, de me concentrer sur chaque course et ensuite espérer pouvoir performer à la maison.»

Agent, un métier dans l’ombre

Comme dans le football, de nombreux agents gravitent dans le milieu du ski. «On accompagne les athlètes dans tous les domaines qui ne sont pas liés à la performance», souligne Mathieu Rossier, agent, mais aussi ancien skieur FIS et titulaire d’un brevet d’avocat. «Notre travail consiste à rechercher des sponsors, à gérer les aspects financiers des contrats, à être présents sur les compétitions pour être aussi une oreille attentive pour nos athlètes en cas de besoin.» Luca Aerni, accompagné de son papa, a fait le choix d’être entouré dès le début de sa carrière. «Je suis content d’avoir quelqu’un qui s’occupe de mes contrats, les gère, les négocie. J’ai ainsi eu la chance de pouvoir compter sur des sponsors qui sont avec moi depuis le début, même dans les moments difficiles. Ça donne de la confiance et je peux me concentrer sur mon ski.»

Dans le top 30 pour vivre

Mais quels sont les montants des contrats négociés? « Ce sont des montants qui permettent aux athlètes de bien vivre s’ils ont un bon niveau », continuer Mathieu Rossier, sans entrer dans des détails chiffrés. «Comme skieur suisse, il faut être classé dans le top 30 pour espérer en vivre. Mais, contrairement aux footballeurs, on ne peut pas en profiter une fois que notre carrière est terminée. » Les deux hommes s’accordent à dire que les « prize-money » distribués lors les différentes compétitions pourraient être revus à la hausse. « Comparativement à d’autres sports, une victoire rapporte peu. Un joueur de tennis éliminé au premier tour d’un Grand Chelem gagnera plus qu’un skieur qui remporte une course de Coupe du monde », précise Mathieu Rossier. Paula Moltzan et Luca Pinheiro Braathen, avec leur victoire à Sölden, ont touché 50’000 francs chacun contre 116’000 francs pour Stan Wawrinka, éliminé d’entrée au dernier US Open…

Johan Tachet


Voir les émissions précédentes de la saison 4:

Épisode 1: Sue Piller et Jérôme Krieg