Corinne Suter skie après sa meilleure forme cet hiver. À Cortina d’Ampezzo, sur des terres qu’elle a déjà conquises par le passé, la championne olympique de descente en titre espère pouvoir démontrer son meilleur ski.
Corinne Suter débarque à Cortina d’Ampezzo en tant que tenante du titre sur la descente olympique. Mais la Schwytzoise ne se présentera pas dans le portillon de départ dimanche avec la même dynamique qui avait précédé son triomphe en Chine il y a quatre. Blessée en début de saison à la jambe gauche après une chute à l’entraînement, elle court après sa meilleure forme. Son meilleur résultat cet hiver reste une 15e place lors de la descente de Tarvisio, bien loin de ce que la championne nous avait habitués par le passé. Mais Corinne Suter le certifie, elle est sur le bon chemin. Et ça tombe bien, ces Jeux olympiques se disputent sur l’Olimpia delle Tofane, une piste qu’elle apprécie particulièrement et qui l’avait vue devenir championne du monde de descente il y a quatre ans. Interview.
Corinne Suter, à la veille de votre entrée en lice pour vos troisièmes Jeux olympiques, comment allez-vous physiquement?
Je n’ai plus de douleurs. Les vagues et les sauts se sont bien passés durant les entraînements. Il me manque encore un peu de kilomètres pour retrouver pleinement la vitesse. J’arrive ici avec de très bonnes sensations, ça c’est sûr.
Vous avez une jolie histoire avec Cortina d’Ampezzo. On se souvient de votre titre mondial en descente en 2021 notamment.
J’ai toujours aimé venir ici. J’adore Cortina. Je trouve que c’est l’une des plus belles pistes du circuit de Coupe du monde, surtout la descente. Normalement, l’Olimpia delle Tofane est aussi toujours en excellent état. Et tout l’environnement autour est très positif.
Vous êtes également championne olympique en titre. Cela vous enlève-t-il un peu de pression?
Oui, clairement et c’est vraiment cool d’avoir déjà une médaille à ma collection. Mais on veut quand même tout donner. Tout le monde repart à égalité et entend se battre pour ces médailles. Il faut être à 100 %.
Malorie Blanc disait vouloir vous demander comment on devient championne olympique…
Il faut réussir à assembler toutes les pièces du puzzle et avoir un peu de chance. C’est très complexe. Chaque personne est différente, donc je ne peux pas vraiment donner de conseils universels. Mais au fond, je pense qu’il ne faut pas faire grand-chose de différent par rapport aux autres courses.
L’esprit d’équipe est-il important pour vous, de pouvoir aussi d’une certaine manière profiter de la fraîcheur d’une Malorie Blanc?
Oui, énormément. Quand on se tire mutuellement vers le haut à l’entraînement, ça crée une vraie concurrence saine. On le voit dans d’autres nations, quand deux ou trois athlètes sont très fortes, tout le groupe progresse. C’est aussi ce qu’on aimerait créer au sein de notre groupe.
Après avoir participé aux Jeux à PyeongChang et à Pékin, cela doit vous réjouir de vivre enfin la vraie ambiance olympique, dans un pays de sports d’hiver.
Oui, complètement. Je suis très curieuse de voir comment ça va se passer. Les deux précédents Jeux étaient un peu particuliers, loin de chez moi, sans ma famille. Là, ce sera différent, avec une autre ambiance et une autre manière de courir. Et il y aura beaucoup de personnes qui vont faire le déplacement pour venir me soutenir. Je me réjouis.
Et dans vos bagages, avez-vous emmené un objet porte-bonheur?
C’est assez drôle. Avant les grands événements, l’école de sport d’Engelberg nous envoie toujours une mascotte. Cette fois, j’ai Tina, la mascotte de Milan-Cortina avec moi en chambre et j’en suis très heureuse.
Johan Tachet, Cortina d’Ampezzo
