Entraîneur de l’équipe de Suisse de vitesse, Valentin Crettaz était plus qu’heureux après la victoire de son protégé Franjo von Allmen lors de la descente olympique. Le Valaisan revient sur la préparation du Bernois et espère qu’Alexis Monney puisse l’imiter. Réaction.

Le sourire sur les lèvres de l’Anniviard en dit long. Comme souvent depuis qu’il fait partie du staff d’entraîneurs de l’équipe de Suisse de vitesse en Coupe du monde, Valentin Crettaz est un homme heureux. Il a l’occasion de vivre de l’intérieur et surtout de participer aux exploits de Marco Odermatt, Alexis Monney et autres Franjo von Allmen. Ce samedi, grâce à son titre olympique, c’est le Bernois de 24 ans qui a mis des étoiles dans les yeux de celui qui l’entraîne depuis plusieurs années et ce, déjà au niveau inférieur.

« C’est juste magnifique, de grandes émotions », s’est réjoui le Valaisan, très heureux d’avoir placé trois des siens parmi les cinq meilleurs. « C’est génial de pouvoir vivre ça avec eux. Je crois qu’on a vraiment tout mis en place pour aller chercher cette victoire. Notre équipe est vraiment très, très forte. » Pourtant, il se méfiait des Italiens, finalement 2e et 3e grâce aux très solides Giovanni Franzoni, avec qui Franjo von Allmen avait déjà partagé trois podiums aux Championnats du monde juniors de Panorama en 2022, et Dominik Paris. « On savait qu’ils allaient nous mener la vie dure. Mais je crois que la meilleure réponse est celle que Franjo a donné avec une manche solide, proche de la perfection. »

Un travail sur les sauts en motocross

Le Bernois a notamment idéalement maîtrisé le saut du San Pietro, alors que l’exercice n’a pas forcément toujours été sa spécialité. « Il travaille tous les jours pour s’améliorer et c’est vrai qu’il est un petit peu plus stable que par le passé même si ce n’est pas encore parfait », confirme Valentin Crettaz, qui insiste sur le gros travail de condition physique effectué par le nouveau champion olympique de descente.

« La bonne nouvelle, c’est qu’il aime sauter, notamment en motocross, sa passion. Et il s’améliore beaucoup. Il utilise le motocross pour progresser en ski. Il est bien dans sa tête, bien dans son corps. » L’entraîneur se réjouit des sérieux progrès dans tous les domaines de son protégé. « Le travail avec lui, c’est de solidifier son ski, d’être plus stable. C’est ce qu’on a fait et on a la preuve que ce n’était pas du boulot dans le vide. Il a appris à glisser, à sauter et maintenant, c’est une vraie masterclass. C’est vraiment cool de l’avoir vu évoluer. » Pour briller, Franjo von Allmen a notamment effectué un gros travail de condition physique.

Et même s’il est heureux pour son protégé, Valentin Crettaz nourrit tout de même une pointe de regret pour Alexis Monney, à qui il a manqué 0″25 pour monter sur le podium. « Sur le bas, il était très fort. S’il ne fait pas de bêtise à la sortie du Canalino, il peut aussi monter sur le podium, voire gagner. Mais c’est le ski et il apprend à chaque course. On espère que ça ira encore mieux par la suite. » Avant d’aller fêter ce nouveau succès de l’un des leurs, comme cette équipe sait si bien le faire, les Suisses ont passà l’après-midi à l’analyse vidéo. Histoire que tous puissent profiter des trajectoires trouvées par le héros du jour.

Laurent Morel, Bormio