Le président de la FIS Johan Eliasch était présent à Val d’Isère. Il a ouvertement évoqué la question des casques, du partenariat avec l’Azerbaïdjan et surtout des problèmes logistiques des Jeux olympiques de Milan-Cortina.
Depuis le premier week-end de la saison à Sölden, on avait perdu la trace de Johan Eliasch. Le président de la FIS est réapparu ce samedi à Val d’Isère, en spectateur attentif de la descente dames. C’était l’occasion pour le Britannico-Suédois de faire le point, avec les journalistes présents sur place, sur les problématiques qui entourent les Jeux olympiques de Milan-Cortina à moins de 50 jours de la cérémonie d’ouverture, mais également d’évoquer les nouveaux partenariats de la FIS et les questions de sécurité qui font polémique sur le Cirque blanc.
On parle beaucoup des Jeux olympiques de Milan-Cortina et de l’avancement des derniers préparatifs. Tout sera-t-il prêt, alors que certains éléments ne le sont pas encore aujourd’hui?
Non, tout n’est pas encore prêt. Il y a une forte pression pour que l’ensemble soit coordonné et finalisé. Ce n’est pas un manque d’efforts, loin de là.
Nous savons qu’il existe des problèmes techniques à Livigno, concernant notamment l’enneigement avec la neige de culture. À quel point la situation est-elle préoccupante?
Nous avons des réunions trois fois par jour, matin, midi et soir. Une partie du problème concerne effectivement la production de neige. Il y a eu plusieurs retards et ce n’est pas faute d’efforts. Malheureusement, le gouvernement italien n’a pas encore débloqué les financements nécessaires, ce qui a mis les organisateurs en difficulté. Cela n’aurait jamais dû arriver.
Êtes-vous réellement inquiet, sachant que l’échéance approche rapidement?
La situation est difficilement explicable, mais s’il y a des retards, nous en connaissons les raisons. Nous espérons remettre le projet sur les rails. Nous avons des plans de secours, un B, un C et même un plan D. Mais encore une fois, il est regrettable d’en être arrivé à une situation qui n’aurait jamais dû exister.
Revenons au ski alpin. Les derniers accidents, parfois mortels, ont relancé la problématique de la sécurité et notamment des casques portés par les athlètes qui ne semblent plus être aux normes. Où en êtes-vous actuellement et est-ce que la FIS travaille concrètement sur le sujet?
Oui, nous travaillons activement sur des casques capables de résister à des impacts multiples, ce qui est fondamental pour la protection de la tête. Nous avons de nombreux projets liés à la sécurité. Pas uniquement lié au casque. Par exemple, nous développons des fixations à déclenchement électronique, qui devraient permettre de réduire significativement les blessures au genou, mais aussi aux jambes. Nous travaillons également sur les airbags afin de mieux protéger le cou et la tête. Nous portons aussi une attention accrue au tracé des pistes, afin d’éviter notamment les compressions dans des zones sans visibilité.
L’été dernier, la FIS a accueilli un nouveau partenaire, l’Azerbaïdjan, un pays peu connu pour le ski en Europe occidentale. Quel est l’objectif? Ouvrir de nouveaux marchés?
Oui, c’est essentiel. Nous ne pouvons plus vraiment développer le ski en Europe centrale. Pour attirer de nouveaux athlètes et développer de nouvelles stations, nous devons aller au-delà des frontières européennes. Nous avons déjà observé des progrès aux États-Unis et en Chine, où la croissance est forte. Mais il existe encore de nombreuses régions dans le monde. L’Azerbaïdjan en fait partie. Le gouvernement y est très engagé en faveur de notre sport. Dans ces conditions, nous devons leur apporter tout le soutien nécessaire pour favoriser son développement. Et nous espérons accueillir des courses de Coupe du monde en Azerbaïdjan dans les prochaines années.
Ce projet est-il déjà en bonne voie?
Oui, nous sommes déjà bien avancés.
Depuis le mois d’août, Urs Lehmann a été nommé directeur général de la FIS. Autrefois, vous étiez rivaux et adversaires au poste de président, désormais vous travaillez main dans la main. Comment se passe la collaboration?
Nous travaillons très bien ensemble et nous avons un point commun essentiel: l’amour et la passion du sport. Nous voulons également améliorer les choses pour les athlètes et nous partageons la même vision pour l’avenir de la FIS.
Quelle est cette vision à long terme?
Faire de ce sport le meilleur, le plus attractif et le plus prospère de la planète.
Johan Tachet, Val d’Isère
