Les Jeux olympiques, ce n’est pas seulement des compétitions et des médailles : c’est aussi une fête du sport, des athlètes et des fans venus du monde entier, deux semaines d’émotions et de frissons, et tout un tas d’anecdotes amusantes. Parce que c’est inévitable lorsque quelques dizaines de milliers de personnes envahissent des petites vallées isolées dans les Alpes italiennes.
À Milan-Cortina 2026, SkiActu vous offrira des pépites des coulisses, du « vu et entendu » en marge des compétitions, des moments et des commentaires drôles, insolites, touchants ou juste abracadabrants qui ne trouveraient peut-être pas leur place dans un résumé de course ou une réaction des médaillés, mais qui valent quand même la peine d’être partagés!
Vendredi 13 février 2026
- Méga-oups: On l’a tous fait – rejeter un appel d’un numéro inconnu. Sauf que dans le cas du lugeur allemand Max Langenhan, médaillé d’or en relais, l’appel venait du chancelier allemand Friedrich Merz. « Je n’avais pas beaucoup dormi. Ce qui n’est pas une excuse ! Mais je regardais un message vidéo que m’avaient envoyé les Geissen (ndlr : des stars de télé-réalité) me félicitant de la médaille et j’ai reçu un appel d’un numéro inconnu. Du coup, je l’ai rejeté… mais il se trouve que c’était Friedrich Merz », a raconté le lugeur, provoquant l’hilarité de ses coéquipiers. « Cher Friedrich, cher M. Merz, je suis vraiment désolé ! » a-t-il conclu. Le chancelier va certainement lui pardonner.
Jeudi 12 février 2026
- Une médaille d’or et une bague au doigt: Il n’y avait pas que Federica Brignone, Romane Miradoli et Conny Hütter qui ont passé une journée inoubliable, après avoir remporté une médaille lors du super-G olympique. Breezy Johnson également. La médaillée d’or de la descente est passée par tous les états d’âme ce jeudi sur l’Olimpia delle Tofane. Victime d’une grosse sortie de piste, elle a eu la magnifique surprise de se voir… proposer en mariage. La skieuse du Wyoming s’est empressée de dire oui à Connor. Une médaille d’or et une bague, des Jeux réussis pour l’Américaine.
Forte présence de l’Ouzbékistan à Cortina (ou pas): En arrivant dans la station des Dolomites, on se dit que l’Ouzbékistan est bien représenté, à la vue de son drapeau qui apparaît sur les murs et balcons de nombreux bâtiments. Jusqu’au moment où on apprend que c’est tout simplement le drapeau de Cortina d’Ampezzo. La confusion peut être rapidement faite, puisque les couleurs sont les mêmes, seules les étoiles ouzbèques les différencient. Pour être totalement complet sur le drapeau de Cortina, le bleu représente le ciel des Dolomites, le blanc caricature la neige, alors que le vert souligne la forêt et les alpages.

Mercredi 11 février 2026
- Le Télétext, c’est la vie: Les moins de 20 ans ne connaissent pas son existence. Mais le Télétext a rythmé la vie de la génération Y et les plus anciennes. On suivait assidûment les résultats des matches de foot et de hockey au rythme que clignotaient les petites étoiles rouges, tout en disséquant les différents classements, sur nos télévisions carrées. Maintenant, le Télétext vit toujours, sur les applications, mais encore à la télévision. Et en Italie, on se plaît toujours à analyser facilement les résultats sportifs sur le petit écran. Enfin, en Italie, il faut encore le dire vite, puisque c’est le Télétext de l’ORF, la chaîne nationale autrichienne, qui est consulté dans un restaurant de Dobbiaco, enfin Toblach pour les gens qui y vivent. Tout cela pour admirer que la Suisse figure, quoi qu’il arrive devant l’Autriche et l’Italie au classement des médailles.

- Camelote: D’accord, c’est peut-être un peu extrême, mais il semble que les médailles olympiques aient la fâcheuse tendance de tomber en morceaux. L’Américaine Breezy Johnson l’a déjà noté peu après avoir reçu sa médaille d’or en descente dimanche. Le biathlète allemand Justus Strelow a eu le même problème, tout comme la fondeuse suédoise Ebba Andersson et la patineuse américaine Alysa Liu. Apparemment, sauter de joie – une réaction assez normale quand on finit sur un podium olympique – suffit à démonter la précieuse breloque. Les confrères de Ö3 ont fait un test avec le médaillé d’argent en combiné nordique – un athlète avec beaucoup d’expérience en saut – l’Autrichien Johannes Lamparter. Les résultats sont concluants.
Mardi 10 février 2026
- La Suisse, c’est cher, très très cher: Parmi les lieux les plus fréquentés à Cortina d’Ampezzo, la House of Switzerland figure en bonne place. Il faut dire que c’est l’un des rares lieux, gratuitement accessibles au public. On peut jouer à un mini-curling, écouter des prestations de yodel et de cors des alpes, mais aussi déguster la gastronomie locale. Au menu, entre autres, des spätzli, de l’émincé à la zurichoise, des saucisses de veau. des raclettes – du « Texas de la Suisse » que vous aurez traduit en Valais -, une mini-mini-mini fondue pour une personne, mais également des chips Zweifel ou des Ricola de bon aloi! Les prix? Ils sont suisses, très suisses. Aussi joli est cette maison suisse, si l’idée était de faire comprendre que tu as besoin de tunes pour visiter notre pays, l’objectif est réussi. La raclette à 15 balles et une bouteille de rouge de Schaffhouse à 80, tu prends dans le porte-monnaie…


Dimanche 8 février 2026
- Pause pipi: Les journalistes enchaînent les questions pour la nouvelle championne olympique de descente Breezy Johnson. À sa gauche, Sofia Goggia, bronzée une heure plus tôt, s’impatiente au moment où l’on demande à l’Américaine comment elle se sentait avant la compétition. « Désolée », s’écrie la Transalpine. « Avez-vous une question encore pour moi. J’ai vraiment besoin d’aller aux toilettes. » Et sans attendre la réponse, celle qui a allumé la vasque olympique à Cortina d’Ampezzo se lève en fout le camp. « J’ai encore le contrôle antidopage. » La bonne excuse. On en aurait fait autant.
- Un « Hulk » olympique: Mario Balotelli? Cristiano Ronaldo? Beaucoup se sont demandé qui avait inspiré la pose de bodybuilder du snowboardeur Benjamin Karl, qui s’est empressé d’enlever veste, survêtement et sous-vêtement à peine la ligne d’arrivée franchie pour fêter sa 2e médaille d’or olympique d’affilée en géant parallèle. « J’ai eu l’idée de Hermann Maier (ndlr: légende de ski alpin autrichienne) », a finalement expliqué l’Autrichien de 40 ans. « Il avait arraché sa combinaison une fois après une course. J’y ai pensé au départ et je me suis dit: je vais le faire aussi. » En plus d’une 4e médaille olympique, il a déjà livré une des grandes photos de ces Jeux.
- Monstre ambiance: De retour de Cortina d’Ampezzo après la descente olympique, on s’est dit qu’il serait agréable de boire une bière à Toblach, là où résident plusieurs journalistes suisses et pas seulement. Sur la place du village, un écran géant, du patinage artistique, des canapés, des huttes, mais pas un rat. Six personnes regardent tranquillement l’affaire dans le petit village situé à 30 kilomètres de la cité olympique. « Il n’y a aucun esprit des Jeux », nous glisse un local, presque désolé en allemand, alors que nous nous trouvons en Italie. « Par contre, allez à Antholz, c’est de la folie. » Promis, c’est prévu.

Samedi 7 février 2026
- Shakespeare curling: On commence notre journée avec un petit match de curling mixte pour se mettre en jambes. La Suisse affronte la Suède. Et dans le clan suisse, on parle… l’anglais. C’est ainsi beaucoup plus facile pour communiquer entre le couple soleurois Schwaller et leur entraîneur genevois Peter Da Cruz. Mais rassurez-vous, c’est bien en suisse-allemand que crie Briar sur son mari Yannick pour l’inciter à mettre de l’énergie dans son balayage.

Yannick Schwaller débriefe avec Peter Da Cruz.
- Faut pas toujours désherber: Dominik Paris a beau être un des skieurs les plus âgés du Cirque blanc, il sait toujours gagner. La preuve: sa médaille de bronze lors de la descente olympique. Interrogé par la RAI sur le fait que 12 ans le séparent de son compatriote Giovanni Franzoni, qui a pris l’argent, le vétéran avait une réponse très simple: « Les mauvaises herbes sont increvables! »
Vendredi 6 février 2026
- Dogg, le boss: C’était la révélation des Jeux olympiques d’été à Paris en 2024 et il est là aussi à Milan-Cortina: Snoop Dogg va de nouveau faire vibrer les fans – américains et autres – avec son énorme bonne humeur, ses tenues déjantées et ses analyses décalées. On se réjouit de voir ce qu’il pense du curling et du snowboardcross!
- « Italie ou Autriche?« : La réaction de nombreux journalistes en arrivant aux Jeux olympiques cette semaine : « Mais… on parle allemand ici ?!? » Et oui, on a beau être en Italie, de nombreuses compétitions se déroulent dans des vallées et des stations germanophones comme Livigno. Bref, préparez vous à commander « ein Glas Wein » ou à demander « wo ist die Bushaltestelle? »
- La maison suisse de Milan a ouvert ses portes, en faisant certes profil bas, mais avec tous les classiques du genre dont les prix… élevés. Une raclette? 15 euros. Guy Parmelin a déjà fait un petit tour sur place. Il en existe également une à Cortina, et une petite à Bormio. On vous donnera des nouvelles.
- Ilka Stuhec a chuté sans mal lors du premier entraînement de la descente olympique. Pas de quoi faire perdre le sourire à la double championne du monde slovène, au moment de se présenter devant la presse. En voyant, notre écriteau sur lequel était écrit « french », elle s’exclame en anglais: « Je ne connais que des gros mots en français ». Avant d’enchaîner avec magnifique « Oh putain », dans la langue de Molière, puis exploser de rire.
Les images:
- La fameuse patinoire Santagiulia a fait couler beaucoup d’encre ces dernières semaines. Voici l’intérieur (wow!)

L’extérieur (wow aussi!)

Et l’envers du décor (wow toujours et encore!)

Jeudi 5 février 2026
- Franjo von Allmen mime une prière au petit-déjeuner. Le Bernois a de l’humour et ça fait plaisir. Jeudi, lors de la conférence de presse des descendeurs helvétiques, il a répondu du tac au tac à un journaliste américain curieux de connaître son programme matinal, et celui de l’équipe. « On se tient tous par la main, ainsi », a rigolé le champion du monde de descente. Il s’est ensuite repris, rappelant qu’il était rarement de bonne humeur de bon matin, et qu’il préférait prendre son petit-déjeuner seul.
- Stefan Rogentin à la maison. Qualifié pour la descente olympique au détriment de Niels Hintermann, Stefan Rogentin peut respirer. Il va pouvoir obtenir le soutien de ses proches. Ceux-ci feront le déplacement depuis les Grisons, en voisins. « C’est la course la plus proche de chez moi, alors oui, je suis un peu à la maison », a rigolé le skieur de Lenzerheide.
JT/LMO/SSW
