Le médaillé de bronze de Pékin n’a pas pu prendre le départ de l’épreuve olympique mercredi en raison d’une chute survenue quelques minutes plus tôt. Le Saint-Gallois revient sur cet épisode.

Le halfpipe ne pardonne rien. À Livigno, Jan Scherrer s’en est souvenu de manière brutale. Le médaillé de bronze des Jeux de Pékin 2022 a chuté à l’entraînement avant les qualifications olympiques. Un choc sur l’arrière de la tête, une commotion suspectée, et la décision – lourde – de renoncer. « Le pipe était plus rapide que les jours précédents. C’est exactement ce dont j’avais besoin pour mes tricks », raconte le Saint-Gallois.

Après un bon début de session, il a manqué une réception. « Normalement, ma grande force, c’est de toujours savoir où je suis dans les airs. Mais là, j’ai eu l’impression d’atterrir un tout petit peu plus tôt que ça n’a été le cas. J’avais trop de rotation et je me suis retrouvé à accrocher la carre, et j’ai tapé la tête. » Comme souvent à l’entraînement, le réflexe est d’ignorer la chute. « On se relève, on remonte et on refait le trick pour l’oublier. » Mais sur le télésiège, quelque chose clochait. « J’ai remarqué que j’avais de la peine à réfléchir à ce que je voulais faire au run suivant. Petit à petit, j’était complètement confus et c’est le pire qui puisse arriver. »

Pas à 100%

Le verdict tombe après les tests d’équilibre effectués par le médecin de l’équipe, Stefan Fröhlich. « Je pensais qu’il allait me dire que je pouvais y aller à fond. Quand il m’a dit qu’il ne voulait pas que je ride, ça m’a frappé de plein fouet. » Jan Scherrer est remonté une dernière fois au départ, pour vérifier. « Sur le télésiège, j’ai senti que j’étais loin des 100%. Et j’ai besoin de ces 100% pour aller en finale. »

Logiquement, il a dû renoncer.À l’abri des regards, il a prévénu ses entraîneurs, enlève son dossard, puis est descendu à côté du pipe. « Là, mentalement, ça m’a complètement pris. J’avais du mal à tenir debout, j’étais à genoux. » Sa famille, venue pour l’événement, l’a soutenu. « J’étais déçu pour moi mais j’avais aussi l’impression de décevoir mon entourage. Surtout qu’il faut tout un environnement pour pouvoir être sportif de haut niveau, surtout quand on a un enfant. »

Au lendemain du choc, la tête de Jan Scherrer « bourdonne » encore. « Je suis très fatigué, je n’ai pas bien dormi. Je dois parfois prendre quelques secondes de plus pour réfléchir. » Mais l’expérience des dernières années l’aide à relativiser. « J’ai appris que des choses difficiles arrivent dans la vie. Il faut les accepter. Ça continue, qu’on le veuille ou non. » Et le Saint-Gallois compte bien le montrer encore dans le futur.

LMO, Livigno