Les départs à la retraite sont communs en fin de saison. Mais certains ont plus surpris que d’autres dans le camp autrichien. Les skieuses vont aussi perdre un entraîneur qui a fait couler beaucoup d’encre malgré de beaux résultats. Découvrez tout ça dans ce numéro de Servus Österreich.
Maintenant que les Jeux olympiques sont terminés et que la fin de la saison approche, les annonces de retraite n’arrêtent pas. On fait donc un rapide point du côté de l’Autriche, où plusieurs champions vont dire « Servus » à la compétition après cet hiver. Au niveau des entraîneurs aussi, on va voir quelques changements.
Un nouveau chamboulement?
Après plusieurs saisons de hauts et de bas, l’entraîneur en chef des dames Roland Assinger a décidé de quitter ses fonctions. Malgré de nombreux succès, dont le Globe de géant de Julia Scheib cet hiver, celui de Conny Hütter en descente en 2024 et plusieurs médailles – souvent inattendues – aux Championnats du monde à Saalbach et aux Jeux olympiques de Milan-Cortina, ses trois années à la tête de l’équipe féminine de ski alpin ont aussi été accompagnées de controverses et de tensions publiques. Plusieurs skieuses se sont ainsi plaintes à la fin de l’hiver dernier de son style de management et de sa façon de communiquer, dont la championne du monde Stephanie Venier, qui a peu après annoncé sa retraite.
Son contrat de trois ans prenant fin, Roland Assinger a opté de ne pas le renouveler, mais des discussions sont en cours concernant un autre poste au sein de la structure autrichienne. Un remplaçant n’a pas encore été nommé. On espère que cette transition sera plus facile que celle d’il y a quatre ans: de gros changements au niveau des entraîneurs à la fin de la saison 2021/22 avaient eu un effet catastrophique sur l’équipe féminine après des années de stabilité. Au vu des mauvais résultats, Ski Austria avait ainsi remplacé plusieurs entraîneurs, dont le prédécesseur de Roland Assinger, après juste un an.
La plus suisse des Autrichiennes
La biathlète Lisa Hauser a créé la surprise en annonçant mercredi qu’elle mettait un terme à sa carrière. La Tyrolienne de 32 ans était le fer de lance de l’équipe d’Autriche depuis plusieurs années. Championne du monde dans la mass start et vice-championne en poursuite à Pokljuka en 2021, la même année où elle a décroché le globe de l’individuel, la native de Reith a un peu plus peiné ces dernières saisons et est restée très loin des médailles aux Jeux olympiques de Milan-Cortina. À Östersund en décembre, elle avait toutefois impressionné une fois de plus en remportant la poursuite – la dernière discipline où il lui manquait une victoire en Coupe du monde. « Pendant 15 ans, le biathlon a été ma vie… mais cela m’a aussi coûté beaucoup d’énergie et il est temps de dire adieu ».
Détail inhabituel: Lisa Hauser s’entraînait depuis plusieurs années avec les Suissesses et leur entraîneuse autrichienne Sandra Flunger, plutôt qu’avec ses coéquipières à la maison. En annonçant sa retraite sur ses réseaux sociaux, elle a ainsi remercié l’équipe de Swiss-Ski: « Vous m’avez accueillie comme si j’avais toujours été une des vôtres… Merci vielmal ».
L’adieu du vétéran
Une autre légende du biathlon rangera ses skis à la fin de l’hiver. Après 20 (!) saisons sur le Cirque blanc, Simon Eder a annoncé qu’il disputera ses dernières courses à Oslo ce week-end. Seul survivant de la forte équipe autrichienne de biathlon qui a entre autres remporté l’argent olympique en relais masculin à Vancouver en 2010 et à Sotchi en 2014, le Salzbourgeois de 43 ans a en outre remporté 4 médailles mondiales. Ces dernières années, c’est surtout en relais qu’il s’est illustré, signant plusieurs top 5 aux côtés de Lisa Hauser dans l’épreuve simple mixte. À Annecy en décembre, il a encore terminé 9e de la poursuite.
« Hulk » se réinvente
La retraite de Benjamin Karl était connue depuis bien plus longtemps. Mais après sa victoire lors du dernier géant parallèle de la saison le week-end dernier, la question s’est posée de savoir si le double champion olympique pourrait peut-être se raviser et continuer un peu plus longtemps sur le Cirque blanc. Il l’a nié, mais le quintuple champion du monde – peut-être mieux connu maintenant pour sa pose « Hulk » après avoir défendu son titre olympique à Livigno le mois dernier – n’abandonne pas la compétition pour autant. Il va juste changer de sport et troquer son snowboard pour les deux roues. L’idée : s’essayer au cyclo-cross, une discipline hivernale qui pourrait être ajoutée au programme des Jeux de 2030 en France. La fédération autrichienne de cyclisme s’est dite prête à l’accueillir, mais a averti que le snowboardeur de Sankt-Pölten aura du pain sur la planche. À 40 ans, il est devenu l’athlète le plus âgé de l’histoire des Jeux d’hiver à remporter une médaille d’or olympique. En 2030, il aurait 44 ans.
Sim Sim Wissgott, Vienne
