Extrêmement déçu de ses Jeux olympiques, le Fribourgeois n’a jamais su trouver la clé sur une Stelvio qui lui convient pourtant si bien. Dixième du super-G, il rentrera en Suisse avec l’expérience de ses premiers Jeux, mais une tristesse immense. Réaction.
Avant ces Jeux olympiques, impossible de ne pas citer le nom d’Alexis Monney parmi les favoris sur la Stelvio. Le prodige fribourgeois, tout juste 26 ans, avait tout pour briller à Bormio. Il restait sur une victoire en descente lors du dernier passage du Cirque blanc en décembre 2024 et montait en puissance à l’approche du grand rendez-vous italien. Las pour lui, comme souvent depuis le début de saison, les étoiles ne se sont pas alignées en Lombardie.
« Mal interprété le parcours »
Cinquième de la descente après une faute rédhibitoire, 13e du combiné par équipe aux côtés de Daniel Yule après avoir pourtant signé le 2e temps de la descente (là aussi malgré une erreur sur le haut du tracé) puis finalement 10e du super-G olympique, le skieur de la Veveyse était extrêmement triste. « Pour l’instant, je ne retiens pas grand chose, je suis déçu. Aujourd’hui, mon ski était bon mais trop gentil un petit peu partout, trop gentil, trop rond », avouait-il en zone mixte. « J’ai peut-être mal interprété le parcours à la reconnaissance. »
Le matériel (Stöckli), qui n’a pas toujours bien fonctionné depuis quelques jours pour lui comme pour Marco Odermatt, n’est pas en cause, selon l’intéressé. « Je me suis juste mal adapté à la neige et aux manche. » Impossible également pour Alexis Monney de se réjouir de l’exploit de son grand pote chez les « chiens fous » helvétiques Franjo von Allmen, qui repartira d’Italie avec trois médailles d’or. « Je pense toutefois que j’y arriverai plus tard », regrettait-il.
« Ça fait partie de l’expérience »
Les conditions de neige, changeantes avec la fine couche tombée durant la nuit et les températures positives sur le bas du tracé ont peut-être également gêné le médaillé de bronze de la descente des derniers Championnats du monde. « Je pensais que la neige serait un petit peu plus difficile à skier. En fait, c’était vraiment facile de tourner et du coup, j’ai dû souvent mettre des travers. C’est l’expérience qui rentre et voilà. » Même s’il vivait ses premiers Jeux, l’athlète de Châtel-Saint-Denis semblait devoir se convaincre lui-même de ses paroles…
« Je suis surtout déçu car je sais que j’aurais pu faire quelque chose », avouait-il encore, la voix tremblotante. « Je ne pense pas que je me suis mis trop de pression, ça fait partie de l’expérience, voilà. » Après s’être poliment excusé, Alexis Monney a essuyé une petite larme, avant de quitter la zone mixte. Le retour en Suisse est prévu demain jeudi pour le Fribourgeois. Reste à savoir si d’ici là, il aura trouvé un moyen d’évacuer sa déception.
Laurent Morel, Bormio
