Comme le veut la tradition, les athlètes du ski suisse se sont donnés rendez-vous à Dübendorf pour lancer le nouvel hiver qui arrive très vite. Au programme, shooting avec les sponsors et rencontres avec les médias. Voici ce qu’il ne fallait pas manquer.
Zurich savoure l’été indien. Sur les terrasses, les gens se prélassent sous les généreux rayons de soleil qui baignent la capitale économique de notre pays. Le thermomètre flirte avec les trente degrés. Rien ne semble indiquer que dans trois semaines, la Coupe du monde de ski alpin va reprendre ses droits sur le glacier du Rettenbach… pour autant que les organisateurs de Sölden puissent compter sur des températures plus fraîches pour fabriquer la neige manquante.
Toujours est-il qu’à la veille du coup d’envoi de cet hiver qui aura les Championnats du monde de Crans-Montana en point d’orgue, les athlètes sont déjà sur le qui-vive. Certains sont rentrés d’Argentine, du Chili et de Nouvelle-Zélande, d’autres des glaciers suisses, et tous ont convergé cette semaine vers Dübendorf, dans la banlieue zurichoise, pour la traditionnelle semaine publicitaire de Swiss-Ski. Entre deux séances photos pour les sponsors de l’organisation faîtière du ski suisse et l’une ou l’autre mimique pour les surimpressions télévisuelles destinées à la FIS, les athlètes ont pris le temps pour échanger avec les journalistes présents.
Marco Odermatt veut s’inspirer de l’athlétisme pour dynamiser le ski
Marco Odermatt a certifié s’être entretenu avec le nouveau président de la FIS Alexander Ospelt ces dernières semaines. Les deux hommes ont notamment évoqué la possibilité d‘annualiser les Championnats du monde. « Je n’y vois pas énormément d’intérêt. On le voit en cyclisme ou en hockey sur glace, un Mondial chaque année perd de la valeur », explique le quintuple vainqueur du grand Globe de cristal.
Le Suisse propose toutefois de réserver deux semaines en février, même lorsque des Championnats du monde ou des Jeux olympiques ne sont pas organisés. « On pourrait imaginer des Ultimate Championships, à l’image de ce qu’il se fait en athlétisme. » Le Nidwaldien verrait d’un bon oeil une sorte de Masters du ski mondial réunissant les meilleurs de chaque discipline réunis sur quelques jours pour un événement premium, doté d’un important prize money, mais sans remplacer ni banaliser les Championnats du monde. « Et pourquoi pas organiser cela dans une nouvelle destination. Je vois davantage de potentiel dans le fait d’utiliser ces deux semaines pour essayer quelque chose de nouveau plutôt que d’organiser encore des Championnats du monde en Suisse ou en Autriche. »
Un nouveau centre d’intérêt pour Malorie Blanc
Malorie Blanc a passablement mis l’accent sur le géant lors de l’entraînement estival. Toutefois, il faudra patienter pour voir la skieuse d’Ayent s’aligner dans une troisième discipline. « J’aimerais déjà être bien installée en vitesse. Le géant reste un rêve et un objectif, mais on verra quand cela sera possible. » Pour mettre toutes les chances de son côté, la talentueuse Valaisanne cherche les gains marginaux. Cet été, elle s’est notamment intéressée à la nutrition. « J’aime manger et je n’ai jamais voulu me restreindre. J’ai toutefois voulu chercher des réponses pour optimiser ma préparation, sans aller dans des choses extrêmes. J’ai pu en apprendre davantage sur mon corps. C’était très instructif et c’est un sujet moins chiant que ce que je pensais », rigole-t-elle.

Malorie Blanc a présenté les contours de sa nouvelle saison. (SWW/SkiActu)
Des places à pourvoir pour Copper Mountain
Les spécialistes de vitesse vont devoir, comme d’habitude, prendre leur mal en patience avant de franchir un portillon de départ. Le premier super-G de la saison est agendé le 28 novembre à Copper Mountain. D’ici là, Franjo von Allmen, Alexis Monney, Justin Murisier et les autres vont poursuivre leur préparation. S’il a été un temps question de retourner au Chili pour un second camp à Valle Nevado, les skieurs devraient prendre la direction de Zermatt et de Diavolezza ces prochaines semaines, avant de s’envoler pour le Colorado mi-novembre.
D’ailleurs, des sélections internes vont être programmées en Suisse pour compléter le contingent des neuf skieurs helvétiques – Lenz Hächler, en tant que vainqueur du général de la Coupe d’Europe, peut s’aligner sur toutes les courses de l’hiver – qui participeront au super-G de Copper Mountain. Une à deux places sont encore à pourvoir. Gaël Zulauf, qui a sa place fixe en descente cet hiver, et Arnaud Boisset sont notamment concernés. Le ou les heureux élus rejoindront alors le groupe « Master Speed » suisse dans la station des Rocheuses américaines. Les « recalés » partiront en stage à Panorama au Canada dès mi-novembre, avec, peut-être, la perspective d’être retenus ensuite début décembre à Beaver Creek où une descente et un super-G sont notamment au programme.
Tanguy Nef se rendra aussi aux États-Unis
Après le slalom de Gurgl le 22 novembre, Tanguy Nef s’envolera lui aussi pour les États-Unis et le Colorado, pour son plus grand bonheur. « Les États-Unis sont ma deuxième maison », rappelle celui qui a étudié au Dartmouth College , pour lequel il a également skié. Le champion olympique de combiné par équipes a reçu l’opportunité de traverser l’Atlantique de la part de ses entraîneurs, afin d’accompagner Loïc Meillard et Luca Aerni. « Je n’ai pas hésité. C’est une superbe occasion de pouvoir skier dans de bonnes conditions, sur des pistes de qualité, dans une période un peu morte avant le slalom de Val d’Isère. »
Le plaisir et la santé pour Daniel Yule en quête de résultats
Le groupe de slalom masculin est rentré d’un stage d’un mois en Nouvelle-Zélande. « C’était parfois compliqué de trouver les bons spots pour nous entraîner, mais le camp a été bon », avoue Matteo Joris, l’entraîneur en chef des spécialistes helvétiques du « zick zack ». Dans le groupe, Daniel Yule et Luca Aerni, présents désormais depuis plus de quinze ans sur le Cirque blanc, s’amusent toujours autant sur les skis. « Je n’ai pas vraiment de plan fixe en tête: si tout va bien je peux sûrement encore skier quelques années », certifie Daniel Yule qui n’oublie pas les fondamentaux. « Il y a trois composantes importantes: la santé, les résultats et le plaisir. Depuis deux saisons, il y a un élément qui vacille toutefois », poursuit-il en faisant référence à des performances mitigées. L’hiver passé, le skieur du val Ferret, qui venait de changer de matériel, a marqué au mieux une 11e place à Gurgl.
Luca Aerni n’abandonne pas le slalom
Luca Aerni, qui sort de l’une de ses meilleures saisons en carrière, n’a pas ce souci. « Tant que j’ai du plaisir, que mon corps va bien, que j’ai envie de me battre, je me laisse toute les options ouvertes pour le futur », lance le skieur de Crans-Montana qui est monté l’hiver passé sur son premier podium en Coupe du monde de géant à Val d’Isère. Mais le jeune marié n’a pas abandonné le slalom, son premier amour. « Je n’ai pas encore mis le slalom de côté. Je me bats, je me sentais d’ailleurs mieux cet été. Je trouve que ma vitesse de base est meilleure, mais si je me compare au reste de l’équipe, il y a encore du travail jusqu’à Levi. »
Giuliano Fux impressionne
L’équipe de Suisse de slalom a pu compter sur un petit nouveau dans le groupe cet été, en la personne de Giuliano Fux. Le Haut-Valaisan, champion du monde juniors, a fait ses débuts en Coupe du monde lors des finales de Hafjell en mars dernier, qui se sont conclus sur une élimination. Mais l’athlète de 21 ans aura sa chance de montrer tout son potentiel dans l’élite cette saison, puisqu’il est prévu qu’il soit aligné dès les premières épreuves de virages courts cet hiver. Un regain de fraîcheur pour un groupe de slalom qui prend malgré tout de l’âge. « Ça faisait longtemps que l’on n’avait pas vu quelque chose de différent, comme avec Giuliano », sourit Matteo Joris, content que la relève pointe le bout de ses spatules.
Un nouvel élan pour les Meillard
Mélanie et Loïc Meillard ont décidé de changer de préparateurs physiques ce printemps après une décennie d’une collaboration fructueuse avec Patrick Flaction. « J’avais besoin d’un changement », mentionne la cadette. L’Hérensarde reste toutefois dans le giron « Elitment », puisqu’elle est désormais accompagnée par Stéphane Grichting. L’ancien footballeur s’occupe notamment déjà d’Alexis Monney. « C’est un petit vent de nouveauté dans ma préparation, avec de nouveaux exercices et une motivation différente », poursuit-elle en précisant que, comme la saison dernière, elle se concentrera essentiellement sur le slalom cet hiver.
Son frère Loïc a pris la décision de rejoindre Andrea Viano, le préparateur physique de l’équipe de Suisse de slalom. « Il ne me reste pas dix ans à skier sur le circuit et si je voulais un petit renouveau, c’était le bon moment pour prendre une nouvelle direction », souligne le champion du monde et olympique des virages courts. « On a continué dans la lignée du travail entrepris ces dernières années, sans réinventer la roue. Il y a quelques nouveaux exercices, de nouveaux petits challenges, qui permettent de changer la routine », poursuit le jeune papa qui a également indiqué qu’il allait se concentrer sur le géant et le slalom cet hiver. « Je n’ai pas pu m’entraîner en vitesse cet été. Il n’est pas prévu que je fasse de super-G dans un premier temps cet hiver. On verra ensuite comment cela évolue, si ça vaut la peine. »
Johan Tachet, Dübendorf
