Entraîneur de l’équipe de Suisse de freeski, Greg Tuscher s’est montré rassurant sur l’état de santé de Mathilde Gremaud et d’Anouk Andraska après la chute des deux skieuses avant la finale. Déçu mais pas abattu, le coach respire.
Bien sûr, il aurait préféré jubiler en bas de l’imposante structure de Big Air construite à Livigno pour les Jeux olympiques. Bien sûr, Greg Tuscher rêvait d’une deuxième médaille d’or pour sa protégée Mathilde Gremaud durant les Jeux olympiques 2026. Pourtant, l’entraîneur helvétique va devoir se contenter du titre décroché par la Fribourgeoise en slopestyle. Celle-ci a en effet violemment chuté à l’entraînement, quelques minutes avant la finale du Big Air, dont elle était la favorite.
« C’était très impressionnant mais ça n’est pas trop grave, il y a eu plus de peur que de mal », a-t-il rassuré, après avoir accompagné la Gruérienne pour passer des examens au centre médical de Livigno. « Il ne faut pas trop se faire de souci, mais c’était suffisamment important pour ne pas prendre le départ. » La skieuse de La Berra venait de réussir et tentait à nouveau son saut « signature » en nose butter double cork 1260, qui consiste à s’élancer depuis le tremplin en frôlant la neige avec l’avant des skis. Malheureusement pour elle, l’arrière de l’une de ses lattes s’est bloquée au moment du décollage et la Gruérienne, trop courte, a atterri sur le knuckle (la zone entre le tremplin et la pente dévolue aux atterrissages). Résultat, une très chute très impressionnante et une immense frayeur pour la championne, son staff et ses proches présents dans le public.
Frustrant
« J’ai vraiment eu très peur », souligne Greg Tuscher. « Ça m’a rappelé de mauvais souvenirs car la chute ressemblait à celle d’un Norvégien à Steamboat. » William Bostadløkken est paraplégique après s’être blessée dans la station américaine avant une épreuve de Coupe du monde fin 2025. « Heureusement, Mathilde est assez bien tombée malgré le mouvement de catapulte qui a projeté son corps un peu dans tous les sens. » La Fribourgeoise est en effet parvenue à se relâcher, ce qui a limité les conséquences du crash.
Au final, elle souffre de lourdes contusions au bassin, mais n’a rien de cassé. « Elle peut marcher », répète l’entraîneur, qui a accompagné sa protégée au centre médical de Livigno. Mathilde Gremaud va toutefois rester en observation durant la nuit. « Bien sûr, elle était déçue d’avoir chuté mais rassurée de se sentir bien. La santé, c’est le plus important », ajoute encore son coach. Durant de longues minutes, un mince espoir persistait même dans le camp suisse. En cas de report de l’épreuve, la skieuse de La Berra aurait éventuellement pu prétendre à une participation, selon les résultats des examens médicaux effectués.
Ce forfait est d’autant plus frustrant pour Mathilde Gremaud qu’elle avait les moyens de viser une deuxième médaille d’or sur le tremplin de Livigno, grâce à des figures qui auraient pu lui valoir des scores supérieurs à ceux de ses adversaires. Mais finalement, le vent s’est calmé et la finale a bien été lancée lundi soir. Et la victoire n’est pas revenue à Eileen Gu mais bien à Megan Oldham. La Canadienne a privé la Chinoise d’un nouveau titre olympique. Avant le halfpipe, elle compte deux médailles d’argent en deux compétitions. À domicile, la skieuse de Livigno Flora Tabanelli a réussi à elle accrocher la médaille de bronze après avoir fait le pari de ne pas se faire opérer pour participer à « ses » Jeux, malgré une rupture du ligament croisé antérieur du genou droit en début de saison.
De son côté, Anouk Andraska est tombée à la réception d’un switch bio 900. Elle souffre d’une fracture d’un métacarpe.
Laurent Morel, Livigno
