Marco Odermatt et Loïc Meillard sont montés sur le podium du géant olympique et continuent d’agrandir un palmarès majuscule. Même s’ils ont cédé la victoire à Luca Pinheiro Braathen, la joie prédominait largement dans le camp suisse. Réactions.
Trois médailles en quatre courses d’un côté, deux en deux courses (pour le moment), de l’autre. Le bilan de Marco Odermatt et Loïc Meillard, même s’il ne compte pas encore d’or, est excellent pour cette édition des Jeux olympiques. Lors du géant disputé à Bormio ce samedi, les deux hommes ont assuré une belle première manche (déjà respectivement 2e et 3e), avant de confirmer sur le second parcours, en montant quelque peu le curseur sur le tracé de l’entraîneur helvétique Helmut Krug. Pas de quoi inquiéter le vainqueur – le Brésilien Lucas Pinheiro Braathen était intouchable -, mais de quoi allonger un palmarès déjà immense pour les deux skieurs helvétiques, rois de leur génération.
Marco Odermatt: « Si l’on n’est pas satisfait avec trois médailles, on a un problème »
Pour Marco Odermatt, 4e de la descente, 2e du combiné par équipe, 3e du super-G et 2e du géant, le bilan olympique reste très bon. « Et même très positif », insiste le Nidwaldien, tout sourire. « En fin de compte, ce sont trois médailles et si l’on n’est pas satisfait avec trois médailles, alors on a un problème. Bien sûr, cela aurait été agréable d’en avoir une en or, mais j’en ai une à la maison. C’est vraiment une belle collection. »
Pas d’amertume donc pour le meilleur skieur du monde, qui n’avait pas pu se préparer longuement pour ce géant depuis le début du mois de janvier, intense, notamment en vitesse. « J’ai pu montrer de belles performances, pas toujours à 100%, mais toujours à 99%, ça reste incroyable! » Le skieur de Buochs va désormais pouvoir profiter de ses succès.
Loïc Meillard: « L’important, c’est d’avoir su réagir »
« Je suis vraiment content », souriait pour sa part Loïc Meillard, qui a livré une analyse réaliste de sa course. « Je suis particulièrement satisfait de ma deuxième manche. En haut, j’ai fait quelques fautes, mais sur la partie intermédiaire et en bas, c’était du bon ski, j’ai pu faire ce que je voulais faire. En passant la ligne d’arrivée et avant même de voir mon temps, je n’avais pas de regret. J’ai fait ce que je devais faire. Après, il y avait déjà un peu trop de retard en première manche pour espérer un petit peu plus. »
Le Valaisan a concédé 1″57 à Lucas Pinheiro Braathen sur le premier tracé. « Je n’ai pas tout de suite compris pourquoi de tels écart car j’avais un bon sentiment », décrit-il. « Mais avec les analyses, on a vite vu ce qu’on a fait faux. On a mal interprété notamment les conditions de neige par rapport à la reconnaissance. On s’est un petit peu trompé. La neige répondait moins qu’attendu, c’était un peu mort. Mais ce qui est important, c’est d’avoir su réagir en deuxième manche. C’était ‘full attack’, on s’en fiche si on fait deux ou trois petites fautes. » Mission accomplie donc.
« Ça vaut la peine de faire certains sacrifices »
Dans l’aire d’arrivée, Loïc Meillard a allumé du vert et surtout, a pu laisser éclater sa joie, sûr de s’offrir une médaille, sa deuxième après celle remportée lors du combiné par équipe aux côtés de Marco Odermatt. Avant une troisième en slalom lundi? « À chaque fois qu’on est au départ, le but c’est de chercher une médaille, c’est ce que je vais faire. On verra bien si c’est suffisant, mais un truc est sûr, c’est que je vais me donner à 100%. En attendant, je suis content de briller en géant. Il me manque encore l’or dans la discipline lors d’un grand rendez-vous, mais je reviendrai ces prochaines années. »
Le skieur d’origine neuchâteloise sait en tout cas souvent se transcender lors des grands événements. S’il remporte ses premières breloques olympiques en Italie, il compte déjà six médailles mondiales dont deux en or. « C’est quelque chose que j’ai appris à bien gérer, je sais sur quoi me concentrer, comment arriver en forme, bien écouter mon corps et réussir à produire mon meilleur ski », se réjouit l’Hérensard. « Au final, les médailles reste des médailles et ce sont des moments qui restent à jamais dans la mémoire. »
Grand fan de ski au sein d’une famille qui a toujours suivi avec passion les courses, on a encore demandé au Loïc Meillard de 2026 ce qu’il dirait au petit Loïc Meillard qui rêvait devant les Jeux olympiques à la télévision. Sa réponse: « Je pense que ça vaut la peine de faire certains sacrifices, de continuer à travailler dur dans les périodes de doute, de ne jamais oublier d’où on vient et pourquoi on fait ce qu’on fait. De ne jamais abandonner. De profiter de chaque instant, du chemin qui mène aux victoires. Parce qu’en fin de compte, ces moments aux Jeux olympiques ou aux Championnats du monde sont toujours très courts. »
Laurent Morel, Bormio
